Archive pour la catégorie ‘Non classé’

Slideshow Max Payne : celui qui n’a rien à perdre

Vendredi 14 novembre 2008

Affiche de Max Payne

L’adaptation cinématographique du jeu culte est sorti ce mercredi dans les salles.
Olga Kurylenko, la james bond girl de Quantum of Solace apparaît aux côtés de Mark Wahlberg, ce qui n’enlève rien aux charmes de ce thriller noir d’action musclé.

Pour l’occasion, notre rédaction vous a concocté un petit slide show.

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Voici également la bande annonce.

N’hésitez pas à nous faire part de vos critiques !!!

James Bond et son générique

Vendredi 7 novembre 2008

James Bond, c’est un espion plein de gadgets hi-tech et à l’aise avec la gente féminine, soit. Mais alors que ces éléments sont plus ou moins importants suivants les films (voir notre critique sur Quantum of Solace où ces deux éléments sont quasiment absents), une image est complètement indispensable, présente dans chaque opus : le plan où, dans le canon d’un revolver, on voit James Bond avancer et abattre celui qui le tenait en joug. Comment cette image a-t-elle vieillie ? Comment est-elle utilisée depuis James Bond contre Dr. No jusqu’à Quantum of Solace ? Analyse, avec images à l’appui.

Cette image fait généralement office d’ouverture. La première fois que l’on peut la voir, dans Dr. No, la musique de John Barry n’intervient qu’à partir du coup de feu tiré par Bond. Ce ne sera plus jamais le cas ensuite, où le célèbre thème musical sera présent dès le début. Jusqu’en 1965, Sean Connery tirera son coup de feu debout, en effectuant simplement un petit saut (assez peu coquet, il faut le dire) pour se retrouver face à son ennemi invisible. À partir d’Opération Tonnerre, il tirera à genoux.
En 1969, dans Au Service Secret de sa Majesté, c’est Georges Lazenby qui reprend le flambeau de l’espion anglais. Si son interprétation n’a guère été convaincante, il faut noter qu’il est beaucoup plus à l’aise que Sean Connery dans l’exercice du tir à genoux. Remarquez avec quelle aisance il glisse et prend appui sur ses genoux, et ce avec la plus grande fluidité ! Cela force le respect.

En 1973, à partir de Vivre et laisser mourir, Roger Moore révolutionne totalement cette image d’ouverture. Premièrement, il ne porte plus de chapeau. Deuxièmement, il tire accroupi. Enfin, il vise à deux mains. Jusqu’au bout, Roger Moore sera resté particulièrement constant dans sa manière de flinguer. La seule évolution que l’on peut noter réside dans ses pantalons dont la coupe n’est pas toujours du meilleur goût.
En 1983, Jamais plus jamais n’ est qu’une reprise non-officielle de James Bond, par une société de production qui n’appartient pas à Cuby Broccoli (producteur attitré de tous les James Bond depuis sa naissance). L’illégitimité du film éclate dès le générique : cette image mythique n’y figure pas.

En 1985, dans Tuer n’est pas jouer, Timothy Dalton s’inspire énormément de Roger Moore dans sa position accroupie. Il est néanmoins plus énergique et annonce la violence des deux opus avec cet acteur.

En 1995, avec Pierce Brosnan et GoldenEye, le thème musical devient bêtement électronique (merci Eric Serra… pfff) et James Bond à tirer debout, fier comme un paon ! En 2002, dans Meurs un autre jour, les effets spéciaux permettront de donner l’impression que la balle se dirige vers le spectateur et fait ainsi exploser l’image. Cet effet assez peu convaincant ne sera jamais réutilisé.

En 2006, encore une révolution. Si l’image apparaît toujours au début, elle est ici intégrée à l’histoire. De plus, ce n’est plus du tout la même esthétique qui est utilisée.
Enfin, ce n’est pas dans la vidéo mais dans les salles : dans Quantum of Solace, le plan reprend l’esthétique classique (le sang rouge qui coule) mais il intervient à la toute fin du film, comme conclusion.

James Bond : Quantum of Solace vs Casino Royale ?

Vendredi 7 novembre 2008

Casino Royale, dernier opus de la série des James Bond, avait créé une forte attente : Daniel Craig s’était révélé particulièrement convaincant et les efforts des scénaristes pour renouveler le genre étaient généralement appréciés. Quantum of Solace, qui prolonge la volonté de moderniser le mythe, répond-il aux attentes ?

La première chose à constater est que Quantum of Solace décevra tous ceux qui iront pour reconnaître le James Bond qu’ils connaissent. En effet, il n’y a aucun gadget hi-tech, et il a perdu l’habitude de cumuler les expériences sexuelles. De plus, James Bond n’est plus un dandy plein d’humour avec une certaine tendance à la misogynie mais un homme violent motivé par un désir de vengeance loin d’être unanimement partagé. Que dire de ces changements sinon qu’ils sont plutôt légitimes ? Ces éléments qui faisaient le charme des précédents films devenaient, à la longue, les ingrédients d’une « recette James Bond » un peu rébarbative. Daniel Craig n’a pas de gadget, soit, mais on ne remarque cette absence que si l’on va voir le film avec des attentes, c’est-à-dire avec une idée préconçue de ce que l’on va voir sur l’écran. D’autre part, Quantum of Solace est l’unique film de toute la saga (!) où James Bond ne concrétise pas sexuellement avec la James Bond Girl. Ce renoncement ne fait que renforcer leur relation toute en demi-teinte.

La grande faiblesse du film est certainement le scénario qui n’est pas incompréhensible, mais simplement considérablement elliptique. Si l’intrigue de tout James Bond se doit d’être relativement obscure et pas entièrement claire à la première vision du film, Quantum of Solace fait défaut à la règle : l’intrigue est simplette mais les étapes de sa résolution sont tellement cachées qu’elle ne présente aucun intérêt. Une fois le spectacle fini, certaines questions subsisteront dans l’esprit du spectateur et elles ne trouveront aucune réponse : qu’est-ce que Matisse (ami de Bond) vient faire dans le film ? pourquoi meurt-il ? comment Bond découvre-t-il la base dans le désert ? pourquoi Dominic Green s’en prend-il à l’eau ? Toutes ces interrogations prouvent que le récit est mal conduit. Par défaut, le spectateur se rétractera sur le seul désir de vengeance de James Bond et de sa compagne, qui reste le ciment du film.


Cette faiblesse est compensée par une réalisation particulièrement attentive aux personnages. Peut-être que l’on doit, pour cela, féliciter Marc Forster pour son découpage (s’il en est l’auteur) sensible aux gros plans, qui veille à laisser des temps morts où s’expriment simplement la psyché des héros (cf. une très belle séquence dans la grotte entre Daniel Craig et Olga Kurilenko). Même si le récit s’effrite très rapidement, chaque séquence est convaincante, aucune ne laisse penser qu’il y a quelque chose qui cloche : tout ceci nous amène à se dire qu’on a affaire à un réalisateur qui maîtrise les éléments de son film (le scénario mis à part, bien sûr). Alors qu’à l’écrit, le personnage féminin interprété par Olga Kyrilenko devait être un peu fade (elle n’a d’autre intérêt que de vouloir se venger d’une histoire sordide), elle devient intéressante grâce au visage bien joli de l’actrice, par ses costumes, par ses postures, … Il y a donc véritablement un travail de création au niveau de  la mise en scène qui se fait indépendamment (trop, peut-être) du récit bancal. L’intérêt du film réside dans cet effort fécond, et d’autant plus beau qu’il est rare et particulièrement inattendu ici.

Même si Quantum of Solace s’inscrit dans la lignée de Casino Royale (il s’agit, en quelque sorte, de la même histoire qui se prolonge), il est presque son opposé. Casino Royale revenait aux origines de l’espion, le montrait faible (séquence de la réanimation après l’empoisonnement) et désespérément amoureux. Quantum of Solace, à l’inverse, le révèle froid, parfois insensible et aucun ennemi ne semble l’inquiéter particulièrement. Le scénario de Casino Royal tentait une modernisation osée en multipliant les intrigues ; Quantum of Solace revient à un classicisme plus solide tout en ne reniant pas le nouveau souffle apporté par Casino Royale (cf. la dernière séquence épilogue, qui intervient une fois l’intrigue principale). Enfin, en accord avec la tradition de la saga, le générique se clôt avec ces mots : « JAMES BOND WILL RETURN ». On en est ravi, particulièrement cette fois-ci.

L. Barché

Quantum of Solace, de Marc Forster. 1H47.

Avec Daniel Craig, Olga Kurilenko, Mathieu Amalric.


Quantum Of Solace
envoyé par COMME-AU-CINEMA

Raoul Dufy, le peintre jouisseur

Jeudi 6 novembre 2008
11 janvier 2008
18:00

dufy« Raoul Dufy est plaisir » écrivait la poétesse américaine Gertrude Stein. L’exposition du Musée d’Art Moderne de la ville de Paris, la première dans la capitale depuis 1954, met effectivement en avant, non un peintre du Plaisir, mais des plaisirs : un peintre des fêtes, du soleil et des mondanités, un artiste successivement impressionniste, fauve ou cubiste, avant tout coloriste. Jusqu’au 11 janvier 2009.

« Si je pouvais exprimer toute la joie qui est en moi ! » s’exclamait Raoul Dufy. En sachant que le verbe jouir est dérivé du mot latin gaudia, joie, Raoul Dufy pourrait être qualifié de « jouisseur », d’homme qui jouit tant au sens où le mot a été employé jusqu’au XVIe s: - celui qui « accueille, fait fête à »-, que dans ses usages plus modernes -celui qui « possède », puis « tire agrément de »-. Avide de nouveautés, Raoul Dufy a accueilli avec ferveur les grands mouvements picturaux de son temps, quand il n’a pas lui-même participé à leur gestation.

Né au Havre en 1877, le jeune artiste a commencé, sous l’influence d’Eugène Boudin, à peindre ses premiers paysages normands à la manière des impressionnistes. Lors du Salon d’automne des 1905, celui-là même qui marqua le début du mouvement fauve, devant le Luxe, calme et volupté de Matisse, Raoul Dufy a une révélation : «J’ai compris toutes les nouvelles raisons de peindre et le réalisme impressionnisme perdit pour moi son charme […] Je compris tout de suite la nouvelle mécanique picturale ».

matisse

Luxe calme et volupté, de Matisse (1904)

Le peintre adopte alors les couleurs des fauves mais conserve ses sujets : les fêtes du 14 juillet, la plage de Saint-Adresse, les jetées endimanchées d’Honfleur, des scènes populaires en somme.

Puis trois ans plus tard, en compagnie de Georges Braque, c’est le Sud qu’il découvre, Martigues, Marseille et l’Estaque. Cette rencontre s’en doublera d’une deuxième, celle des recherches de Paul Cezanne sur le cubisme. Dès lors, tout en conservant les couleurs fauves, Dufy géométrise ses dessins, et, avec Georges Braque, participe au développement de ce mouvement.

dufy

Barques à Martigues, Dufy, 1908

A l’Estaque, le peintre ne conserve pour l’essentiel que deux couleurs, le vert et l’ocre, et ses tableaux prennent, d’après ses propres mots, « un tour décoratif, arabesque et transposition ». Des caractéristiques qui feront, a posteriori, de cette série provençale du printemps 1908 une propédeutique à ces travaux futurs, en premiers lieux desquels ses gravures sur bois du Bestiaire ou Cortège d’Orphée, d’Apollinaire. Il faut s’attarder sur ces illustrations, exposées dans une petite pièce carrée. Parce qu’elles sont drôles, et les citations qui les accompagnent charmantes (« Voici la fine sauterelle,/ La nourriture de Saint Jean. /Puissent mes vers comme elle, /Le régal des meilleures gens ») ; et parce que ce fut par elles que le peintre fut remarqué par le couturier Paul Poiret. Les deux hommes fonderont La Petite Usine.

La production de tissus imprimés de Raoul Dufy sera toutefois interrompue par la guerre (1914-1918). Mobilisé, l’artiste met son talent au service de la patrie ; son engagement d’artiste est ainsi théorisé : « Faire des images colorées comme celle d’Epinal, les faits de la guerre de nos soldats indigènes des colonies, de telle sorte qu’il y ait, au mur des cases des maisons des Noirs d’Afrique et des Jaunes d’Asie, un souvenir de leur participation à la Grande guerre ». Ses images d’Epinal seront des cartes postales présentant des uniformes des soldats des troupes, une « Notre Dame de la Chance » ou un coq flambant et victorieux.

Comme il s’était engagé avec ardeur dans « l’effort de guerre », Raoul Dufy accueillit les années folles avec ferveur : il en dessina les robes, en peignit les mondanités, fit du Paris fringuant un magnifique Paravent (1929-1933). « Les tableaux ont débordé de leur cadre pour se continuer sur les robes et sur les murs » clamait le peintre, qui dans le même temps intégrait des motifs de tapisseries dans ses toiles : ( cf. L’Atlana). Autre débordement de plus en plus notable chez Dufy : celle de la couleur par rapport à la forme. La seconde ne contient plus la première, une technique qui faisait suite à une expérience visuelle qui avait frappé le peintre : sur le port du Havre, en regardant courir une fillette vêtue d’une robe rouge, il s’était aperçu que l’impression colorée produite par le rouge du vêtement persistait en arrière de la silhouette en mouvement.

le violon

Nature morte au violon ; hommage à Bach, 1952

Les sujets des premiers coups de pinceaux, la Normandie et les villages provençaux, sont récupérés, mais représentés de manière plus symbolisée, stylisée. La mer est faite de vaguelettes, les personnages sont de petites silhouettes de maquettes.  Pour renouveler son répertoire, le peintre voyage : Nice, Deauville, Rome, la Sicile ou Marrakech, toujours des lieux de plaisirs qu’il dépeint lumineux, colorés, les deux choses étant pour lui indissociables : « je fais de la couleur l’élément créateur de la lumière ».

Puis, de l’extérieur, des plages des palais et des ruelles encombrées, le pinceau passe à l’intérieur, s’installe derrière les fenêtres, pour mieux admirer les paysages, les confondre avec la chambre… puis pour s’en détacher, se replier dans l’atelier, l’horizon du peintre malade d’arthrite qui doit s’attacher les pinceaux aux doigts pour continuer à peindre. (”Ce qu’on peut voir au soleil est toujours moins intéressant que ce qui se passe derrière une vitre. Dans ce trou noir ou lumineux, vit la vie, rêve la vie, souffrait la vie.” aurait expliqué Baudelaire ["Les fenêtres", Petits poèmes en prose])

Quelques mois avant sa mort, Raoul Dufy se lance dans sa série des cargos noirs (symbole de ce qui vient le chercher ?). Pour autant, dans le même temps, le peintre de Trente ans ou la vie en rose (1931) continue de peindre le plaisir, celui qui fut celui de sa famille, et le sien : la musique.

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La Grille

Ses hommages, Raoul Dufy les a rendu aux arts comme aux industries. Exposé de manière permanente au Musée d’Art moderne de la Ville de Paris, La Fée électricité (1936), fruit d’une commande passée par la Compagnie Parisienne de distribution d’électricité, clôt l’exposition qui précède avec « grandeur » : avec ses 600 m², le tableau a longtemps été le plus grand du monde.

dufy

Raoul Dufy. Le Plaisir, Musée d’art moderne de la Ville de Paris, jusqu’au 11 janvier 2009, 11 av du Président Wilson, Paris 16e, Métro Alma Monceau ou Iéna, 01 53 67 40 00. mardi ou dim 10h-18h TP : 9 euros, T -26 ans : 3,80 euros. Prévoir au moins deux heures.

Site sur Raoul Dufy : cliquez ici

Marie Barral

Sortie Ciné : Mensonges d’état

Jeudi 6 novembre 2008

Mensonges d’état, le dernier film de Ridley Scott sort aujourd’hui. Grosse production hollywoodienne, stars à l’affiche, énorme campagne de pub. Derrière tout ce ramdam se cache un film d’espionnage qui respecte toutes les règles du genre à la lettre. Peut-être trop…

 Mensonges d’état est un film particulièrement alléchant car tous les éléments sont là pour en faire un « grand » Ridley Scott, qui puisse égaler Gladiator, et pourquoi pas Alien ? En réalité, c’est un petit film d’espionnage, et comme tout film d’espionnage qui se respecte, l’intrigue est particulièrement alambiquée, tant et si bien qu’on peine à discerner le moindre enjeu. Ces agents de la CIA luttent contre de dangereux terroristes, soit, mais quoi d’autre ? Le scénario ne parvient pas à rendre la menace terroriste concrète, c’est un peu ennuyeux. On sent qu’elle est présente : la situation se déroule en Afrique, beaucoup de personnages sont des islamistes peu commodes, des bombes explosent dans différentes villes… Mais tout cela reste bien vague, il y manque un objet d’empathie qui fasse le lien entre l’intrigue et le spectateur. Sans cela, le film évolue d’un côté, le spectateur de l’autre. Aussi faire exploser ou  raconter un attentat dans une métropole sans parvenir à intéresser le spectateur, c’est presque du terrorisme fictionnel : même si les victimes ne sont que fictives, elles sont mortes en vain, à cause d’une maladresse scénaristique…

mensonges d\'état

Heureusement, les acteurs sont là pour stabiliser à peu près l’ensemble. D’un côté, il y a l’agent de terrain (DiCaprio), de l’autre, le superviseur lointain (Crowe). Cependant, les personnages ne sont pas assez forts pour effacer l’interprétation des acteurs : ce n’est pas les agents que l’on voit, ce sont DiCaprio et Crowe en train de se disputer pour savoir comment arrêter un dangereux terroriste. Une fois de plus, l’histoire tombe à l’eau. Certes, ces personnages explicitent différentes visions sur les méthodes de la CIA (DiCaprio, sur le terrain, très attaché aux coutumes ; Crowe, en retrait, peu affecté par les éventuelles pertes humaines) mais ce didactisme un peu simplet finit par être lassant.
Ce type d’intrigue, de film, et de production se fonde entièrement sur une intrigue puissante, sur un geste fort en termes de narration. Mais ici, c’est le néant. Du côté du scénario, il ne se passe vraiment pas grande chose. Du coup, les acteurs et le réalisateur ont beau gesticuler dans tous les sens, ça ne suffira jamais à créer un enjeu.
Un des personnages pourrait être dramatiquement fort, le chef des renseignements jordaniens, d’autant que l’acteur a tout pour être charismatique. Mais là encore, le scénario se cantonne à ne montrer que ses côtés superficiels, son beau costume sur mesure et sa courtoisie… On ne peut pas appeler ça un geste fort…

 

l?ardo dicaprio mensonges d\Reste un spectacle assez agréable à regarder, lorsqu’on  n’a pas déjà décroché, grâce à une mise en scène assez bien faite et des acteurs convaincants. Les dernières séquences réveilleront les spectateurs endormis, notamment celle où DiCaprio est fait prisonnier par les terroristes. L’acteur est alors assez performant et la réalisation, en adoptant un style très réaliste, se fait plus efficace que dans tout le reste du film. Il aurait fallu appliquer à l’ensemble du film la méthode adoptée pour cette séquence. Dommage, ce n’est pas encore avec ce film-là que Ridley Scott égalera Gladiator. La créativité d’Alien (le film entier tout entier est un geste fort !) est déjà loin…

Mensonges d’état. Réalisé par Ridley Scott. 2H08
Avec Léonardo Di Caprio, Russel Crowe.

mensonges d\’état bande annonce

L. Barché

Des lettres de non-motivation : qui l’eut cru ?

Jeudi 30 octobre 2008

La chose paraît inenvisageable, voire inimaginable, pour ne pas dire farfelue. À l’heure de la crise du travail et de la crise en général, qui d’entre les chercheurs d’emploi concevrait d’éplucher les petites annonces à seule fin de pouvoir adresser aux employeurs des lettres de non-motivation ?

 

Le monde à l’envers ! opinera le chœur antique. Et pourtant… Julien Previeux ne s’est pas gêné pour passer à l’acte. Un précurseur en la matière, une référence, une figure de proue, si l’on veut, en tête d’une génération aussi désabusée par les menaces de récession que pressurée par le sacro-saint impératif de «statut social».

 Las d’essuyer l’avalanche des rebuffades en provenance des DRH - et ce, dans le meilleur des cas, car c’est le plus souvent le silence qui couronne la tentative – ce héros, diplômé des Beaux-arts, a osé franchir la ligne. Sous l’empire d’une saine colère et d’un ras-le-bol croissant, il a décidé de prendre à contre-pied le système de recrutement kafkaien qui érige la lettre de motivation en rite fondateur.  Résultat : pendant plus d’un an, Julien Drevieux, bagnard du loisir forcé, s’est diverti et peu à peu délecté à rédiger des lettres de refus d’emploi à l’attention des entreprises françaises et étrangères. S’étant pris au jeu, il s’est très vite trouvé à la tête d’un catalogue de mille lettres de son cru, dont l’immense majorité est restée sans réponse, on s’en doute.    

 Et voilà que notre héros national publie les meilleures d’entre elles dans un recueil.     À défaut d’offrir le luxe du sourire à la vue des mines interloquées ou circonspectes des employés chargés d’ouvrir ce courier atypique, cette somme épistolaire permet de découvrir les rares réponses reçues par l’auteur. Et mieux encore, le livre donne l’incontestable moyen de renouer avec un plaisir porté quasiment disparu au champ de bataille de nos sociétés conformistes : le pouvoir libérateur et jouissif de dire non.

Lettres de non-motivation, Julien Previeux, éditions Zones, TR :9,90 euros

Pour lire le livre en ligne, cliquez ici.

 

livres

 

Jeanne Ably

Incendies au Théâtre de la Colline

Mardi 21 octobre 2008
21 octobre 2008 15:00au2 novembre 2008 23:00

Stanislas Nordey présente Incendies de Wajdi Mouawad au théâtre de la Colline jusqu’au 2 Novembre. Basé sur un véritable « théâtre de la parole », les personnages nous entraînent avec beaucoup de simplicité dans leur histoire, voire même dans l’Histoire, qui prend des allures de mythe.

Les mots nous atteignent physiquement, dans une clarté impressionnante et agréable. Le début de la pièce nous montre vite que le jeu se basera principalement sur la diction (le débit de parole est très rapide), et un jeu d‘adresse. La scénographie peut faire penser à celle des Pièces de Guerre mise en scène par Alain Françon : un grand espace vide et fermé par des murs gris. Cette entrée en matière peut faire peur lorsqu’on sait que la pièce dure 3h20 (avec une pause de 10 minutes), mais l’écriture, poétique, bien que l‘auteur ne le revendique pas, est telle qu’on se laisse immédiatement embarquer dans l’histoire.

Suite au décès de leur mère, deux enfants partent à la recherche de leur origine, de leur famille : ils sont lancés dans le souvenir d’une guerre sanglante et découvrent une toute autre vérité sur leur histoire et celle de leur mère. La force du spectacle est de nous faire passer d’un endroit à un autre, d’un couloir d’hôpital à une prison, en passant par une salle de boxe et un cimetière, en utilisant la simple force des mots. Les espaces se superposent, les vivants et les morts se côtoient, les époques se mélangent et c’est dans cet enchevêtrement que se cachent la vérité et le sens de toute une vie. Malgré la très grande scène, les acteurs, éclairés par une lumière très forte, jouent constamment sur le bord du plateau, voire au premier rang ; ainsi la vérité se dévoile devant nous, sans aucun artifice, nue et cruelle. Cependant, les acteurs nous laissent le bonheur immense, suite à une démonstration mathématique, de découvrir cette vérité sans jamais la dire. La frénésie et l’énergie du début du spectacle laissent place au mystère, à l’émotion, au silence sans jamais tomber dans le pathos. La salle se remplit d’une tension, d’une attention qui saisit le spectateur physiquement (on maudit alors le téléphone portable qui sonne !). On ressort de la salle, heureux d’avoir été captivé durant les 3h20, tout étourdi par le silence qui se faisait de plus en plus intense.Incendies, texte de Wajdi Mouwad. Mise en scène de Stanislas Nordey.
au Théâtre de la Colline jusqu’au 2 novembre.
15, Rue Malte Brun, 20°.
01 44 62 52 52

 

Sortie DVD : Coffret John Huston

Vendredi 17 octobre 2008

Le cinéma de John Huston est mis à l’honneur avec la sortie en coffret de deux films assez méconnus : Au-dessous du volcan et Le Malin. Ces films réalisés à la fin de la carrière de Huston ne sont pas moins passionnants que ceux de l’Âge d’Or d’Hollywood. Entre classicisme et Nouvel Hollywood, ils mettent en scène des personnages au seuil de la folie et de leur mort. Saisissants !

Le film : Le Malin et Au-dessous du volcan sont deux adaptations de chef-d’oeuvres de la littérature américaine. Le premier, adapté de Wise Blood de Flannery O’Connor, raconte l’histoire d’un jeune homme à peine revenu de la guerre, qui commence à prêcher pour une nouvelle religion, celle du Christ sans Christ. Le deuxième est tiré du roman célébrissime et inadaptable de Malcolm Lowry et nous montre la dernière journée d’un consul en permanence sous l’effet de l’alcool. Ce coffret est une merveille en termes d’édition, puisqu’on ne peut s’empêcher de faire des recoupements entre les deux films, que ce soit au niveau de l’adaptation, des personnages, ou de l’évolution de la carrière de Huston.

Le principal lien entre les deux personnages principaux, c’est certainement leur rapport au réel. Ils condamnent avec violence le milieu dans lequel ils évoluent. L’un avec le cynisme d’un alcoolique (le consul dans Au-dessous du volcan), l’autre avec la violence d’un prophète (Hazel Motes dans Le Malin). Le consul et Hazel Motes pourraient être des idéalistes s’ils n’étaient misérablement humains. En effet, John Huston s’applique à mettre leurs faiblesses en valeur et montre que le ridicule ne tue pas, au contraire, il rend humain. Leurs aspirations ont quelque chose de pure et de parfait ; mais leur corps les met systématiquement en échec.

Au-dessous du volcan se clôt avec une violence scandaleuse, et le personnage principal du Malin ne cesse d’exprimer sa colère envers le monde. Malgré tout cela, la mise en scène témoigne d’une grande sérénité. La réalisation n’a rien de fragile ni d’irréfléchi, si bien qu’elle laisse penser que Huston en sait légèrement plus que ses personnages. En somme, il met en scène deux personnages qui s’abîment, mais garde la distance suffisante pour avoir une vue d’ensemble. Cette appréhension froide de deux univers prêts à exploser rend ces films littéralement fascinants.

L’édition : Carlotta nous gâte. Non seulement la réunion de ces deux films en un seul coffret est un plaisir intellectuel, mais les bonus sont  également de taille. Il y a des interventions très intéressantes de chercheurs, ainsi qu’une introduction de Patrick Brion avant chaque film. Carlotta a également ajouté un document d’archive, à savoir un entretien enregistré entre John Huston et Michel Ciment réalisé à l’époque d’Au-dessous du volcan. Enfin, et surtout, notons la présence d’un documentaire, Notes sur Au-dessous du volcan, making-of qui pourrait égaler celui réalisé par la femme de Coppola sur Apocalypse Now. Le documentaire est saisissant : on y sent l’ambiance du tournage, la légèreté de Huston et le jeu incroyable des acteurs. Ce documentaire est un élément essentiel et passionnant qui permet (pour une fois !) une connaissance beaucoup plus approfondie du film.

Coffret John Huston, Carlotta. 34,99 €
Au-dessous du volcan, de John Huston. Adapté de Malcolm Lowry.
Avec Albert Finney, Jacqueline Bisset.
Le Malin, de John Huston. Adapté de Wise Blood de Flannery O’Connor.
Avec Brad Dourif, John Huston.

L. Barché

A la recherche du Black Ticket d’AC/DC

Lundi 13 octobre 2008

AC/DCCela fait 8 ans que les fans du groupe australien AC/DC attendent avec impatience la sortie d’un album.
Ils seront enfin récompensé le 20 octobre avec « Black Ice ».

 

A cette occasion Columbia Label Group organise une chasse au trésor. Le principe est simple
- 6 blocs de glace seront disséminés dans Paris
- 20 albums collector seront cachés
- à l’intérieur de l’un d’eux, le Black Ice Ticket, qui vous fera partir aux USA voir en concert le plus grand groupe de rock de tous les temps

Voilà le widget sympa qui vous permettra de devenir un chasseur émérite.

 

 

Pour vous donnez l’eau aux oreilles voilà le clip du premier single Rock’n'Roll Train

 

Le site officiel

La genèse du groupe vous est conté ici.

Le groupe sera en tournée, on en parle ici.

Si vous aimez les groupes mythiques voilà les Guns N’Roses.

Inauguration de l’oeuvre sonore de Miriam Bäckström et Carsten Höller

Lundi 22 septembre 2008

C’est une oeuvre particulière qui sera inaugurée demain. Une oeuvre non pas à admirer, les yeux écarquillés, mais à écouter. Miriam Bäckström et Carsten Höller ont voulu installer des haut-parleurs à la pointe de la technologie pour diffuser des ambiances sonores qui rappelleront la disparition des enfants juifs. Ces haut-parleurs installés à six mètres de hauteur, seront quasiment invisibles, et projetteront des sons qui sembleront ne venir de nulle part, si ce n’est de notre propre cerveau.
Ainsi, on peut d’ores et déjà affirmer que cette oeuvre vise à évoquer le lien ténu qui existe entre l’existence et la disparition.

L’Allée des Justes est située entre la rue Geoffroy l’Asnier et la rue du Pont Louis-Philippe. La présence, sur le mur opposé au collège François Couperin, des 37 plaques gravées des 2700 noms des Justes de France.

L. Barché