Les arts vivants ne sont pas seulement à Avignon cet été

juillet 3, 2009 by Marine  
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nous-nirons-pas-a-avignonSi je vous dis “juillet”, “festival” et “arts vivants”, vous me répondrez bien évidemment Festival d’Avignon. Oui, mais pas seulement! En effet pour la 11ème année consécutive se déroule du 1 er au 26 juillet à “la Gare au Théâtre” (Vitry sur Seine) le festival des arts vivants “Nous n’irons pas à Avignon”, sorte de contre-festival pour tous ceux qui ne partent pas, qui restent en Ile-de-France, mais qui voudraient quand même s’en mettre plein les mirettes niveau arts vivants!

Cette année le festival ouvre ses portes aux artistes de rue et donne carte blanche pendant une semaine à “La Fabrique”, lieu de création implanté en Normandie.

Accessible aux grands comme aux plus petits (notamment Quanta ou la terrible histoire de Lulu Schrödinger, un conte fantastique et musical qui explore de façon poétique le passage de l’enfance à l’adolescence et les différentes perceptions de la réalité), ce festival mêle danse, cirque et théâtre. Le programme de cette semaine , “Drôles d’écritures”,
comprend 35 représentations de sept spectacles, dont quatre créations, de quatorze auteurs bien vivants que vous pourrez rencontrer au “picnic-débat” de samedi matin (le 4 juillet).

Alors à tous les franciliens qui se lamentaient de ne pas avoir l’occasion de descendre au soleil pour faire le plein de spectacles, ne vous en faites plus “Nous n’irons pas à Avignon” est là, et avec le soleil en prime! Que demander de plus…

Consultez le programme ici.

TARIFS
plein : 12€ / réduit : 9€
2 spectacles le même jour : 15€
Spectacles Jeune Public : 9€ par enfant, gratuit pour l’accompagnateur
Pass 5 entrées : 30€
Pass 10 entrées : 60€

Gare au Théâtre - 13, rue Pierre Semard - 94400 Vitry-sur-seine

Marine Cluet

Mitterrand favorable à l’entrée de la Turquie…

juillet 2, 2009 by Pauline  
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turquie1Frédéric Mitterrand a officiellement ouvert la saison turque en France mardi après-midi. Quelques semaines seulement après la polémique concernant l’intégration de la Turquie dans l’Union européenne – le premier ministre turc Recep Tayip Erdogan avait menacé de boycotter l’événement – le ministre de la culture tente de calmer le jeu en affirmant « que les tensions qui pourraient naître des actions des hommes politiques pourraient être dépassées grâce à l’action de la culture ».

Neuf mois sont à sa disposition pour nous montrer alors la prééminence de la culture sur les discordes politiques.

Jusqu’en mars 2010, 400 événements à travers toute la France vont « faire découvrir l’effervescence et la modernité » de la Turquie et « mettre en exergue l’apport de la Turquie à la culture européenne ».

Expos, théâtre, concerts… associés à des débats d’idées et des rencontres littéraires (notamment avec le prix Nobel Orhan Pamukk) auront lieu pendant toute la saison.

Samedi soir, le concert de musique soufie traditionnelle de Mercan Dede lancera la fête place du Trocadéro à 21h avant de laisser la place à la compagnie de danse Le Feu d’Anatolie.

Petite sélection des manifestations de l’été :

Arts visuels : jusqu’au 27 juillet, l’exposition Istanbul, traversée retrace l’histoire de la ville depuis l’empire byzantin à l’avènement d’Atatürk. Des artistes internationaux, turcs ou issus de la diaspora racontent cette ville multiculturelle, aux identités variées.

Photo : jusqu’au 12 juillet à la BNF, le photographe turc Ahmet Ertug présente les plus beaux clichés des bibliothèques d’Europe qu’il a visité. Un voyage intéressant dans les relations turco-européennes.

Musique classique : Le pianiste international Hüseyin Sermet sera présent au festival de Dinard le 17 août. Répertoire : Ravel, Alkan et Moussorgski

Jazz : aux tuileries le 17 août le Spiral Quartet déborde les catégories musicales habituelles en intégrant de la musique turque traditionnelle dans le «  Diyar Diyar Jazz-Turkish journey ».

Théâtre : Amos Gitaï propose sa pièce La Guerre des fils de la lumière contre les fils des ténèbres avec Jeanne Moreau et Cüneyt Türel au festival d’Avignon du 7 au 11 juillet.

Cirque : Bartabas présentera son spectacle Lever de soleil dans les jardins parisiens (tuileries, arènes de Lutèce, parc de la cité internationale…) du 31 juillet au 9 août.

Cinéma : Rétrospective Nuri Bilge Ceylan (Les Climats) aux MK2 Bibliothèque (13ème), Max Linder (9ème) et Méliès (Montreuil), dans le cadre du Festival Paris Cinéma, qui met la Turquie à l’honneur cette année.

« Gros plan sur les cinéastes turcs » pendant les 25èmes rencontres de Gindou, à la cinémathèque de Toulouse du 22 au 29 août.

Littérature : Pendant les rencontres d’Aubrac, du 20 au 23 août « Voyage en Absurdie », dîner turc suivi d’une soirée contes autour de Nasreddine Hodja, avec Dido Lykoudis, et Jihad Darwiche.

Tout le programme, cliquez ici.

Pauline Moullot

L’acteur Karl Malden est mort

juillet 2, 2009 by Marine  
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karl-maldenKarl Malden, de son vrai nom Mladen Sekulovich, est mort hier à 97 ans. Cet éternel second rôle, qui s’en accommodait bien, tâchant toujours d’être “le numéro 1 des rôles de numéro 2″ intègre le Group Theatre en 1937, après avoir été remarqué par Elia Kazan, qui lui offrit après la guerre son premier grand succès cinématographique avec Un Tramway nommé désir, pour lequel il obtiendra un oscar.

Acteur de théâtre, de cinéma (il joua sous la direction d’Hitchcock, John Ford, King Vidor, Elia Kazan, mais aussi Dario Argento… Vous noterez le niveau), il joua aussi à la télévision, où il fut pendant cinq ans le partenaire de Michael Douglas dans le feuilleton Les Rues de San Francisco.

Un touche-à-tout, qui s’est éteint hier, presque centenaire. Karl Malden est mort, vive Karl Malden!

Extrait du film La loi du silence d’Alfred Hitchcock (1953)

Le 63e festival d’Avignon, c’est bientôt !

juin 30, 2009 by Erwan  
Filed under Coup de coeur

festival-avignon1Toc, toc, toc. Les trois coups de bâton résonnent dans la cité. Le festival d’Avignon, c’est parti !
Encore une année où tous les assoiffés de théâtre iront s’abreuver sur leur pont préféré et où ceux qui ne l’ont pas franchi chercheront l’intérêt de voir des comédiens nus, pendant cinq heures, tracer des carrés à la craie sur une scène vierge.

Cette année ne sera donc pas différente des autres : une armée de Panamas de paille attaquera la citadelle, les écolos et les employés municipaux pleureront les milliers de tracts et d’affiches jonchant le sol en fin de journée, les comédiens du « off » feront le concours du costume le plus ridicule pour partir à l’abordage du futur spectateur qui se cache derrière chaque passant et les artistes du « in » seront toujours aussi « iiinn » (à prononcer la bouche grande ouverte).

Un 63e festival ordinaire où les deux frères jumeaux que sont le « in » et le « off » partageront les mêmes murs sans jamais se jeter un seul regard. Ainsi le « in » commencera le 7 juillet pour finir le 28 quand le «off » commencera le 8 pour finir le 31. C’est idiot à une journée près on aurait appelé ça de la cohabitation …

Côté « in » la programmation de cette année semble tendre vers la narration, la mémoire et l’engagement. Serait-ce un pied de nez aux critiques qui accusent le festival de ne plus savoir ce que le mot « texte » signifie au théâtre ? Ainsi le libanais québécois Wajdi Mouawad sera l’artiste associé, celui-ci nous racontera au travers de sa trilogie  littoral, incendie, forêts  sa guerre du Liban.

Quant au « off », des centaines de spectacles se joueront. Comme chaque année, il y aura de tout : du pire navet au plus festival-d-avignon-cour-d-honneurbeau bijou. Le bouche à oreille fera le reste. Les joyaux se retrouveront très probablement à Paris l’année prochaine. C’est à Avignon que la tendance théâtrale française se construit.
Ici le théâtre, dans une effervescence merveilleuse, se fabrique partout où c’est possible (cave, gymnase, salle des fêtes, carrière…).
Avignon est un festival incontournable : pour tous ceux qui aiment le théâtre, il est un passage obligatoire, pour les autres, une expérience à vivre… Et la boîte à sorties cette année témoignera des événements à venir au Festival.

Audrey Saoli

Paris quartier d’été : Warhol, jazz & Flamenco !

paris-quartier-deteParis l’été, ce n’est pas seulement Paris plage, pas seulement le festival de cinéma en plein air à la Villette, ou Rock en Seine, pas seulement les RER moins bondés mais surchauffés, pas seulement les touristes américains Quai Bir-Hakeim et les travailleurs aux gueules décomposées mais bronzées qui ont l’air de vous dire « J’ai pas envie d’être ici »… Paris l’été c’est aussi des « quartiers d’été », c’est aussi du Flamenco dans les jardins du Palais royal, du théâtre au Quai Branly ou Saint-Eustache transformée en Factory (de Warhol). Paris l’été c’est du 15 juillet au 9 août.

Danse Au Palais royal : Nuits flamenca, : du 29 juillet au 1er août, José Galvan, Solo

Musique et Cinéma à Saint-Eustache : Dean & Britta, 13 most beautiful… songs for Andy’s Warhol’s screen tests, les 15, 16 et 17 juillet à 22h. 13 portraits sur écran Edie, la muse, Lou Reed et ses lunettes noires, le sourire du jeune Denis Hopper, le regard de Ann Buchanan qui nous transperce, imperturbable et immobile, malgré la larme… Tous posent devant la caméra 16 millimètres de Warhol. Et sur scène, en concert live, Dean Wareham et Britta Phillips et leur rock minimal et langoureux. Une manière de se retrouver dans l’univers de Warhol.

Musique au Quai Branly : Phuphuma Love Minus, Walking next to our shoes… / version concert les 15 et 19 juillet à 16h. Point d’instrument. Seulement des danses et des chants pour raconter le quotidien et l’amour d’Afrique du Sud post apartheid.

Les Arènes du Jazz aux Arènes de Montmartre, du 20 au 25 juillet 21h. Pour la 5e édition du festival, 6 concerts sont prévus… A noter notamment le trio Arild Andersen/Tommy Smith/Paolo Vinaccia Tél. 01 44 61 87 73 et www.paris-ateliers.org

Cirque au Théatre de la Cité international : danse autour d’agrès, clown, trapéziste, bref pour cet été, Kistou Dubois a créé un spectacle aérien. Bon à savoir : le billet du spectacle donne droit une entrée à la piscine. Autres Pistes : du 16 juillet au 9 août, jeudi au samedi à 20h30 - dimanche à 16h. Des ateliers d’initiation au cirque sont prévus les samedis après midi.

Pour plus d’informations sur le festival, cliquez ici

Quand Molière s’invite à Versailles

mois-moliere2009Du 1er au 30 juin, Versailles accueille pour la quatorzième année consécutive le “Mois Molière“.

Quelques 200 manifestations investiront la ville royale et devraient attirer plus de 60.000 visiteurs. Le diptyque Molière, Etats Géréraux de Commedia dell’arte dicte le ton de cette rencontre au sommet du milieu de la comédie. La politique de ce festival est de faire accéder au plus grand nombre les plus beaux texte de Jean-Baptiste Poquelin. Avec 75% d’entrées gratuites, une diffusion dans les moindres recoins de la ville, une quinzaine de représentations théâtrales et une centaine de concerts,  le pari de François de Mazières, maire de Versailles, semble sur de bonnes rails.

Le Mois Molière à Versailles du 1er au 30 juin

Plus de renseignements sur le site officiel

Jules et Jim dans un bain à la Colline

mai 28, 2009 by marie  
Filed under Coup de coeur, Théâtre

Michel Vinaver (1927-) est entré cette année avec L’Ordinaire au répertoire de la Comédie française, ce qui n’en fait pas moins un auteur contemporain et drôle. Si L’Ordinaire a pu paraître, par son adaptation au temple de Molière, rêche à certains, Nina c’est autre chose, présentée actuellement à la Colline, est une pièce pétillante servie par une mise en scène aussi simple qu’élégante de Guillaume Lévêque.

Deux frères, Charles et Stéphane, partagent leur maison depuis la mort de leur mère : Stéphane, parce qu’il rentre à 5h de l’après-midi de l’usine, s’occupe des travaux ménagers et de la cuisine ; Charles parce qu’il n’a pas le vertige, prend en charge la beauté des vitres ; consciencieusement, Stéphane reproduit les recettes de maman que Charles déguste gloutonnement. La vie des deux vieux garçons est bien rodé… Jusqu’à ce qu’arrive entre leurs murs Nina, la collègue et petite amie de Charles, shampouineuse de son état.

Avec Nina, c’est autre chose : Nina bouleverse les horaires, les placards, la table de la salle à manger qu’elle remplace par une baignoire ; elle fait virevolter la poussière plutôt qu’elle ne l’époussète et ramène un peu de lumière dans des pièces aux papiers défraîchis. A son passage, l’équilibre de son couple et celui des deux frères est secoué, shampouiné : mutine, la jeune femme se déshabille devant un Stéphane gêné et un Charles médusé, badine, elle propose un bain à trois puis dissémine ici ou là tendresse maternelle et moqueries. Rouillés, les deux hommes restent cois…

 

Michel Vinaver avait laissé les spectateurs de la Colline sur Par-dessus bord qui, en 7 heures, relatait l’histoire d’une entreprise de PQ. Un printemps plus tard, le dramaturge les retrouve par le truchement d’un trio affectif avec une pièce plus légère, du moins en termes temporels (1H20). Pour autant, entre baisers et tapisseries, l’ex PGD de Gillette France n’a pas oublié la difficile vie de l’usine, le harcèlement sexuel, les licenciements abusifs et les batailles syndicales. Bien au contraire, dans ce ménage à trois, corps et esprits sont aussi imbriqués par le travail, l’avancement professionnel des uns et les cas de consciences des autres. Et les luttes syndicales s’en ressentent… Agréable comme un bain, aussi ambigu que s’il était pris à trois !

 

Nina, c’est autre chose, de Vinaver, mise en scène par Guillaume Lévêque, avec Léna Bréban, Luc-Antoine Diquéro, Régis Royer.
Au théâtre de la Colline, Jusqu’au 27 juin, le mardi à 19h, du mercredi au samedi à 21h, le dimanche à 16h, 27 euros, 19 euros le mardi, 13 euros pour les moins de 30 ans. 15 rue Malte-Brun, Paris 20e, Métro Gambetta.

Faust à l’Odéon, est-ce un rêve ou un somme ?

mai 27, 2009 by Erwan  
Filed under Aujourd'hui, Journée, Théâtre

faust

Voir Faust en lituanien surtitré, c’est un exercice perrilleux, surtout lorsque le surtitrage n’est pas dans l’axe de la scène. Je me suis risqué à goûter du Goethe ce soir et à la fin des trois heures et demi j’ai compris pourquoi.Récit d’une expérience.

Il y a ce premier acte onirique, durant lequel j’ai rêvé. Je ne sais pas si je me suis endormi ou si j’étais éveillé. Enfin si ! J’avoue, j’ai somnolé, l’esprit emporté par ces questions métaphysiques et cette langue poétique qui conduisent les réflexions paradoxales. Les yeux s’ouvrent, l’esprit goûte aux pensées sur l’âme pour retomber dans le néant. La sensation est agréable comme celle d’une sieste. Dans un décor fait de balançoire en bois bûche, un homme, Faust fait part de ses difficultés à être vieux dans son corps et d’être toujours jeune et vaillant dans son esprit. Mephisto rôde, rustre. Le diable lui a donné son aval. Des idées surgissent du décor. Les déplacements sont plein d’emphase. Tout n’est que réflexion. Je voulais partir à la fin du premier acte parce que mon esprit est désormais conditionné par une boisson gazeuse que vend une certaine chaîne de télé. Et puis, une petite voix m’a dit, que, je pouvais encore…

Le deuxième acte montre l’approche du diable autour du vieil homme. Et faustcomment vient la tentation. Le décor est toujours aussi insaississable, plein de symboles hermétiques, le jeu des acteurs est parfois trop expansif, mais la langue lituanienne s’apprivoise, et Faust est présent. Ce combat qu’il mène contre le diable pose la question judeo chrétienne du dualisme entre le bien et le mal. Et cette autre question qui reste en suspens : vais-je payer si je prends trop de bonheur ? Trop de plaisir dans la vie ? Est-ce que je je signe avec le diable si je suis heureux ? Vais-je vraiment payer ? Goethe ronronne toujours de son verbe mélodieux qui désormais  percute. Je sais maintenant que la musique du spectacle m’insupporte. L’agnus dei de Samuel Barber avec les mêmes raisonances que Céline Dion dans Titanic, apposé sur un texte du XVIème siècle, crée un amalgame indigeste. Mais bientôt viendra Marguerite. Faust cède. Moi aussi. Je dois voir Marguerite si belle.

faust05J’ignore pourquoi je suis resté. Je sais juste qu’au moment des applaudissements les acteurs venus de si loin présenter un texte si beau m’ont semblés très proches. Dire que j’ai aimé serait renier ma répulsion pour cette musique qui, dans d’autres cultures, est perçue autrement, et c’est tant mieux. Dire que je n’ai pas aimé serait laisser une question sans réponse : pourquoi rester trois actes et donc trois heures et demi ? Parce que les acteurs toujours, Vladas Bagdonas surtout, mais aussi Elzbieta Latenaite et les autres, or cette réponse est facile ; parce que Faust ? Marguerite, et Goethe ? C’est toujours facile. J’ai rêvé, j’ai dormi, j’ai rêvé.

Erwan Gabory

Faust -

mise en scèneEimuntas Nekrosiuse

Vladas Bagdonas Faust
Povilas Budrys Dieu, Wagner
Kestutis Jakstas Valentin (frère de Gretchen)
Elzbieta Latenaite Marguerite (Gretchen)
Salvijus Trepulis Mephistophélès
Vaidas Vilius l’Esprit, Chien
Margarita Ziemlyté Marthe
Gabrielia Kuodyte Les esprits
Viktorija Streica
Diana Gancevskaite
Viaceslav Lukjanov
Ausra Pukelyte
Migle Polikeviciute

Odéon, Grande salle Berthier du 27 mai au 6 juin 2009 / angle de la rue André Suarès et du Bd Berthier - 17e / Métro : Porte de Clichy (ligne 13 / sortie av de Clichy / Bd Berthier- côté Campanile) / RER : Porte de Clichy (RER C, sortie av. de Clichy) / Bus : PC3, 138, 173, 54, 74, N15 et N51 / Tél : 01 44 85 40 40 / 19h30 du mardi au samedi,  15h le dimanche / 13 à 26 euros.

Courrez voir Chat et Souris !

chat-et-souris-afficheLa troupe de Chat et Souris tient ses quartiers dans le petit théâtre de la Michodière depuis près de deux ans. Alors qu’ils viennent de fêter leur 500ème représentation, la fin de l’aventure approche. Dans trois semaines, le 14 juin exactement, le metteur en scène Jean-Luc Moreau et ses acteurs plieront bagages pour de nouveaux horizons laissant comme un vide rue de la Michodière dans le 2ème arrondissement de Paris.

Les habitués du dramaturge britannique Ray Cooney, connu pour ses intrigues invraisemblables et riches en rebondissement, ne se sentiront pas dépaysés. Pendant les deux actes, le spectateur assiste aux péripéties des deux personnages principaux, Jean Martin assisté de son meilleur ami, Gilbert Jardinier, qui tentent tant bien que mal de masquer une situation peu avouable. En effet 20 ans auparavant, Jean ” ne sachant pas dire non ” a épousé deux femmes : Mathilde et Charlotte. De ces unions, Alix et Guillaume sont nés. Ainsi Monsieur Martin mène une double vie sans encombre jusqu’au jour où ses enfants font connaissance sur le net et décident de se rencontrer. Les ennuis commencent, les éclats de rire aussi!

Jean Martin et ses deux femmes

Jean Martin et ses deux femmes

Les portes claquent, les quiproquos se succèdent et la pièce fonctionne. Jean-Luc Moreau signe une mise en scène originale portée par des acteurs maîtrisant leur rôle à merveille. Eric Metayer et Roland Marchisio, déjà ensemble à l’affiche de Stationnement alterné du même Ray Cooney, offrent une complicité enthousiasmante et donnent au spectacle des odeurs de récréation. Et c’est bien le plus agréable : les deux acteurs, respectivement dans les rôles de Jean Martin et Gilbert Jardinier, se glissent des peaux de banane et ont bien du mal à garder leur sérieux ! La pièce, théâtre de boulevard un brin ronflant, prend alors des allures de joutes d’acteurs passionnés par leur métier. Véritable leçon de comédie par une troupe survoltée qui n’hésite pas à jouer avec son texte et son public. L’hilarité de la salle, de la première minute jusqu’au dernier applaudissement, justifie la nomination de Chat et Souris pour le César de la meilleure pièce comique.

A trois semaines de la fin, il serait inconscient de pas réserver de places parce que c’est prouvé : rire est bon pour la santé. Alors s’esclaffer doit être salutaire.

Juliette Chain

Chat et Souris de Ray Cooney au Théâtre de la Michodière 4bis rue de la Michodière 75002 réservation sur le site de la pièce ou par téléphone au 01 47 42 95 22 tarifs allant de 38 à 8 euros les mardi, mercredi et jeudi soirs et de 44 à 8 euros les vendredi, samedi et dimanche. Dernière représentation le dimanche 14 juin.

Tout sur les abonnements aux musées et aux théâtres à Paris

phototheatrechatelet1189785184La saison des abonnements commence ; théâtres et autres musées rivalisent de bonnes idées pour les jeunes. Petit point sur quelques grands lieux de la vie culturelle parisienne.

La plus pressée : à partir d’aujourd’hui, la Salle Pleyel propose à ses jeunes spectateurs un abonnement composé de 5 concerts minimum, évidemment dans la limites des places disponibles. Les moins de 28 ans pourront ainsi profiter de soirées dans cette salle de prestige pour seulement 8 euros. Les inscriptions se font uniquement sur internet. Sachant que la ” limite des places disponibles ” est généralement rapidement atteinte, soyez réactifs! A vos marques…

Petite illustration: l’abonnement jeune proposé par l’Opéra de Paris est malheureusement déjà complet.

Raison de plus pour ne pas manquer l’abonnement du Théâtre de la Ville disponible à partir de juin. Leur « relais jeune » déjà bien rôdé permet au moins de 30 ans de bénéficier de spectacles à 8 euros à la condition de se déplacer en bande : seul un groupe de dix personnes peut bénéficier de ces conditions exceptionnelles. Une bonne occasion de passer une soirée entre amis.

Le Théâtre des Champs Elysées cible moins les « jeunes » que les étudiants de moins de 30 ans. Si vous pouvez justifier de ces deux critères alors vous aurez accès à une sélection de concerts et spectacles pour la modique somme de 10 euros. Les abonnements et le programme des soirées « partenaires » seront mis en ligne au mois de septembre 2009 sur le site du Théâtre.

Un abonnement jeune destiné au moins de 28 ans est proposé au Théâtre du Châtelet. Pour y accéder une carte de 15 euros doit être acheté sans trop traîner puisqu’elle est en édition limitée. Cette carte vous donnera accès à une sélection de spectacles à des tarifs préférentiels.

En ce qui concerne Le Louvre, les moins de 26 ans peuvent adhérer à la carte Louvre jeunes pour seulement 15 euros. Ils bénéficieront d’un accès illimité et prioritaire aux collections permanentes et aux expositions temporaires.

Et pour terminer cette liste non exhaustive, le Centre Pompidou met en vente un Laissez-passer moins de 26 ans à 22 euros. Accès illimité et gratuit à l’ensemble des expositions temporaires, au collection permanente et d’autres avantages raviront les détenteurs de ce précieux sésame.

Juliette Chain

Bérénice : Stupeur et tremblements

mai 15, 2009 by Pauline  
Filed under Coup de coeur, Théâtre

BereniceDu 14 mai au 14 juin, Faustin Linyekula soulève la question du racisme et de l’exclusion en mettant en scène la pièce classique à Gennevilliers.

Titus aime Bérénice, reine de Palestine, et en est aimé en retour. Il s’apprête à être sacré empereur. Mais Bérénice est étrangère. Et les lois romaines interdisent l’accès au trône à une reine étrangère. Le dilemme est là : renvoyer Bérénice et devenir empereur ou préférer l’amour et renoncer au pouvoir. Quand la pièce commence, le choix est déjà fait.

En respectant le texte classique de 1670 à la virgule près, les quatre interprètes, tous sociétaires de la Comédie-Française, présentent une vision contemporaine de l’expulsion des étrangers. Car plus de l’histoire d’amour classique, c’est bien la thématique de l’exclusion qui est au cÅ“ur de la pièce : l’incompréhension de celle qui est rejetée et dont le seul tort réside dans son identité :

« Ingrat, que je demeure !
Et pourquoi ? Pour entendre un peuple injurieux ?(…)
Quel crime, quelle offense a pu les animer ? »

La puissance de Bérénice réside dans sa scénographie. Des symboles, ponctuellement, rappellent ce thème de l’ostracisme. Avec stupeur, autour d’un cercle, des corps tremblant se suivent, s’évitent, s’affrontent. Témoins d’un destin implacable, toujours à distance. Symboles encore, Bérénice est jouée par un homme (Sharokh Moshkin Ghalam) d’origine perse, Antiochus par une femme et Titus par le premier acteur noir de la Comédie-Française : Bakary Sangaré. La diversité de ce monde d’où l’autre est toujours exclu, en exil perpétuel, nous est rappelée avec force par ces corps en mouvement, qui tremblent, pleurent et symbolisent le désespoir face à l’expulsion, inévitable malgré l’amour, fatale par la force des lois.

On apprécie la performance exemplaire des comédiens, le respect fidèle de la musicalité de l’alexandrin (grâce à la prononciation exacte des [e] muets et diérèses) qui s’accordent parfaitement avec la musique oppressante de Flamme Kapaya.

La prouesse de Bruno Raffaelli qui incarne les trois confidents (Arsace, Phénice et Paulin) est absolument remarquable. Un seul acteur pour trois personnages insiste sur la symbolique du rôle du confident, fonction classique de celui qui rappelle le héros à la raison.

Si Faustin Linyekula représente cette pièce d’une manière nouvelle, en l’accordant avec son expérience de l’immigration et de l’expulsion, il rend aussi un véritable hommage à la Comédie-Française. Comédiens sociétaires, « Comédie Française Éternel » marqué à la craie et costumes historiques de l’institution exhibés sur scène comme des Å“uvres d’art, la pièce entière rappelle son admiration pour le Français.

Bérénice de Racine au théâtre de Gennevilliers, du 14 mai au 14 juin, 1h30, Mis en scène par Faustin Linyekula, avec Bruno Raffaelli, Céline Samie, Bakary Sangaré, Sharokh Moshkin Ghalam, Métro ligne 13 Gabriel Péri. De 11 à 22 €, réservations : 01 41 32 26 26.

Pauline Moullot

Stuff Happens de D. Hare où comment les décisions de guerre se prennent dans le bureau ovale…

mai 13, 2009 by marie  
Filed under Coup de coeur, Théâtre

Stuff happens… Ca arrive… Voilà ce qu’a répondu Donald Rumsfeld, secrétaire d’Etat à la Défense américaine à une question de journalistes sur les pillages et les saccages qui firent suite à la conquête de Bagdad, en 2003. Le dramaturge britannique David Hare a  rendu le mot du faucon célèbre par sa pièce éponyme. Globe trotteuse, l’Å“uvre entre  en France (enfin !) par la grande porte des Amandiers. Les metteurs en scène Bruno Freyssinet  et William Nadylam lui rendent hommage en conquérant bien au-delà des cÅ“urs des géopoliticiens…

Au centre de la terre, au point vers lequel les yeux des spectateurs du monde entier sont rivés, un bureau ovale. L’air goguenard et les jambes sur la table, Georges y écoute les appels à la guerre de son secrétaire d’Etat à la Défense, Donald, et de son Vice président, Dick, qui est aussi, et très accessoirement, administrateur de la compagnie pétrolière américaine Halliburton. Dans le Projet pour un Nouveau Siècle Américain* de ces deux faucons, l’Irak comme les Nations Unies sont à rayer de la carte : la première est une nation dirigée par un dictateur « fou » et la seconde n’est qu’un « moulin à paroles », une « absurdité onéreuse ». Autant d’expressions qui font bondir le populaire Colin dont la doctrine prône la guerre en dernière limite. Le Vétéran du Vietnam a beau plaider pour la nécessité de ménager les alliés britanniques, ou de celle faire des plans de reconstruction, il se bat dans le vide.

Le londonien Tony pourra,  lui aussi, déployer des trésors d’éloquence dans les prairies du ranch Bush, le cabinet américain est pressé de venger les siens. Ni le Secrétaire d’Etat américain ni ses voisins français ne pourront l’aider… Surtout pas ces « serpents » de Français qui après avoir promis à Powell de discuter les résolutions onusiennes, annoncent par les voies d’un poète que, quoi qu’il en soit,  ils n’iront pas en Irak. Vive Dominique et son copain Chirac !! crie-t-on à Washington : la Chambre des Lords peut bien flamber, sans les Français, membres permanent du Conseil de Sécurité, la résolution ne sera pas votée. La guerre « préventive » est lancée ! Et Tony, loyal « prêcheur » désireux de sauver un pays en proie à un affreux dictateur, d’accompagner ses compagnons anglo-saxons… Le malin texan est chanceux…

STUFF HAPPENS (B.Freyssinet et W.Nadylam  2009)crédit photo : Pascal Victor

Ce que le spectateur avait lu jour après jour dans les journaux, David Hare en a fit une tragédie finement ficelée, aussi énergique que didactique. Les protagonistes, des comédiens qui ont adopté la figure et la gestuelle des politiques qu’ils incarnent, décident du sort du monde autour de quelques repas bien arrosés, s’engueulent en vieux copains et provoquent Européens ou Américains, en tous cas  Arabes, par caméras interposées. Dans leurs ballets, point de désert, ni d’Irakiens, encore moins d’Armes de Destructions Massives, seulement des positions politiques ou professionnelles à maintenir, des électeurs à gagner, des cauchemars personnels ou des nécessités de se représenter.

La tragédie moderne serait ce que politologues ou sociologues appellent dans leur jargon path dependance : les grandes décisions des nations sont fonctions des routines et des histoires que leurs dirigeants ont accumulés.  Non sans humour, le génie londonien David Hare (le scénariste de The Hours et de The Reader, que faut-il d’autre pour convaincre ?) le démontre  théâtralement. Et finement.

Que vous soyez ou non géopoliticien, le court parcours jusqu’au Amandiers est plus que conseillé (d’autant plus que le texte en VF n’est pas encore édité) !

Stuff Happens, au Théâtre Nanterre-Amandiers, texte de David Hare, mis en scène par Bruno Freyssinet et William Nadylam, Avec B. Amann, D. Berlioux, O. Brunhes, C. Camp, A. Carbonnel, A. Décarsin, A. Diop, P. Duclos, G. Germain, F. Michel, E. Prat, A Rimoux, V Winterhalter, N Yanoz, du 13 au 31 mai 2009, du 1er au 14 juin 2009.
à 20H30 , sauf le dimanche à 15H30, Salle transformable, Relâche le lundi. Places de 25 à 12 euros (étudiants, moins de 26 ans, demandeurs emploi), location : 01 46 14 70 00 ou ici

Accès de Paris, RER A nanterre-préfecture puis 10 min de navette (horaires ici)

Le 6 juin à 17H, représentation puis débat organisé en partenariat avec Le monde diplo Tarif exceptionnel de 14 euros.


Stuff Happens de David Hare / répétitions
par Nanterre-Amandiers




Orphée et Eurydice par Marie Chouinard : que d’émotion !

mai 12, 2009 by Juliette  
Filed under Aujourd'hui, Danse

marie-chouinard

Quel étrange spectacle! Une chose est sûre : impossible d’y rester indifférent.

D’ailleurs les spectateurs s’en sont bien gardés, affichant des opinions aussi tranchées que sincères. Une partie de la salle est sortie, en pleine représentation ou dès la tombée du rideau, comme exaspérée par cette interprétation très personnelle du mythe bien connu d’Orphée. D’autre n’ont pas hésité à mettre de côté leur timidité pour crier des ” Bravo! ” , mais aussi des ” Extraordinaire! ” avec un enthousiasme saisissant.

Alors qu’en penser? Eh bien, il semble, qu’au milieu de ces tranchées idéologiques, il existe un public qui n’en sait rien. A la sortie du Théâtre de la Ville, une petite dame, visiblement sonnée par sa soirée, confie d’un air coupable : ” Je ne sais pas trop si j’ai aimé… ” puis, après un instant de réflexion : ” Je crois que je n’ai pas tout compris “. Bon résumé.

La performance des quatorze danseurs ne peut qu’être largement saluée. Une rigueur, une justesse, une élégance qui mènent le spectacle avec un professionnalisme qui impose le respect. La mise en scène de Marie Chouinard apparaît plus contestée. Le ton oscille entre humour, érotisme et absurde ; le premier se plaçant en entracte des deux autres.

Ce ballet en un acte, mené par la musique, ô combien contemporaine de Louis Dufort, propose une succession de tableaux utilisant le drame d’Orphée et de sa muse Eurydice pour schématiser le processus de création. Par leur pouce et leur index, les différents protagonistes extirpent leur art du fin fond de leurs entrailles dans une longue plainte animale. Charmant. La chorégraphe canadienne a un jour défini la danse comme un ” art érotique loin de toute bienséance “. Ce spectacle illustre parfaitement ses propos. Les affiches aguicheuses montrant une des danseuses torse nu – elles le sont toutes – avaient mis en garde les âmes sensibles de la sexualité crue de l’œuvre. Prévenu, le public ne semble pas gêné. En revanche, les corps désarticulés et grimaçant dérangent ; parfois trop. Le ballet perd de sa bonne humeur dans des tableaux électriques et assourdissant laissant le spectateur à la porte d’un univers trop particulier.

Avis tranchés ou torturés, mais avis quand même ! Marie Chouinard gagne son pari en faisant réagir le public à ses propres émotions. Alors Flaubert ne disait-il pas : ” La bêtise consiste à vouloir conclure“? Ne concluons pas ; le débat reste ouvert et vos avis sont les bienvenus.

Juliette Chain

Orphée et Eurydice, sur la musique originale de Louis Dufort. Au théâtre de la Ville (Paris 4e) Métro Châtelet, 01 42 74 22 77. Du 12 au 19 mai, Tarif B : 14, 50 euros TR : 12 euros.

Place N22, un poignant coup de cœur pour L’Habilleur

mai 12, 2009 by Claire-Marie  
Filed under Coup de coeur, Théâtre

Place N22, à l’extrême droite de la scène, approximativement au dixième rang, cinquième siège de la rangée. A peu de choses près, une des pires places du théâtre, diraient les puristes. Ce genre de place où l’on se tord le coup pendant deux heures, jusqu’à ce que la fatalité de cette place N22 obsède le spectateur finissant, à force de récriminations intérieures, par perdre le fil de la pièce.

 

La prouesse de L’habilleur réside alors dans sa capacité à faire oublier à l’occupant de la N22 son placement. Par quel ressort ? Une émotion théâtrale à l’état pur.

 

Affiche-habilleur

Et pourtant, rien d’étonnant à ce que la place N22 se fasse caisse de résonance de la pièce. En effet, l’Habilleur est bâti sur le thème du double.

 

Des personnages-miroirs sont en scène. Le « maitre » de la compagnie théâtrale (Laurent Terzieff), ne peut se comprendre sans son habilleur Norman (Claude Aufaure), son reflet en négatif. La folie du premier, poignant et narcissique, est indissociable de la raison du deuxième, réconfortant et aimant. L’un donne sens à l’autre et ils s’accordent mutuellement une vérité dépassant la caricature initiale. De même, la régisseuse dans son amoureuse froideur esquisse un portrait inversé de l’aguichante spontanéité de la jeune débutante, jusqu’à ce qu’elles se confondent presque en un seul personnage à deux âges de la vie.

 

Cette ambivalence de la pièce est encore à l’œuvre dans sa construction en « théâtre dans le théâtre » : deux scènes se chevauchent. Sur la première, celle du théâtre Rive Gauche, le spectateur parisien plonge dans les coulisses d’une compagnie s’apprêtant à jouer le Roi Lear et les doutes du maître à la lisière de la folie. Superposée, la deuxième scène est à la destination fictive des Anglais assistant à cette représentation shakespearienne, malgré les bombardements nazis de cette année 1942. Là, le théâtre devient un instrument de résistance sonore à la terreur que provoquent les incessantes alarmes annonçant le bombardement : «sachez que chacune de mes paroles sera un bouclier contre votre barbarie, chacune de mes répliques un rempart contre votre règne de terreur» clame alors le maître.

 

Doubles sont enfin les réactions des spectateurs. Rouleaux et vaguelettes de rires secouent la salle, en échos à un texte subtil finement ciselé. Embruns et brumes de larmes humectent les yeux des spectateurs, bouleversés par la beauté du texte et le poignant du jeu.

 

Place N22, L’habilleur est l’épicentre d’une première grande émotion théâtrale.

Qu’en est-il des places A18, O33, E05 …?

Venez nous l’écrire.

 

place-n22 L'Habilleur

–>   Jusqu’au 13/06/2009

Pour aller plus loin :

« L’habilleur au théatre, une interview de Laurent Terzieff » http://culturebox.france3.fr/all/8668/%22L’habilleur%22-au-th%E9%E2tre-:-interview-de-Laurent-Terzieff/#/all/8668/”L’habilleur”-au-théâtre-:-interview-de-Laurent-Terzieff/

 

 

Claire-Marie FOULQUIER-GAZAGNES

La Seine de danse 2009, à la Défense

Seine de danse“Seine de danse” revient dès aujourd’hui jusqu’au 16 mai prochain sur le parvis de la Défense. Cet événement artistique a su s’imposer en revenant chaque année depuis sa fondation en 2006. “Seine de danse”  s’inscrit dans un esprit de démocratisation  de l’art : musique, arts plastiques, danse bien sûr, et théâtre sont au rendez-vous.  Durant cinq jours, la danse occupe l’espace urbain de La Défense.

Seine de danse 2009 - Parvis de La défense,  renseignements : 01 41 91 29 31

12h-14h / 18h - 18h30 : spectacles gratuits et en plein air

20h30 : spectacles sous le chapiteau / plein tarif : 5 euros, tarif réduit 3euros, le pass pour la soirée 12 euros

Les Mains Sales de Sartre, à l’Athénée

mai 8, 2009 by marie  
Filed under Coup de coeur, Théâtre

les-mains-sales-olgaJeune intellectuel d’origine bourgeoise, Hugo est entré au Parti pour ses idées et afin de « s’oublier ». Il semblerait que cette décision n’ait pas eu un effet assez radical : journaliste fatigué des mots, Hugo demande à plonger ses blanches mains dans le cambouis. En pleine guerre mondiale, alors que les communistes divergent sur la conduite à suivre vis-à-vis des autres formations politiques, il se voit confier la tâche de tuer un ennemi interne au Parti, le “social traître” Hoederer. Les mains sales (1948), drame de Sartre qui fut le plus populaire, est joué au théâtre Athénée Louis Jouvet jusqu’au 30 mai. Son pendant, Les Justes de Camus (1949) lui emboîtera comme il se doit le pas (dès le 3 juin). 

 

En Illyrie, petit pays imaginaire d’Europe centrale occupé par l’armée allemande, les communistes se déchirent. A l’inverse de la frange du Parti dirigée par Louis et à laquelle Hugo est affiliée, Hoederer estime qu’un compromis doit être passé avec les conservateurs en vue d’obtenir des sièges au Parlement. Pour Hugo, sa muse Olga et leur chef Louis, de tels accommodements sont intolérables : la fin ne justifie pas ce moyen là… En revanche, d’après leur logique, elle en justifie un autre : la mort de Hoederer.

 

Pour ce faire, Hugo qui s’est porté volontaire pour mener une « action directe » deviendra secrétaire d’Hoederer. Pourtant, cette tactique, qui aurait du lui faciliter l’assassinat, le rendra, au final et pour la même raison (la proximité), plus difficile encore : comment tuer un homme que l’on regarde dans les yeux, dont on perçoit les doutes et la solitude, et qui, chaque matin vous sert un café merveilleux ; comment le tuer simplement parce qu’il n’a pas les mêmes idées ? Hugo gardera-t-il les mains propres en le faisant, et ce quand bien même sa cible les a, elle, de la couleur des hommes d’Etats aux affres avec le pouvoir, c’est-à-dire noires ?

 

 « Nul ne gouverne innocemment » : le mot de Saint Just qui a inspiré à Sartre cette pièce est symbolisé par Hoederer mais aussi par Louis et Olga qui prennent la décision du meurtre. En intellectuel torturé lisant tantôt Marx tantôt Hegel, Hugo est coincé entre ces deux versants d’une même pièce. Et la seule personne apolitique de son entourage, celle qui pourrait lui donner les plus neutres conseils, ne l’aide en rien : « Hugo, suppose que tu aies rencontré Hoederer l’an dernier, au lieu de Louis. Ce sont ces idées à lui qui te sembleraient vraies ». Le relativisme de Jessica ne peut être pour son époux une échappatoire. Hugo, qui a pris les traits de Sartre, se doit de choisir.

 

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Pour cette pièce existentialiste, Guy-Pierre Couleau a choisi une mise en scène sobre et classique. Outre les projecteurs, la scène est illuminée par la fraicheur malicieuse d’Anne Le Guernec (Jessica) et l’humour des deux gardes du corps d’Hoederer, molosses attendrissants que sont, pour l’occasion, Olivier Peigné (Karsky) et Stéphane Russel (Slick). 

 

Gauthier Baillot est touchant en Hoederer aussi rude que bon pour qui la les-mains-sales-afficheRévolution est une affaire de vies humaines à sauver avant que d’être une somme d’idées ; droit dans ses bottes,  il n’a qu’un mot en bouche “le travail”, la tâche à accomplir coûte que coûte. Dans cette pièce de Sartre, il est un personnage “camusien” celui du Dr Rieux de La PesteEn 1948, Sartre et Camus étaient encore amis. Sartre n’était pas encore compagnon de route du Parti communiste (il faudra pour cela attendre les années 50), il venait de participer à la création du Rassemblement démocrate révolutionnaire, une formation qui rejetait à la fois le stalinisme et le réformisme… C’est cette impossible conciliation (aux prémices de la Guerre Froide) qu’incarnent Hugo/Sartre de 1948, et, sur scène, le jeune, bel et torturé Nils Ohlund.

 

 

Les mains sales, de JP Sartre, mis en scène par Guy-Pierre Couleau, au théâtre Louis Jouvet, square de l’Opéra Louis Jouvet, 7 rue Boudreau, Paris 9e, Métro Opéra, RER A  Auber, du jeudi 7 au samedi 30 mai 2009, mardi 19h, mercredi au samedi 20h, matinées exceptionnelles : dimanche 17 mai à 16h et samedi 30 mai à 15h, grande salle, location : 01 53 05 19 19. 2h30 sans entracte.

 

Les Justes, mise en scène Guy-Pierre Couleau, du 3 au 6 juin 2009, au même endroit.

 

MB

 

Crédits photos © Grégory Brandel / Synchro X

 

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