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Sabine Weiss traque “l’instant”, à la MEP

Lundi 1 décembre 2008
1 décembre 2008 16:00au25 janvier 2009 18:00

weissPendant 50 ans, Sabine Weiss, photographe d’origine suisse, s’est attachée à capter en noirs et blancs des « instants » aussi « fugitifs et lumineux » que des sourires d’enfants, des raies de lumière ou des baisers d’amoureux.  

Selon Sabine Weiss, la photographie est liée à « cet instant fugitif et lumineux qu’il faut saisir tout en le composant ». Pendant un demi-siècle,  la Suisse à Paris, de l’Inde à l’Italie, l’artiste a tenté d’incorporer dans son objectif tout ce qui, justement, fait « l’instant », « lumière, geste, regard, mouvement, silence, repos, rigueur, détente, etc… ». L’exposition s’ouvre par le cliché d’une silhouette courant sur le pavé, Vers la lumière et se termine par l’Homme dans le brouillard. Les deux photographies ont été prises à Paris en 1953, elles sont deux « instants » insignifiants qui derrière l’objectif, par la simplicité du décor et les jeux de lumière deviennent atemporels, u-topiques. “L’importance de la lumière naturelle » a été enseignée à Sabine Weiss par Willy Maywald, photographe de mode dont elle devint, en arrivant à Paris après la Seconde Guerre Mondiale, l’assistante. Par la suite, la photographe a fait ses propres portraits de célébrités ou d’artistes, travaillé à des commandes publicitaires ou de presse, effectué de nombreux photoreportages. La MEP expose essentiellement les clichés qu’elle a pris pour « elle-même », les amoureux des bancs publics, les enfants déguenillés de banlieue parisienne dans les années 50, les Gitans de Sainte-Marie de la Mer, les paysans indiens et les fidèles orthodoxes

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   « Sabine Weiss, un demi-siècle de photographies » à la Maison Européenne de la Photographie, jusqu’au 25 janvier 2009, 5/7 rue de Fourcy, Paris 4e, Métro Saint Paul ou Pont Marie, ouvert du merc au dim de 11h à 19h45, Tarif : 6 euros, TR : 3 euros, gratuit tous les mercredis dès 17h.

Et, dans le même temps à la MEP, “Goskin Sipahioglu. Monsieur SIPA, Photographe”. Pour lire notre critique, cliquez ici.

 

 

 

Photo : Lee Miller au Jeu de paume, par-delà l’objectif

Dimanche 26 octobre 2008

Le Jeu de Paume nous offre en ce moment de très belles expositions de « classiques » de la photo. Après le fleuve exhaustif du travail de Richard Avedon, au printemps dernier, c’est au tour de Lee Miller de faire l’objet d’une rétrospective. Un parcours envoûtant où l’on suit la mannequin-photographe des deux côtés de l’objectif.

C’est avec infiniment de tact et de rigueur que le Jeu de Paume s’attaque au Mythe de Lee Miller. Dans le cadre du mois de la photographie à Paris, l’exposition nous vient tout droit du Victoria and Albert museum de Londres, où sont conservées les Lee Miller archives et montre150 photographies de Lee Miller. Le Jeu de Paume a complété les clichés venus de Londres par le film de Cocteau, « Le sang d’un poète » et de quelques collages, sans jamais s’appesantir sur la vie tumultueuse et fascinante de la photographe (Le viol à 7 ans, les divers maris etc…). C’est bien son « Art » qui est mis à l’honneur comme l’annonce le titre de l’exposition. Née sur la côte est des Etats-Unis, Elizabeth Miller était d’une beauté hitchockienne. Elle fut donc la Muse de nombreux artistes, de son père, photographe amateur, à Cocteau, qui la fait jouer dans son film « le sang d’un poète » en 1931, en passant par Man Ray dont elle fut la maîtresse lors de son séjour parisien au début des années 1930.

Mannequin vedette de Vogue à New-York dont elle fait la couverture en 1927, la blonde mystérieuse préfère « prendre une photo qu’en être une », et développe son propre art de la photographie. Si elle puise sa technique chez Man Ray (notamment le processus de solarisation, qui consiste à inverser le noir et le blanc par une surexposition), ses photos racontent toutes une histoire. Les femmes célèbres (Dora Maar, Dorothy Hill, Gertrud Lawrence…) dont Lee Miller fait le portrait semblent regarder par delà l’objectif et ouvrent à un tout autre monde par leur beauté glacée et leurs pupilles vagues. Ses autoportraits exercent aussi un magnétisme magique où la jeune-femme se peint souvent de profil.

Témoin d’une époque, Lee Miller a fait le portrait de la plupart des artistes de son temps (Man Ray, Charlie Chaplin, Salvador Dali ou encore la troupe de l’opéra « 4 saints in 3 acts » qui, sur un livret de Gertrud Stein a inspiré le « Porgy ans Bess » de Gershwin ). Elle a parfois aussi immortalisé leurs œuvres, effectuant par exemple un travail comparable à celui de Brassaï sur Picasso avec les sculptures de Joseph Connell.

Peu nombreux, et semble-t-il jamais répétés, ses clichés donnent à voir sans saisir ou objectifier ses sujets. Cette vérité est évidente dans les œuvres surréalistes de Lee Miller (dont la fameuse « mai qui explose » de 1930).

Elle est aussi omniprésente dans les photos de voyage décidemment non orientalisantes de la Roumanie et du Caire, où Lee Miller a vécu quelques années avec son mari. Fallait-il une femme derrière l’appareil pour donner à la photographie cette unicité non reproductible ?

Son art de la suggestion culmine en tout cas dans les reportages qui ont été confiés à Lee Miller par Vogue dans les années de guerre. Ses clichés des préparatifs anglais à la guerre (« Femmes équipées de masques contre des incendies », 1941), d’un garde SS mort noyé dans un canal, du Berghof après la mort du Führer, où elle se photographie elle-même dans la baignoire d’Hitler, et surtout de la libération des camps de Buchenwald et de Dachau sont absolument époustouflants. L’exposition rappelle que les reportages de Lee Miller sont aussi accompagnés de textes de l’artiste, dont le fameux « German are like this ! ». 

Présenté simplement, de manière chronologique, « L’Art de Lee Miller » permet aux parisiens de voir grandeur nature des œuvres mythiques, de se laisser encore et encore surprendre par l’actualité brûlante de la « beauté convulsive » de ces photographies, et d’avoir un peu la nostalgie d’un temps où Vogue commandait des reportages d’aussi grande qualité.

Cocteau, le sang d’un poète

Jusqu’au 4 janvier, Jeu de Paume, Place de la Concorde, Paris 1ier, mar-dim 12h-19h, 6 euros (TR 4 euros). Notez que le premier mardi de chaque mois, l’entrée du Jeu de Paume est libre pour les étudiants.

Crédits photographiques : Lee Miller Archives, England 2008. All rights reserved. www.leemiller.co.uk

Roy Stuart, l’ambassadeur de l’érotisme moderne

Lundi 6 octobre 2008

 Vendredi 10 octobre 2008, Roy Stuart sera à la librairie Taschen de la rue de Buci, dans le 6ème arrondissement de Paris, de 18h à 20h.

Ce photographe américain résidant à Paris s’est fait connaître dans le milieu de la contre-culture new-yorkaise dès les années 1960. Porte-parole d’une conception non-aseptisée et non-machiste de l’érotisme, il met en scène des femmes qu’il veut libérées, égales des hommes. Son travail s’attache principalement à tenter de cerner au mieux cet «autre » qu’est la Femme.

Roy Stuart V est son cinquième et dernier album, paru chez son éditeur Taschen.

Pour plus d’informations sur son dernier ouvrage, allez sur le blog Art and You