Martin Parr : Objectif monde bien rangé ?

juillet 1, 2009 by yael  
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Le Jeu de paume a verni cette semaine une exposition consacrée à l’univers du photographe anglais Martin Parr. “Planète Parr” nous mettait l’eau à la bouche en nous promettant de voir les coulisses de la chambre noire. Mais les collections de Parr sont trop bien rangées pour laisser filtrer la moindre information sur le processus de création. A voir tout de même, ne serait-ce que pour découvrir les photographe que Parr affectionne et collectionne et les clichés hypnotiques de la série “Luxury”, sur le mauvais goûts des puissants de ce monde…

Avant d’être ce photographe fou que beaucoup d’entre nous ont découvert à la grande rétrospective que lui consacrait la Maison Européenne de la Photographie en 2005, Martin Parr est aussi un collectionneur et un prospecteur de talents. Montée à Munich avec la collaboration de l’artiste lui-même, “Planète Parr” alléchait car l’on pensait que l’on allait pouvoir voir la cuisine du chef, ou les dessous de la création. Dès le mur d’entrée de l’exposition où les cartes postales collectionnées par Parr sont sagement encadrées et bien alignées, l’on comprend que rien ne dépassera de la folie intérieure de l’artiste : ni sensation de folie agglutinante comme à la vision de l’atelier de Francis Bacon ni même soupçon d’une manie méthodique poussée jusqu’à la névrose puisque la quantité des objets collectionnés reste modeste, et calmement montrée sous plexiglas.

Mais l’Å“il du collectionneur est perçant, et la collection de photographies personnelles de Martin Parr gagne à être vue. On y (re)découvre des photographes britanniques qui partagent avec Martin Parr une grande curiosité pour la société anglaise, en noir et blanc, avec les photos des rues populaires de Tony Ray-Jones, les lieux de faits divers immortalisés par Paul Seawright et les paysages métaphysiques de Chris Philipp, les titre percutants de Graham Smith ou en couleur, avec les scènes de fêtes boschiennes de Mark Neville ou les cadres kitchs de Paul Graham. La curiosité de Martin Parr ne s’arrête pas aux limes de la Grande-Bretagne et il détient des photographies de grands noms internationaux (Henri Cartier-Bresson, Gilles Peress, Lee Friedländer, Alec Soth, Massimo Vitali, Karen Knorr, Tom Wood, et Robert Frank dont les “Américains” ont largement inspiré Parr), mais donne aussi à connaître des artistes japonais comme Keizo Kitajima, Rinko Kawauchi, et Asako Nakahashi, ou Sud-Africains David Goldblatt.



Graham Smith, “I thought I saw Liz Taylor, Bob Mitchum in teh backroom of the commercial South bank”

Par ailleurs, l’exposition un peu fourre-tout montre aussi trois séries de l’artiste lui-même, des clichés de son célèbre “Small World” s’étalent dans le jardin des tuileries, à la Yann Arthus Bertrand au Luxembourg, le “Guardian city project” (éàà”) dont les clichés sont parus dans des suppléments du Guardian donne un bel aperçu de dix grandes cilles anglaises, et la très récente série “Luxury” qui montre la jet-set avide de pierres de nourriture et de champagne, sous des chapeaux fous aux champs de course de chantilly, devant des voitures luxueuses, à la Millionaire Fair de Moscou, et noirs et blancs à part égale, dans les gradins hippiques de Durban (Afrique du Sud). Plus calme en apparence, sa photo d’une jeune grand mère allongée avec un bébé dans les bras aux sports d’hiver à Saint-Moritz, en dit en fait plus long sur la cupidité par le simple reflet du soleil dans les lunettes de la riche dame.

Ce cliché éclaire peut-être le caractère bien rangé des collections de Parr, qu’il s’agisse des loufoques plateaux kitchs en plastique bien ordonnés à la verticale du mur dans la cage d’escalier qui lie les deux étages de l’exposition, de montres, de papier toilette, ou d’objets maculés d’effigies politiques semblées sorties de la guerre froide (alors qu’il s’agit en fait bien souvent de Ben Laden, Saddam Hussein ou Bush). Le baroque et la folie du photographes sont peut-être d’autant plus percutants et leur effet d’autant plus durable qu’ils sont encadrés, rationalisés, apparemment prêt à être dégustés sans choc ou scandale. A dix milles lieues des happenings délirants des artistes ouvertement activistes, le petit monde bien rangé de Martin Parr séduit en calme et volupté avant de semer - toujours en douceur - un doute qui ouvre la voie pour une solide critique sociale.

« Planère Parr », jusqu’au 27 septembre 2009, Musée du Jeu de Paume, Place de la Concorde, Paris 1ier, mar-dim 12h-19h, 6 euros (TR 4 euros). Notez que le premier mardi de chaque mois, l’entrée du Jeu de Paume est libre pour les étudiants.

Henri Cartier-Bresson au Musée d’Art Moderne

juin 18, 2009 by Juliette  
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hcbubud-bali-indonesie-1949Du 19 juin au 13 septembre, le Musée d’art moderne de la Ville célèbre le centenaire de la naissance du photographe Henri Cartier-Bresson dans une rétrospective, intitulée L’imaginaire d’après nature, et réunissant soixante-dix photographies déjà exposées ensemble à la fin des années 70.

Dans une ambiance anthracite, les visiteurs scrutent l’histoire au travers du caléidoscope de « l’œil du siècle ». Miroir de notre civilisation, les œuvres de HCB affichées en large format (70 par 90) pointent du doigt guerres, scènes de vie parisienne, vie religieuse italienne ou encore paysages normands. Structurée en quatre thèmes, Premières œuvres, HCB témoin de son temps, HCB photographe de la vie quotidienne et HCB portraitiste, l’exposition impose de l’espace pour laisser le public errer dans son siècle.

Ci contre : Ubud, Bali, Indonésie, 1949 @Henri Cartier-Bresson/Magnum Photos

Profondément marqué par son arrestation et ses évasions pendant la seconde guerre mondiale, le photographe seine-et-marnais a toujours cherché à témoigner de la souffrance et l’Humanité à travers le monde. Cartier-Bresson se plaisait à dire que « le reportage est une opération de la tête, de l’œil et du cœur pour exprimer un problème, fixer un évènement ou des impression ». En effet, cette exposition ressemble à un porte-folio d’émotions ressenties par le modèle, le photographe et le visiteur. L’œuvre intitulée Entr’acte à l’opéra, Glyndebourne, Angleterre (1953) nous laisse ouïr les ré-accords des instruments encore chauds du premier acte ; alors que notre regard saute 10 ans, notre ventre se contracte devant la pression palpable de La visite de De Gaulle, Rouergue, France (1961) pendant les événements tragiques d’Algérie. Chacune des soixante-dix scènes portent son lot de souvenirs, d’histoire et de sentiments. Le quatrième volet de l’exposition dresse le portrait de treize personnalités hétéroclites phares de leur temps. De Matisse à Prévert en passant par le couple Joliot-Curie, HCB sublime la nature de chacun sans voyeurisme ni pudibonderie.hcb-simiane

Dans la dernière salle de l’espace consacré au photographe, le visiteur entre dans l’obscurité d’une salle de cinéma pour visionner un montage dévoilant les quelques prises de vue pour un même sujet puis le choix définitif de l’artiste. Un film muet s’immisçant dans l’esprit du grand Henri Cartier-Bresson, Œil du siècle.

Accrochées à même le mur par un adhésif double face, les œuvres apparaissent proches, simples, s’offrant en sanctuaire d’une époque. En hommage à Cartier-Bresson passionné par les surréalistes, laissons libre court à nos sentiments devant ces clichés tout simplement humains.

Simiane-la-Rotonde, France, 1969 @ Henri Cartier-Bresson/Magnum Photos

Juliette Chain

Henri Cartier-Bresson L’imaginaire d’après nature du 19 juin au 13 septembre 2009 au Musée d’Art moderne de la ville de Paris 11 avenue du Président Wilson 75116 Paris du mardi au dimanche de 10h à 18h noctune le jeudi de 10h à 22h. tarif plein 6€, tarif réduit 4.50€ et jeune 3€

Au même moment au Musée d’Art moderne de la Ville de Paris, L’oeil du critique. Pour lire notre critique justement, cliquez ici

La Maison Européenne de la Photographie propose aussi, et jusqu’au 30 août 2009 une exposition sur HCB. Pour lire notre critique, cliquez ici

Les femmes, ces héros

mai 25, 2009 by Juliette  
Filed under Ciné, Coup de coeur

photo-affiche-jrDes visages, des regards, des portraits placardés sauvagement, la planète s’offrant en galerie pour le projet « Women Are Heroes » coproduit par Juliette Renaud et réalisé par le photographe JR . Ce documentaire de 90 minutes dont la sortie est prévue en 2010 tire son inspiration de femmes rencontrées en Sierra-Leone, au Liberia, au Kenya, au Brésil ou encore en Inde. Seuls points communs de ces madones muses d’un jour : la souffrance, leur courage et leur envie de vivre.

Par des photos shootées avec un objectif 28 millimètres, JR, se définissant lui-même comme un artiviste, sublime ses modèles et dénonce les calvaires vécus par ces « Heroes ». Ses œuvres sont ensuite imprimées sur des bâches pour des photos vues du ciel ou encore sur des affiches qui décorent la ville. Prise de vue la plus marquante : un train paré de photos d’yeux s’unissant au fils de son voyage aux deuxièmes parties de visages, savamment disséminés dans le paysage, afin de reconstituer les portraits complets. La nature se transforme alors en écrin pour une exposition hors norme. L’émotion est palpable.

L’équipe du documentaire, vigilante de ne pas s’imposer auprès de ces âmes meurtries, a

Dans les rue de Rio

Dans les rues de Rio

adopté comme philosophie de s’installer quelques jours avec la population avant de commencer à travailler. Juliette Renaud, productrice entre autres de La Cité des Dieux en 2001 et de Comme t’y es belle en 2005, raconte non sans émotion l’accueil et la générosité dont ils ont été témoins.

Des expositions dans les grandes villes d’Europe – actuellement à Bruxelles – compléteront le documentaire pour sensibiliser les Occidentaux à ces destins de battantes. Une véritable leçon de vie artistique.


TRAILER ” WOMEN ARE HEROES”
par JR

site officiel de « Women Are Heroes »

Juliette Chain grâce au témoignage de Angie

L’esthétisme selon Erwin Olaf

mai 15, 2009 by Vanessa  
Filed under Art contemporain, Expos, Photo

Erwin OlafL’exposition Erwin Olaf ne pouvait pas être montrée dans un meilleur lieu.  L’intérieur luxueux et épuré de l’Institut néerlandais est tout à fait raccord avec l’univers de l’artiste.  Une ambiance de piété, solennelle, tel que le visiteur lui même n’ose élever la voix.

Pour sa première grande exposition en France, le néerlandais Erwin Olaf présente films et photographies de sa nouvelle série “rain, hope, grief end fall“.  “Perfection”, “retenue”, et “solitude” sont sans doute les meilleurs qualificatifs pour décrire cette exposition.

La série photographique dévoile des sujets figés dans des instants de la vie quotidienne, des histoires mystérieuses et  des personnages aux  plastiques irréprochables.

L’espace vidéo, en sous sol,   est sans aucun doute un élément indispensable au succès de cette expo.  L’esthétisme y est poussé à sa perfection.  Ce que l’on retient est l’attitude de grande retenue de ses acteurs.  Dans Wet,  une femme d’une quarantaine d’année  espionne un jeune homme sous sa douche.  Et, quand enfin elle se décide à l’approcher, elle ne fait que l’effleurer, sans jamais passer à l’acte.

Institut néerlandais - 121, rue  de Lille, 75007  Paris / Du mardi au dimanche, de 14h à 19h / de 2 à 4 euros / Jusqu’au 5 juillet 2009 /  Renseignements : 01 53 59 12 40.

L’iPhone nouveau est arrivé

mai 7, 2009 by Jeremy  
Filed under Tendances

A peine plus d’une semaine après qu’Apple eut lançé sa 4e version beta de l’iPhone OS 3.0… la 5e version arrive déjà ! Au premier abord, elle permet d’éviter les virus plus facilement, et pas beaucoup plus. En effet, les nouvelles fonctions disponibles ont déçu les fans

Cette version ne se veut pas novatrice, mais consolide la version précédente. L’occasion pour Apple de faire un coup de pub. La 5e version sera plus simple à utiliser. C’est peut-être la seule nouveauté appréciable, à deux exceptions près.

Les options vedettes sorties avec la dernière version restent disponibles : copier-coller, internet.. Mais de nouvelles techniques de fermeture d’écrans font leur apparition, ainsi qu’une meilleure qualité photo. Outre ces petits arrangements, YouTube a singulièrement amélioré la qualité de ses vidéos. Pour tous. Aujourd’hui, au lieu de les regarder en basse résolution, le concurrent de Dailymotion a livré une version haute résolution qui était auparavant réservée aux utilisateurs du Wi-Fi. C’est donc une nette amélioration.

A part ça, pas grand chose…

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Jérémy Collado

Expo photo Paris-Pékin, vernissage le 9 MAI

mai 6, 2009 by marie  
Filed under Expos, Journée

Ce soir,  Lipao-Huang vernit… Dans la foulée de l’exposition “Marc Riboud et Wu Jia Lin, Regards croisés sur la Chine”, la galerie continue son périple photographique et géographique. Veronique Guerrieri, Alexandre Raykoff, Marc Riboud, Patrick Robert, Diana Lui, Klavdij Sluban vous feront naviguer de Paris à Pékin.

Exposition jusqu’au 23 mai du mar au sam de 13H à 20H, vernissage le 9 mai de 15H à 20H

16 rue Dauphine, Paris 6e, Métro Odéon

Récital de harpe de Nina Maleeva le 16 MAI après midi

galerie PARIS PEKIN

Cliché Henri Cartier-Bresson ? Mon œil !

avril 15, 2009 by marie  
Filed under Photo

Henri Cartier Bresson ne photographie rien. Ou si peu. Des enfants sévillans qui jouent dans les gravas d’un immeuble délabré, un couple d’amoureux profitant des congés payés sur les bords de Seine, un Monsieur au café ou une vieille anglaise qui, sans en avoir l’air, fait dignement sa sieste… Celui que l’écrivain et peintre Henri Michaux appelait “l’oeil se fie des évènements, des images à afficher, des flyers à imprimer, de ce que nous devrions voir et retenir. Il n’a pas de message à faire passer, seulement des moments à saisir, à fixer, à extirper d’une infatigable broyeuse prénommée temps. Saisi, son Giacometti n’est qu’un frêle esquif courant sous une pluie torrentielle, le fier et adulé père de l’existentialisme, le Jean-Paul Sartre de 1949, est relégué sur le côté d’une photo et l’ordre des troupes soviétiques est dérangé par la fleur d’une petite fille.

Toujours dans cette optique de dépasser des clichés, le voyageur-photographe ramène d’URSS, en pleine Guerre froide (milieu des années 50), des photos que les journaux occidentaux s’empressent de divulguer. Jusqu’alors les « gens de l’Ouest » n’avaient de leurs confrères russes que des images de propagande. Dès lors, grâce à HCB, ces occidentaux qui devaient se jucher sur des pylones pour voir au-delà du Mur berlinois découvrent les enfants « pionniers » surveillés par Staline et Lénine.

Avant, le voyageur leur avait montré le couronnement de Georges VI à Londres et la libération des camps ; après, il photographiera l’avènement de la Ve République et Mai 68…. Ou, plus précisément, l’air ahuri d’un Monsieur très bien devant un bien étrange tag : “Jouissez sans entrave”.

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Crédit photo : Henri Cartier Bresson/Magnum Photos. Le Mur, 1962

Sans jamais être « officiel», sans jamais avoir l’air de rien « couvrir », le photographe né en 1908 était partout là où l’Histoire produisait des secousses… La Maison européenne de la Photographie (Paris 4E) qui n’est pas à un an près, fête le centième anniversaire de la naissance. Pour l’occasion, deux thèmes, qui étaient aussi deux des livres d’HCB ont été retenus : Les Européens et Paris.

Henri Cartier-Bresson à vue d’œil, à la Maison Européenne de la Photographie, jusqu’au 30 août 2009, 5/7 rue de Fourcy, Paris 4e Métro Saint Paul de 11h à 20h sauf lundi, mardi et jours feriés, 6,50 euros, TR : 3,50 euros, gratuit tous les mercredi de 17h à 20h

A voir aussi à la MEP jusqu’au 14 juin : G. Uféras, Etat de grâce. Coulisses de théâtres, d’Opéras et de défilés de mode.

Marie Barral

henri cartier bresson

Crédit photo : Henri Cartier Bresson/Magnum Photos, Gitans, 1933

Zac Efron a les oreilles sales

avril 9, 2009 by Sarah  
Filed under People

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Malgré son statut de héros de High School Musical qui est au top de la sexy attitude, l’acteur-chanteur a été pris en photo avec des oreilles très sales.

Faisait-il confiance à ses mêches de cheveux qui les recouvrent en partie pour oublier cette partie de son corps ?

Résultat : lors de la cérémonie des Kids’Choice Awards, des paparazzi lui ont jeté des Coton-Tige …

A noter : La prostitution à l’honneur à l’Odéon

mars 10, 2009 by marie  
Filed under Littérature, Photo

 Les Assises européennes de la prostitution se tiennent au théâtre l’Odéon le 20 mars prochain. L’Odéon pour parler de travailleurs du sexe ? Les organisateurs rappellent que « «depuis la Grèce antique » le théâtre met en lumière (et en scène) les « souterrains de notre société », ce que d’aucuns appeleraient « notre inconscient collectif ».

A la suite des Assises (ouvertes aux professionnels et au public) sera lue, à 18h, un texte de Grisélidis Réal (prostituée et femme de lettres décédée en 2005).

Théâtre de l’Odéon, vendredi 20 mars, lecture à 18h – Grande salle / Entrée libre sur réservation / present.compose@theatre-odeon.fr / 01 44 85 40 44 http://www.theatre-odeon.fr/

Et, jusqu’au 29 mars, aux horaires d’accueil des spectateurs du Soulier de Satin, les visiteurs peuvent admirer les photos de Mathilde Bouvard. A Paris, à Bruxelles, à Budapest, à Amsterdam, à Genève ou à Londres, la photographe a saisi, en noir et blanc, les visages de prostituées. Pour voir quelques unes de ses photos, rendez-vous sur son myspace : cliquez ici.

Expo : “Marc Riboud : L’instinct de l’instant”

mars 2, 2009 by Thomas  
Filed under Coup de coeur, Photo

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Le musée de la Vie romantique consacre une exposition quasi-rétrospective à Marc Riboud, en présentant environ 110 photographies, de ses débuts à aujourd’hui. Grand voyageur et témoin privilégié du monde de ces soixante dernières années, Marc Riboud nous offre une majorité de compositions en noir et blanc, des tirages d’époques, dont la plupart sont inédits.

L’instinct de l’instant, comme l’appelle Marc Riboud, c’est « photographier le plus intensément possible la vie la plus intense ». Rares sont les photographies posées et étudiées. En plan large ou rapproché, il chasse le mouvement, l’émotion, ou encore l’expression d’un visage. Comme un enfant toujours étonné du monde qui l’entoure, il s’empresse de saisir son objectif pour – très paradoxalement – figer le mouvement. Citons, par exemple, la photographie Henri Cartier Bresson, Martine Franck, et Mélanie où il a su saisir à vif l’expression de Bresson et Martine Franck, tous deux émerveillés devant leur petit bambin alerte et hagard.

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Solitaire, indépendant, et curieux, le métier de photographe, souligne Marc Riboud, s’accorde avec sa personnalité. Les prémices de sa carrière professionnelle se font jour lorsqu’il rencontre Henri Cartier Bresson, en 1952. Ce dernier l’introduit aux différents fondateurs de l’agence Magnum, et Robert Capa l’admet au sein de son équipe dès 1953. Une année charnière qui lui vaut, grâce à ses photographies des peintres de la Tour Eiffel, sa première publication dans Life. Aujourd’hui c’est sur une variation de ces premiers tirages (Le Peintre de la Tour Eiffel, Paris, 1953) que s’ouvre l’exposition. Ces derniers sont juxtaposés à sa première photographie, L’homme qui marche, prise à Leeds en 1953.

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Marc Riboud commence son voyage à Leeds donc, le continue à Paris, puis à Cuba, en Inde, au Japon, en Chine, jusqu’en Alaska. Il emprunte tous les chemins qui mènent à l’Autre, témoignant, au passage, des nombreuses crises du siècle de la modernité. Le photographe pose un regard à la fois ironique et mélancolique sur le monde. En dessous de la photographie d’une jeune mariée devant un mur en décomposition (Jeune Mariée, Shangai, 2005), Marc Riboud se permet un commentaire afin de subtilement aiguiser notre oeil à la critique : « Pour construire des nouvelles tours, des ruines apparaissent ». Cependant, il reste témoin, spectateur exercé qui nous offre sa vision des choses. Marc Riboud ne fait d’ailleurs de photos “chocs”, comme on pourrait par exemple le demander à des photo-reporters de guerre. Il retransmet une ambiance, qu’elle soit misérable à Calcutta, ou encore joyeuse et fraternelle lors de la libération de l’Afrique Noire.

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Marc Riboud s’est également adonné à la réalisation de portraits d’hommes politiques, d’artistes, ou encore de ses proches, comme on peut le voir dans la salle basse du musée. Les photos de Churchill, Mao Zedong, Fidel Castro ou Chou En Lai, côtoient celles de Jeanne Moreau, Yves Saint Laurent, ou Helmut Newton en compagnie de sa femme June.

Petite étape poétique en Touraine, avec des photographies de forêts et jardins, de 2000 à 2003, puis l’exposition finit sur la Chine, et les grands travaux qu’elle a entrepris pour accueillir les J.O de Pékin. Des images en couleurs d’un éclat étonnant (Façade en couleur, Pékin, 2005), d’autant plus que quasiment toute l’exposition est en noir et blanc. Comme pour boucler la boucle, la dernière composition est prise à Leeds, en couleurs elle aussi ; peuplée d’ombres et industriellement chargée, elle met un point final parfait à cette rétrospective.

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« Marc Riboud, L’instinct de l’instant, 50 ans de photographie », au musée de la Vie romantique, du 3 mars au 26 juillet 2009. Ouvert tous les jours de 10h à 18h, sauf les lundis et jours fériés.

Tarifs : 7 euros – 5 euros – 3,50 euros. vie-romantique.paris.fr

Thomas Gérard

L’Afrique de Guy Tillim à la fondation Henri Cartier Bresson

février 26, 2009 by marie  
Filed under Coup de coeur, Photo

Le grand photographe sudafricain Guy Tillim est exposé jusqu’au 19 avril à la Fondation Henri Cartier Bresson. Sur ses clichés de Johannesburg (2008), de la RDC ou du Mozambique, des vides et des verres brisés, les oubliés de la décolonisation et des reconstructions post-apartheid… A voir.

 

Le ciel du Jo’burg de Guy Tillim est bas et lourd, pesant comme un couvercle…

 

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Vue de Hillbrow vers le Nord depuis le toit du Mariston Hotel

Pas de place dans cet étau qu’est le centre ville pour les plus déshérités, ceux-là mêmes qui avaient émigrés à la fin de l’apartheid (1991) parce qu’ils voyaient dans la ville re-naissante une issue, tandis que les Blancs, qui prédisaient « l’apocalypse », faisaient le chemin inverse, laissant à leurs agents le soin de collecter les loyers. Aux mains des seuls locataires, les tours sont devenues des « microcosmes anarchiques », leurs cages d’escaliers des « poubelles »… La municipalité a finalement ordonné l’expulsion des locataires devenus « illicites ».

Guy Tillim est passé derrière ces expulsions, a photographié les objets jetés en vrac dans les escaliers et les pièces abandonnées. Il s’est aussi immiscé dans les intérieurs encore habités, dans des chambres aux murs délabrés, dans des lieux où le temps semble narguer les habitants en prenant un malin plaisir à s’étirer indéfiniment.

 

 

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Yonela Kmaza, Grafton Road, Yeoville

 

 

 

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Vue d’un appartement de Jeanwell House donnant sur l’intersection des rues Nugget et Pritchard

C’est peut-être pour tenter de faire face à ce temps provocateur que Mbulelo a ouvert chez lui un « bar »… L’”enseigne” n’a pour justifier son appellation que quelques bouteilles de bière traînant par terre… Sur ces photos de bar comme sur les autres clichés, règne un silence assourdissant… Comme si, qu’il soit à Jo’Burg, à Antsiranana (Madagscar) ou à Maputo (Mozambique), Guy Tillim avait saisi l’Afrique à l’heure de la sieste. En dépit de la présence d’archives croulantes, les bureaux d’administrations sont vides, les bureaux troués. Et dans les rues, gisent des statues déboulonnées, cadavres de l’époque coloniale que les musées n’ont pas encore ramassés.

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Dactylos, Hôtel de Ville, Likasi, RD Congo, 2007 

Le calme de ces clichés est troublé par quelques photos de lycée (Lubumbashi, RDC) et surtout par la série prise lors des élections législatives du Congo en 2006, premières élections libres dans le pays en 40 ans. Les images, qui n’avaient pu être diffusées dans la foulée des évènements, avaient été publiés en juillet 2007 par le quotidien indépendant Le Phare. « Pour un Congo Uni, fort et prospère, je vote Joseph Kabila » lit-on à côté de la photo en flammes du candidat…

Guy Tillim, Jo’burg/ Avenue Patrice Lumumba, jusqu’au 19 avril 2009, à la Fondation HCB, 2, impasse Lebouis, Paris 14e, 01 56 80 27 03. du mardi au dim de 13h à 18h30, plein tarif 6 euros, TR : 3 euros. Entrée libre le mercredi de 18h30 à 20h30 (derniers billets remis à 20h). Métro Gaîté ou Edgar Quinet.

 

MB

Jeu de Paume : Pull my daisy, quand la beat generation dîne avec un archevêque

janvier 22, 2009 by marie  
Filed under Expos, Photo

Le photographe suisse Robert Frank est exposé actuellement au Jeu de Paume. Au menu : la série de photos qui fit son célèbre livre Les Américains, des clichés du Paris des années 50 et le film Pull my daisy… Quand la communauté beatnik dîne avec un archevêque…

Les Américains paraît en France en 1958 et peu après aux Etats-Unis accompagné d’un texte de Jack Kerouac. La critique salue l’ouvrage, le public américain moins. Et pour cause : le photographe suisse présente les Etats-Unis de profil, coupe les fronts et les drapeaux des Américains, montre les cimetières, les pissotières, les infirmières… : « Robert Frank a saisi […] avec l’agilité, le génie, le mystère, la tristesse et l’étrange discrétion d’une ombre des scènes qu’on avait encore jamais vu sur pellicule » disait Jack Kerouac.

Alors qu’il était installé à New-York, Robert Franck est parti photographier Paris. Le contraste entre les Etats-Unis et la capitale française est, sur ses clichés, saisissant. Alors qu’aux USA, Robert Frank s’est approché au plus près des visages, qu’il y a filmé le grain des peaux, le mouvement des étoffes et l’acier brillant des voitures, ses scènes parisiennes semblent plus lointaines, presque irréelles. A côté de Détroit, de NYC ou d’Hollywood, Paris apparait toute calme, drapée de brouillard ou de neige ; dans ses rues les automobiles sont bien plus rares, les figures lointaines, les routes pavées. Ces clichés du « poète tragique » font penser à ceux de Simone Weiss, elle-aussi d’origine suisse.

Entre les Américains et les Parisiens, une chambre obscure où est présentée Pull My Daisy (1959). L’idée de ce film lui serait venue d’une anecdote de Neal Cassady, auteur de la beat generation. Cassady raconte qu’il a un jour reçu chez lui la visite d’un vicaire accompagné de sa mère et de sa sÅ“ur. Choc de deux mondes : la communauté beatnik et la communauté catholique. L’histoire fait le tour du pays, arrive aux oreilles de Kerouac qui collecte des fonds et rédige un script que Robert Frank adapte à l’écran. Le titre, Pull my daisy est tiré d’un poème de Kerouac ( “Pull my daisy, tip my cup, all my doors are open…“) et la voix off est aussi celle de l’écrivain : au fur et à mesure de son visionnage, il a commenté l’œuvre, au départ muette. Comme si, par sa voix, il la créait de toute pièce… Au final, sur l’écran, une soirée hilarante où cohabitent des poètes bien imbibés de bière et un jeune archevêque qui, coûte que coûte, tente de répondre à leurs questions sur « le sacré » tandis que sa prude sÅ“ur rabaisse sa jupe d’un air gêné. « I’m a catholic, not a beatnik » disait Kerouac se moquant ainsi du nom qu’il avait lui-même donné au mouvement.

A voir aussi au Jeu de Paume : les photos de Sophie Ristelhueber. Femmes cicatrisées, Beyrouth dévastée et trous d’obus dans le désert. Avec en exergue de l’exposition, un extrait de De la nature de Lucrèce : “[...] Que si les vents reprenaient haleine, nulle force ne pourrait arrêter la chute des choses [...]“.

Robert Frank, au Jeu de Paume, jusqu’au 22 mars 2009, 1 place du Jeu de Paume, Paris 8e, 01 47 03 12 50 Mardi (nocturne) : 12h à 21h  Mercredi à vendredi : 12h à 19h Samedi et dimanche : 10h à 19h
Fermeture le lundi
Entrée : 7 € Tarif réduit : 4 €
Les “mardis jeunes” : entrée gratuite pour les étudiants et les moins de 26 ans le dernier mardi de chaque mois, de 17h à 21h

 

Crédit photo : 2008, Robert Frank

Bettie Page: la mort d’une icône

décembre 12, 2008 by Anne Laure  
Filed under Photo

bettie Page

Bettie Page icône des strip teaseuses, grande contributrice à la « révolution sexuelle » des années 60 s’est éteinte à 85 ans d’une pneumonie. Read more

Novembre sourit sur la photo

novembre 12, 2008 by Annabel  
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mois de la photo Le Mois de la Photo a ouvert ses portes à Paris et durera jusqu’au 30 novembre. Son thème ? La photographie européenne, entre tradition et mutation. Plus de 90 expositions sont proposées, accompagnées de débats et de rencontres étonnantes. Ajoutons à ce savoureux mélange un festival Off qui entend bousculer les conventions, ainsi que le Salon de la photo, porte de Versailles et le salon Paris Photo, au Carrousel du Louvre et le mois de novembre se conjugue au positif.Tous les grands festivals d’art ont leur facette OFF. Idem pour le Mois de la photo à Paris qui, grâce au « OFF », propose des alternatives au programme officiel. Disparu depuis une dizaine d’année, il a refait surface en 2006 et a remporté beaucoup de succès parce qu’il s’est voulu plus jeune, plus dynamique, plus accessible et moins conventionnel que le festival officiel. Il s’opère dans des lieux les plus insolites possibles comme un jardin, un hôtel, des boutiques de mode ainsi qu’une station de métro. Au menu, quantité de vernissages, rencontres, projections et soirées. Voir le calendrier complet à l’adresse suivante : http://www.moisdelaphoto-off.org/2008/calendrier.html#13, avec un événement à ne pas rater à la mairie du 3e le 18 novembre, une jolie expo dédiée à la mer, la plage et les chemins qui y mènent (2 rue Eugène Spuller, métro Temple ou Filles du calvaire).

Le Mois de la Photo explore tout de même des univers parfois peu conventionnels. Ainsi, des animations et des expériences inédites sont proposées comme de se faire photographier avec un inconnu sous la forme d’une photo d’identité. Ça se passe au Marché des enfants rouges, 35-37 rue Charlot dans le 3e, du lundi au samedi de 13h à 19h, jusqu’au 29 novembre.
Par ailleurs, pour les apprentis photographes, lectures de port-folios par des professionnels, très utiles en cas de recherche de contacts et d’avis. Rendez-vous de 20 minutes avec au choix un directeur de festival, un directeur d’institution, un éditeur, ou un critique.
-    Salle des Fêtes de la Mairie du 4e arrondissement, 2 place Baudoyer. Métro : Hôtel de Ville, le vendredi 14 et le samedi 15 novembre, de 10h à 13h30 et de 14h30 à 18h.
-    Sur le festival OFF, rendez-vous le samedi 15 et dimanche 16 novembre de 14h à 18h, à la Cartonnerie, 12 rue Deguerry, 11e, M° Saint Maur ou Parmentier.

Pour les accros des musées : 5 conférences d’une heure et demi à la Maison Européenne de la Photographie (5 rue Fourcy, 4e, métro Saint-Paul) relatant l’histoire des collections de chacun des 5 musées choisis : Charleroi, le 14 novembre à 14h30, Thessalonique, le 15 novembre à 15h, l’Elysée, le 15 novembre à 16h30, Nicéphore Niepce le 26 novembre à 15h et Carnavalet le 27 novembre à 18h.

L’Europe à l’honneur. Expos à ne pas manquer :
-    Europe Année Zéro au Bureau central des recherches, 5 rue de la Banque, 2e.
-    Transmigration, quatre photographes mexicains en Europe, Instituto de Mexico, 119 rue Vieille du Temple, 3e.
-    Europe, échelle 27, Cité Internationale des Arts, 18 rue de l’Hotel de Ville, 4e, accompagnée de l’expo de Xavier Lambours, XElles27.
-    Gens de Terre, la nouvelle Europe, Atelier Demi-teinte, 8 rue Mayran, 9e.
-    Clark et Pougnaud, Etrange Europe, Foyer des lycéennes, résidence Jean-Zau, 10 rue du Docteur Blanche, 16e.
-    Quinze apprentis photographes de l’école Louis Lumière donnent leur manière de « voir » l’Europe. Maison des initiatives étudiantes, 50 rue des Tournelles dans le 3e, du lundi au vendredi de 14h à 21h et le samedi de 14h à 19h, jusqu’au 22 novembre.
-    Sur le OFF : Quinze artistes laissent circuler leur regard sur cette Europe en pleine mutation. La création d’une Europe unie et homogène a contribué à rationaliser les cultures. Pourtant, la diversité des images proposées rend compte d’une richesse culturelle encore bien présente. Du 4/11 au 29/11, du mardi au vendredi de 12h à 19h, samedi et dimanche de 10h à 20h. Fermé le lundi. 12 rue Deguerry, 11e, M° Saint Maur ou Parmentier


-    Focus sur l’Italie à l’Istituto Italiano di Cultura, 50 rue de Varenne, 7e, métro Sèvres-Babylone avec 3 conférences : un dialogue entre Mimmo Jodice et Jean-Luc Monterosso le 14 novembre à 18h, un état des lieux de la scène photographique italienne le 17 novembre de 11h à 13h et de 15h à 17h, et enfin, une table ronde sur l’achitecture, la ville et la photographie, le 19 novembre à 18h.A ne pas manquer non plus pour les adeptes des photo-reportages :
- Le Prix Warwick Evasion à l’hotel Warwick Champs Elysées, 5 rue de Berry, métro George V, prix qui récompense le reportage photo synonyme d’évasion et de plaisir.
- Le Prix Paris Match à la maison européenne de la photographie, 5 rue de Fourcy, 4e, métro Saint-Paul. Prix qui salue les grands reporters qui vivent l’actualité au plus près des événements.

Paris Photo, autre salon de la photo, ouvre ses portes au Carrousel du Louvre du 13 au 16 novembre et met le Japon à l’honneur. Paris Photo est considéré par la profession comme le premier rendez-vous mondial pour la photographie du 19e, Moderne et Contemporaine. A noter, la sélection des photos accorde, pour une fois, une place de choix à l’Asie. Au total, plus de 500 photographes seront présentés avec un travail réunissant le meilleur des expressions photographiques.

Les férus de photo pourront même faire un saut à la Porte de Versailles pour admirer les tout derniers modèles d’appareils reflex, présentés au Salon de la Photo, du 13 au 17 novembre.

Hommage à un grand reporter à la MEP : Göskin Sipahiologlu

novembre 10, 2008 by marie  
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Göskin SipahiologluGuerre civile à Djibouti, barricades de Mai 68 à Paris, dernier grand défilé communiste à Pékin, le reporter d’origine turque Göskin Sipahiologlu fut sur tous les fronts. La Maison européenne de la Photographie lui rend hommage jusqu’au 25 janvier 2009.

 

  Göskin Sipahiologlu  fut partout… Partout le “premier“, bien des fois le « seul »… Le mot revient sans cesse dans les commentaires de ses photos exposées à la Maison Européenne de la Photographie. Né en 1926 à Izmir, il découvrit le journalisme très tôt, à 12 ans, à l’occasion d’une enquête sur les souterrains d’Istanbul. Dès ce moment, de journaux en photos, de voyages en reportages, de photos de stars à l’agence photographique qu’il fondit, SIPA, M. Sipahiologlu n’a jamais cessé  de lâcher l’objectif.

L’exposition s’ouvre avec une de ses « premières photos de journalistes », un de ses premiers scoops aussi, celui des militaires égyptiens agonisant à la suite de la campagne militaire israélienne dans le Sinaï, en 1956. Göskin Sipahiologlu fut le premier à couvrir ce conflit de manière aussi audacieuse, comme il fut le premier, en 1961, à se rendre comme photographe dans l’Albanie communiste (sous le régime d’ Enver Hoxha, de 1945 à 1990, le pays fut coupé du monde). A Cuba, durant la crise des missiles, ce fut le seul journaliste occidental à ne pas s’être fait arrêté ou surveillé : c’était sous la couverture d’un matelot qu’il prenait ses photos, notamment celle de cette jeune femme tenant la garde devant une banque : 

cuba

Cuba, Cambodge, Djibouti, Chine… tandis que les deux superpuissances se narguent froidement, les armes fleurissent. En Chine communiste, elles sont portées par les étudiantes qui s’entraînent à viser « l’ennemi », les Etats-Unis. Au Cambodge, au moment de la prise du pouvoir par les Kmers Rouges, les enfants les portent en jouant avec des voitures. En 1966, c’est sur un théâtre d’opération un peu plus calme que le journaliste du grand quotidien turc Hürriyet fut envoyé : la France. La belle parisienne offrira au coureur de scoops la possibilité de grands clichés : Mai 68 est lancé, Göskin Sipahiologlu mitraille les CRS, les étudiantes blessées et les écoliers qui passent par les barricades pour se rendre en classe. Et, alors que tous les journalistes se pressent dans une Sorbonne bondée pour le discours de Cohn Bendit, le photographe se faufile, appelle le leader qui se retourne, et clic… : Cohn Bendit devant des milliers d’étudiants, une photo inédite ! En 1970 en Chine, Göskin Sipahiologlu fut aussi le seul reporter étranger à avoir pu admirer les répétitions de ce qui allait être le dernier grand défilé de la Chine communiste : danseuses, armée, fenouils géants, « Ce fut grandiose ! » s’exclame-t-il.

L’exposition se termine par la photographie d’une vieille femme chinoise se tenant collée à un arbre. « C’est une de mes photos préférées» écrit celui qui avait traqué les grands fastes, les affreuses scènes de guerre et fait jouer les paparrazi à ses photographes de SEPA.

djibouti

Maison Européenne de la Photographie, Jusqu’au 25 janvier 2009, 5/7 rue de Fourcy, Paris 4e, Métro Saint Paul ou Pont Marie, ouvert du merc au dim de 11h à 19h45, Tarif : 6 euros, TR : 3 euros, gratuit tous les mercredis dès 17h.

 

Marie Barral

 

3 expos new-yorkaises : Kirchner, Morandi et Opie

novembre 4, 2008 by yael  
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OPieA l’heure h où tous les yeux sont rivés de l’autre côté de l’Atlantique, petite revue des trois expos phares en ce moment à New York : l’expressionniste allemand Ludwig Kirchner au Moma, le peintre Italien Morandi au Met et la surprenante photographe Catherine Opie au Guggenheim.

Kirchnerand the Berlin Street au MOMA

Le peintre expressioniste allemand Ludwig Kirchner a dit de son art : “Il semble que l’objet de mon travail ait toujours été de me dissoudre entièrement dans les sensations des alentours afin d’intégrer cette impression dans une forme de peinture”. C’est dans l’ambiance industrielle du Berlin d’avant et après la Première guerre mondiale que se dissout le visiteur de “Kirchner and the Berlin street”. Très bien expliquées les toiles colorées et néanmoins sombres de Kirchner plongent les Newyorkais dans le “Berlin Alexanderplatz” d’Alfred Döblin. 14 grandes toiles du maîtres, venues de Rome, Stuttagart, et bien sûr la Neue Galerie de Berlin ont été réunies au MOMA, parmi lesquelles une des deux illustres “Potsdamer Platz”, avec ses prostituées à la grace grimaçantes d’oiseaux morts.

Jusqu’au 10 novembre, MOMA, 11 West 53 Street, between Fifth and Sixth avenues, New-York.

Morandi, une rétrospective au Metropolitan Museum.
ome

Le Métropolitan Museum dédie cet automne une grande rétropspective au peintre italien Giiorgio Morandi. Cjronologique et exhaustive, cette exposition permet de dcouvre d’autres Moorandi que celui des vases blancs. On comprend combien Seurat et Cézanne ont pu influencer le peintre italien et comment son désir de se retirer à la campagne pour peindre des coquillages blancs en pleine guerre en Italie est un geste plus fort que le simple goût de l’objet pour l’objet.

Ses autoportraits sont tous de styles très différents. Le premier, à l’entrée, très épuré, avec au dos un cactus est saisissant. Enfin, les dernières aquarelles, de peinture brune et noire sur fond blanc ont le minimalisme touchant d’un Tal Coat ou presque - à dimensions réduites- d’un Soulages.

Jusqu’au 14 décembre, Metropolitan Museum of Art, 1000 Fifth Avenue at 82nd Street
New York.

Catherine Opie au Guggenheim
Le Gugenheim ouvre 4 étages de ses annexes à la photographe Catherine Opie. Sous titrée “American Photogra^her”, cette rétrospective de mi-parcours donne bien à travers l’art de Catherine Opie un aperçu de mille visages de l’Amérique.  Saisissant aussi bien  des  paysages en noir et blanc (notamment des autoroutes dans sa série graphique et poétique “freeways” (1994-1995) que des scènes de la vie quotidienne autour de sa maison californienne (Around home, dernier travail en cours), Catherine Opie marque surtout comme portraitiste des marges : couples lesbiens dans “Domestic” (1995-1998) , des portraits sur fond colorés de transexuels, ou bien son propre autoportrait, en pervers SM ou en mère nourricière. Cette mise à nu d’une pudeur violente de milieux marginaux n’est pas sans rappeler le travail de Nan Goldin. Avec peut-être une certaiine grandiloquence quasi-symboliste. Par exemple, sur fond rouge, l’autoportrait en mère nourricière, où en plus de chaque grain de la peau et du moiré du rideau, des tatouages apparaissent en transparence sur la peau du cou, fait fortement penser aux héroïnes de Gustave Moreau. Enfin, avec sa série Aids, avec l’acteur Ron Athey, séropositif depuis 10 ans, cette esthétique de Saint Sébastien aux seringues atteint son paroxysme. Le beau est bizarre, et surtout un tour de force technique puisque les clichés sont d’immenses polaroids, grandeur nature. Enfin, surprenants, ses “surfeurs” et ses “Icehouses” semblent disparaître dans la grandeur du paysage ou de l’eau, donnant une portée presque abstraite à ses clichés du contemporain américain. L’art de Catherine Opie est à découvrir d’urgence.

Jusqu’au 7 janvier, “Catherine Opie, American photographer”, Guggenheim Museum, 1071 5th Avenue, at 89th street, New-York.

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