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Novembre sourit sur la photo

Mercredi 12 novembre 2008
12 novembre 2008au30 novembre 2008

mois de la photo Le Mois de la Photo a ouvert ses portes à Paris et durera jusqu’au 30 novembre. Son thème ? La photographie européenne, entre tradition et mutation. Plus de 90 expositions sont proposées, accompagnées de débats et de rencontres étonnantes. Ajoutons à ce savoureux mélange un festival Off qui entend bousculer les conventions, ainsi que le Salon de la photo, porte de Versailles et le salon Paris Photo, au Carrousel du Louvre et le mois de novembre se conjugue au positif.Tous les grands festivals d’art ont leur facette OFF. Idem pour le Mois de la photo à Paris qui, grâce au « OFF », propose des alternatives au programme officiel. Disparu depuis une dizaine d’année, il a refait surface en 2006 et a remporté beaucoup de succès parce qu’il s’est voulu plus jeune, plus dynamique, plus accessible et moins conventionnel que le festival officiel. Il s’opère dans des lieux les plus insolites possibles comme un jardin, un hôtel, des boutiques de mode ainsi qu’une station de métro. Au menu, quantité de vernissages, rencontres, projections et soirées. Voir le calendrier complet à l’adresse suivante : http://www.moisdelaphoto-off.org/2008/calendrier.html#13, avec un événement à ne pas rater à la mairie du 3e le 18 novembre, une jolie expo dédiée à la mer, la plage et les chemins qui y mènent (2 rue Eugène Spuller, métro Temple ou Filles du calvaire).

Le Mois de la Photo explore tout de même des univers parfois peu conventionnels. Ainsi, des animations et des expériences inédites sont proposées comme de se faire photographier avec un inconnu sous la forme d’une photo d’identité. Ça se passe au Marché des enfants rouges, 35-37 rue Charlot dans le 3e, du lundi au samedi de 13h à 19h, jusqu’au 29 novembre.
Par ailleurs, pour les apprentis photographes, lectures de port-folios par des professionnels, très utiles en cas de recherche de contacts et d’avis. Rendez-vous de 20 minutes avec au choix un directeur de festival, un directeur d’institution, un éditeur, ou un critique.
-    Salle des Fêtes de la Mairie du 4e arrondissement, 2 place Baudoyer. Métro : Hôtel de Ville, le vendredi 14 et le samedi 15 novembre, de 10h à 13h30 et de 14h30 à 18h.
-    Sur le festival OFF, rendez-vous le samedi 15 et dimanche 16 novembre de 14h à 18h, à la Cartonnerie, 12 rue Deguerry, 11e, M° Saint Maur ou Parmentier.

Pour les accros des musées : 5 conférences d’une heure et demi à la Maison Européenne de la Photographie (5 rue Fourcy, 4e, métro Saint-Paul) relatant l’histoire des collections de chacun des 5 musées choisis : Charleroi, le 14 novembre à 14h30, Thessalonique, le 15 novembre à 15h, l’Elysée, le 15 novembre à 16h30, Nicéphore Niepce le 26 novembre à 15h et Carnavalet le 27 novembre à 18h.

L’Europe à l’honneur. Expos à ne pas manquer :
-    Europe Année Zéro au Bureau central des recherches, 5 rue de la Banque, 2e.
-    Transmigration, quatre photographes mexicains en Europe, Instituto de Mexico, 119 rue Vieille du Temple, 3e.
-    Europe, échelle 27, Cité Internationale des Arts, 18 rue de l’Hotel de Ville, 4e, accompagnée de l’expo de Xavier Lambours, XElles27.
-    Gens de Terre, la nouvelle Europe, Atelier Demi-teinte, 8 rue Mayran, 9e.
-    Clark et Pougnaud, Etrange Europe, Foyer des lycéennes, résidence Jean-Zau, 10 rue du Docteur Blanche, 16e.
-    Quinze apprentis photographes de l’école Louis Lumière donnent leur manière de « voir » l’Europe. Maison des initiatives étudiantes, 50 rue des Tournelles dans le 3e, du lundi au vendredi de 14h à 21h et le samedi de 14h à 19h, jusqu’au 22 novembre.
-    Sur le OFF : Quinze artistes laissent circuler leur regard sur cette Europe en pleine mutation. La création d’une Europe unie et homogène a contribué à rationaliser les cultures. Pourtant, la diversité des images proposées rend compte d’une richesse culturelle encore bien présente. Du 4/11 au 29/11, du mardi au vendredi de 12h à 19h, samedi et dimanche de 10h à 20h. Fermé le lundi. 12 rue Deguerry, 11e, M° Saint Maur ou Parmentier

 

 

 


-    Focus sur l’Italie à l’Istituto Italiano di Cultura, 50 rue de Varenne, 7e, métro Sèvres-Babylone avec 3 conférences : un dialogue entre Mimmo Jodice et Jean-Luc Monterosso le 14 novembre à 18h, un état des lieux de la scène photographique italienne le 17 novembre de 11h à 13h et de 15h à 17h, et enfin, une table ronde sur l’achitecture, la ville et la photographie, le 19 novembre à 18h.A ne pas manquer non plus pour les adeptes des photo-reportages :
- Le Prix Warwick Evasion à l’hotel Warwick Champs Elysées, 5 rue de Berry, métro George V, prix qui récompense le reportage photo synonyme d’évasion et de plaisir.
- Le Prix Paris Match à la maison européenne de la photographie, 5 rue de Fourcy, 4e, métro Saint-Paul. Prix qui salue les grands reporters qui vivent l’actualité au plus près des événements.

Paris Photo, autre salon de la photo, ouvre ses portes au Carrousel du Louvre du 13 au 16 novembre et met le Japon à l’honneur. Paris Photo est considéré par la profession comme le premier rendez-vous mondial pour la photographie du 19e, Moderne et Contemporaine. A noter, la sélection des photos accorde, pour une fois, une place de choix à l’Asie. Au total, plus de 500 photographes seront présentés avec un travail réunissant le meilleur des expressions photographiques.

Les férus de photo pourront même faire un saut à la Porte de Versailles pour admirer les tout derniers modèles d’appareils reflex, présentés au Salon de la Photo, du 13 au 17 novembre.

 

 

 

Hommage à un grand reporter à la MEP : Göskin Sipahiologlu

Lundi 10 novembre 2008
25 janvier 2008
19:00

Göskin SipahiologluGuerre civile à Djibouti, barricades de Mai 68 à Paris, dernier grand défilé communiste à Pékin, le reporter d’origine turque Göskin Sipahiologlu fut sur tous les fronts. La Maison européenne de la Photographie lui rend hommage jusqu’au 25 janvier 2009.

 

  Göskin Sipahiologlu  fut partout… Partout le “premier“, bien des fois le « seul »… Le mot revient sans cesse dans les commentaires de ses photos exposées à la Maison Européenne de la Photographie. Né en 1926 à Izmir, il découvrit le journalisme très tôt, à 12 ans, à l’occasion d’une enquête sur les souterrains d’Istanbul. Dès ce moment, de journaux en photos, de voyages en reportages, de photos de stars à l’agence photographique qu’il fondit, SIPA, M. Sipahiologlu n’a jamais cessé  de lâcher l’objectif.

L’exposition s’ouvre avec une de ses « premières photos de journalistes », un de ses premiers scoops aussi, celui des militaires égyptiens agonisant à la suite de la campagne militaire israélienne dans le Sinaï, en 1956. Göskin Sipahiologlu fut le premier à couvrir ce conflit de manière aussi audacieuse, comme il fut le premier, en 1961, à se rendre comme photographe dans l’Albanie communiste (sous le régime d’ Enver Hoxha, de 1945 à 1990, le pays fut coupé du monde). A Cuba, durant la crise des missiles, ce fut le seul journaliste occidental à ne pas s’être fait arrêté ou surveillé : c’était sous la couverture d’un matelot qu’il prenait ses photos, notamment celle de cette jeune femme tenant la garde devant une banque : 

cuba

Cuba, Cambodge, Djibouti, Chine… tandis que les deux superpuissances se narguent froidement, les armes fleurissent. En Chine communiste, elles sont portées par les étudiantes qui s’entraînent à viser « l’ennemi », les Etats-Unis. Au Cambodge, au moment de la prise du pouvoir par les Kmers Rouges, les enfants les portent en jouant avec des voitures. En 1966, c’est sur un théâtre d’opération un peu plus calme que le journaliste du grand quotidien turc Hürriyet fut envoyé : la France. La belle parisienne offrira au coureur de scoops la possibilité de grands clichés : Mai 68 est lancé, Göskin Sipahiologlu mitraille les CRS, les étudiantes blessées et les écoliers qui passent par les barricades pour se rendre en classe. Et, alors que tous les journalistes se pressent dans une Sorbonne bondée pour le discours de Cohn Bendit, le photographe se faufile, appelle le leader qui se retourne, et clic… : Cohn Bendit devant des milliers d’étudiants, une photo inédite ! En 1970 en Chine, Göskin Sipahiologlu fut aussi le seul reporter étranger à avoir pu admirer les répétitions de ce qui allait être le dernier grand défilé de la Chine communiste : danseuses, armée, fenouils géants, « Ce fut grandiose ! » s’exclame-t-il.

L’exposition se termine par la photographie d’une vieille femme chinoise se tenant collée à un arbre. « C’est une de mes photos préférées» écrit celui qui avait traqué les grands fastes, les affreuses scènes de guerre et fait jouer les paparrazi à ses photographes de SEPA.

djibouti

Maison Européenne de la Photographie, Jusqu’au 25 janvier 2009, 5/7 rue de Fourcy, Paris 4e, Métro Saint Paul ou Pont Marie, ouvert du merc au dim de 11h à 19h45, Tarif : 6 euros, TR : 3 euros, gratuit tous les mercredis dès 17h.

 

Marie Barral

 

3 expos new-yorkaises : Kirchner, Morandi et Opie

Mardi 4 novembre 2008

OPieA l’heure h où tous les yeux sont rivés de l’autre côté de l’Atlantique, petite revue des trois expos phares en ce moment à New York : l’expressionniste allemand Ludwig Kirchner au Moma, le peintre Italien Morandi au Met et la surprenante photographe Catherine Opie au Guggenheim.

Kirchnerand the Berlin Street au MOMA

Le peintre expressioniste allemand Ludwig Kirchner a dit de son art : “Il semble que l’objet de mon travail ait toujours été de me dissoudre entièrement dans les sensations des alentours afin d’intégrer cette impression dans une forme de peinture”. C’est dans l’ambiance industrielle du Berlin d’avant et après la Première guerre mondiale que se dissout le visiteur de “Kirchner and the Berlin street”. Très bien expliquées les toiles colorées et néanmoins sombres de Kirchner plongent les Newyorkais dans le “Berlin Alexanderplatz” d’Alfred Döblin. 14 grandes toiles du maîtres, venues de Rome, Stuttagart, et bien sûr la Neue Galerie de Berlin ont été réunies au MOMA, parmi lesquelles une des deux illustres “Potsdamer Platz”, avec ses prostituées à la grace grimaçantes d’oiseaux morts.

Jusqu’au 10 novembre, MOMA, 11 West 53 Street, between Fifth and Sixth avenues, New-York.

Morandi, une rétrospective au Metropolitan Museum.
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Le Métropolitan Museum dédie cet automne une grande rétropspective au peintre italien Giiorgio Morandi. Cjronologique et exhaustive, cette exposition permet de dcouvre d’autres Moorandi que celui des vases blancs. On comprend combien Seurat et Cézanne ont pu influencer le peintre italien et comment son désir de se retirer à la campagne pour peindre des coquillages blancs en pleine guerre en Italie est un geste plus fort que le simple goût de l’objet pour l’objet.

Ses autoportraits sont tous de styles très différents. Le premier, à l’entrée, très épuré, avec au dos un cactus est saisissant. Enfin, les dernières aquarelles, de peinture brune et noire sur fond blanc ont le minimalisme touchant d’un Tal Coat ou presque - à dimensions réduites- d’un Soulages.

Jusqu’au 14 décembre, Metropolitan Museum of Art, 1000 Fifth Avenue at 82nd Street
New York.

Catherine Opie au Guggenheim
Le Gugenheim ouvre 4 étages de ses annexes à la photographe Catherine Opie. Sous titrée “American Photogra^her”, cette rétrospective de mi-parcours donne bien à travers l’art de Catherine Opie un aperçu de mille visages de l’Amérique.  Saisissant aussi bien  des  paysages en noir et blanc (notamment des autoroutes dans sa série graphique et poétique “freeways” (1994-1995) que des scènes de la vie quotidienne autour de sa maison californienne (Around home, dernier travail en cours), Catherine Opie marque surtout comme portraitiste des marges : couples lesbiens dans “Domestic” (1995-1998) , des portraits sur fond colorés de transexuels, ou bien son propre autoportrait, en pervers SM ou en mère nourricière. Cette mise à nu d’une pudeur violente de milieux marginaux n’est pas sans rappeler le travail de Nan Goldin. Avec peut-être une certaiine grandiloquence quasi-symboliste. Par exemple, sur fond rouge, l’autoportrait en mère nourricière, où en plus de chaque grain de la peau et du moiré du rideau, des tatouages apparaissent en transparence sur la peau du cou, fait fortement penser aux héroïnes de Gustave Moreau. Enfin, avec sa série Aids, avec l’acteur Ron Athey, séropositif depuis 10 ans, cette esthétique de Saint Sébastien aux seringues atteint son paroxysme. Le beau est bizarre, et surtout un tour de force technique puisque les clichés sont d’immenses polaroids, grandeur nature. Enfin, surprenants, ses “surfeurs” et ses “Icehouses” semblent disparaître dans la grandeur du paysage ou de l’eau, donnant une portée presque abstraite à ses clichés du contemporain américain. L’art de Catherine Opie est à découvrir d’urgence.

Jusqu’au 7 janvier, “Catherine Opie, American photographer”, Guggenheim Museum, 1071 5th Avenue, at 89th street, New-York.

Photo : Lee Miller au Jeu de paume, par-delà l’objectif

Dimanche 26 octobre 2008

Le Jeu de Paume nous offre en ce moment de très belles expositions de « classiques » de la photo. Après le fleuve exhaustif du travail de Richard Avedon, au printemps dernier, c’est au tour de Lee Miller de faire l’objet d’une rétrospective. Un parcours envoûtant où l’on suit la mannequin-photographe des deux côtés de l’objectif.

C’est avec infiniment de tact et de rigueur que le Jeu de Paume s’attaque au Mythe de Lee Miller. Dans le cadre du mois de la photographie à Paris, l’exposition nous vient tout droit du Victoria and Albert museum de Londres, où sont conservées les Lee Miller archives et montre150 photographies de Lee Miller. Le Jeu de Paume a complété les clichés venus de Londres par le film de Cocteau, « Le sang d’un poète » et de quelques collages, sans jamais s’appesantir sur la vie tumultueuse et fascinante de la photographe (Le viol à 7 ans, les divers maris etc…). C’est bien son « Art » qui est mis à l’honneur comme l’annonce le titre de l’exposition. Née sur la côte est des Etats-Unis, Elizabeth Miller était d’une beauté hitchockienne. Elle fut donc la Muse de nombreux artistes, de son père, photographe amateur, à Cocteau, qui la fait jouer dans son film « le sang d’un poète » en 1931, en passant par Man Ray dont elle fut la maîtresse lors de son séjour parisien au début des années 1930.

Mannequin vedette de Vogue à New-York dont elle fait la couverture en 1927, la blonde mystérieuse préfère « prendre une photo qu’en être une », et développe son propre art de la photographie. Si elle puise sa technique chez Man Ray (notamment le processus de solarisation, qui consiste à inverser le noir et le blanc par une surexposition), ses photos racontent toutes une histoire. Les femmes célèbres (Dora Maar, Dorothy Hill, Gertrud Lawrence…) dont Lee Miller fait le portrait semblent regarder par delà l’objectif et ouvrent à un tout autre monde par leur beauté glacée et leurs pupilles vagues. Ses autoportraits exercent aussi un magnétisme magique où la jeune-femme se peint souvent de profil.

Témoin d’une époque, Lee Miller a fait le portrait de la plupart des artistes de son temps (Man Ray, Charlie Chaplin, Salvador Dali ou encore la troupe de l’opéra « 4 saints in 3 acts » qui, sur un livret de Gertrud Stein a inspiré le « Porgy ans Bess » de Gershwin ). Elle a parfois aussi immortalisé leurs œuvres, effectuant par exemple un travail comparable à celui de Brassaï sur Picasso avec les sculptures de Joseph Connell.

Peu nombreux, et semble-t-il jamais répétés, ses clichés donnent à voir sans saisir ou objectifier ses sujets. Cette vérité est évidente dans les œuvres surréalistes de Lee Miller (dont la fameuse « mai qui explose » de 1930).

Elle est aussi omniprésente dans les photos de voyage décidemment non orientalisantes de la Roumanie et du Caire, où Lee Miller a vécu quelques années avec son mari. Fallait-il une femme derrière l’appareil pour donner à la photographie cette unicité non reproductible ?

Son art de la suggestion culmine en tout cas dans les reportages qui ont été confiés à Lee Miller par Vogue dans les années de guerre. Ses clichés des préparatifs anglais à la guerre (« Femmes équipées de masques contre des incendies », 1941), d’un garde SS mort noyé dans un canal, du Berghof après la mort du Führer, où elle se photographie elle-même dans la baignoire d’Hitler, et surtout de la libération des camps de Buchenwald et de Dachau sont absolument époustouflants. L’exposition rappelle que les reportages de Lee Miller sont aussi accompagnés de textes de l’artiste, dont le fameux « German are like this ! ». 

Présenté simplement, de manière chronologique, « L’Art de Lee Miller » permet aux parisiens de voir grandeur nature des œuvres mythiques, de se laisser encore et encore surprendre par l’actualité brûlante de la « beauté convulsive » de ces photographies, et d’avoir un peu la nostalgie d’un temps où Vogue commandait des reportages d’aussi grande qualité.

Cocteau, le sang d’un poète

Jusqu’au 4 janvier, Jeu de Paume, Place de la Concorde, Paris 1ier, mar-dim 12h-19h, 6 euros (TR 4 euros). Notez que le premier mardi de chaque mois, l’entrée du Jeu de Paume est libre pour les étudiants.

Crédits photographiques : Lee Miller Archives, England 2008. All rights reserved. www.leemiller.co.uk

Annie Leibovitz à la Maison européenne de la Photographie

Mardi 15 juillet 2008
15 juillet 2008 15:00au14 septembre 2008 21:00

Jusqu’au 14 septembre, la MEP consacre une exposition à la photographe américaine Annie Leibovizt. Un panel de près de 200 tirages dans lesquels les photos de studios côtoient les clichés intimistes. A photographer’s life, en somme.

 

  Pour Rolling Stones ou Vanity Fair, Annie Leibovitz a photographié les plus grands : Cindy Crawford accompagnée son serpent, Demi Moore avec, sur son ventre de femme enceinte, les mains de Bruce Willis, Scarlett Johanson tout en bijoux, Louise Bourgeois et sa main travaillée par la vie ou Lance Amstrong cyclonudiste…

 La liste est encore longue, et à ces figures posées se mêlent les visages des intimes : la grande amie, Susan Sontag, les parents et les enfants… La photographe qui trouvait les clichés pris en studios « faux » et « artificiels », s’attache alors à prendre les corps tels qu’ils se présentent : malades, troués de cellulite, affaiblis par la maladie, voire décédés.

Et pourtant, qu’ils soient sportifs olympiques ou nageurs jetés du pont de Sarajevo, les plongeurs ont tous le même élancement  ; les femmes enceintes, -Demi Moore, Mélanie Trump sur l’aéroport de Palm Beach ou la photographe elle-même-, ont les mêmes seins gonflés par la maternité ; les Brad Pitt, les Mick Jagger, les Johny Depp écrasant les Kate Moss dénudées ou les parents Leibovitz, tous passent par le lit en des poses anlanguies. 

 

 

  A la différence que, dans le premier cas, les stars sont figées, comme ancrées dans l’éternité, tandis que pour les intimes, la photographe saisit le passage du temps… Seconde après seconde en immortalisant un détournement de tête, une fermeture des yeux ; jour après jour en suivant Susan atteinte du cancer ; année après année avec le portrait de la mère septuagénaire, posant « sans sourire » pour que cela sonne juste (« une bonne photo », estime la photographe, la mère n’est pas de cet avis).

 Sans cesse, la fille, la femme comme la reporter flashent ce qui est pour rappeler ce qui a été. « Une bicyclette d’adolescent tué par un tir de mortier » à Sarajevo ; « Des traces de massacre d’écoliers et de villageois tutsis sur un mur de salle de bain » au Rwanda ; les brouillons du livre Volcano Lover de Susan Sontag… La boite à souvenir d’Annie Leibovitz sera son ouvrage, A photographer’s life. « Je n’ai pas deux vies distinctes. J’ai une vie et les photos personnelles en font partie au même titre que les oeuvres de commandes ».

 ”Annie Leibovitz, A phtographer’s Life, 1990-2005″, Maison européenne de la photographie, jusqu’au 14 septembre, 5/7 rue de Fourcy, Paris 4e, Métro Saint Paul, 01 44 78 75 00, Métro Pont Marie ou Saint Paul, merc-dim 11h-19h45, fermé jours feriés, TP : 6 euros TR : 3 euros. Gratuit le mercredi à partir de 17h.

 

 

Miroslav Tichy, la consécration à Beaubourg

Jeudi 26 juin 2008

Découvert très tard par son voisin de palier, le photographe morave Miroslav Tichy est à l’honneur avec une rétrospective tout l’été au Centre Pompidou.

A l’âge de 82 ans, le photographe Miroslav Tichy est exposé pour la première fois à Beaubourg. Découvert par son voisin de palier, à Londres, le réalisateur, Roman Buxbaum, Tichy fait parler delui seulement depuis quatre ou cinq années dans le monde de l’Art contemporain. C’est en 2005 qu’il a obtenu le Prix Découverte aux Rencontres photo d’Arles… à l’âge de 79 ans ! L’exposition située au 4 e étage de Centre Pompidou, parmi les grands artistes des cinquante dernières années réunit une centaine de clichés. La plupart viennent de la fondation Tichy Ocean et ils ne sont pas datés mais présentés selon des thématiques. Les femmes ont beaucoup inspiré de travailleur acharné qui est resté en marge de la société communiste de sa ville natale où il est demeuré longtemps : Kyjov, en Moravie. Mais l’érotisme trouble qui se dégage des clichés n’est pas l’objectif premier de Tichy. « Pour moi une femme est un motif. La silhouette (debout, inclinée, assise), le mouvement (lamarche), rien d’autre ne m’intéresse. L’érotisme n’est qu’un rêve, de toutes façons. Le monde n’est qu’une illusion, notre illusion », explique le photographe. Fabriquant lui-même son matériel avec des matériaux récupérés, il colle souvent ses clichés sur des papiers déjà usagés et coloriés. L’imperfection, la fragilité et l’éphémère qui se dégagent des œuvres à tirages uniques et retravaillées au crayon sont le clé de l’émotion que procurent ces images souvent floues. L’homme lui-même pour qui « Les défauts font partie intégrante du travail » est une sorte de clochard génial, qui semble fait du même bric et broc que ses photos. Un travail émouvant à découvrir avant le 22 septembre.

4e étage, jusqu’au 22 septembre, Centre Pompidou, 4 e étage, place Georges Pompidou, Paris 4 è, tljs sauf mardi 11h-22h, 10 euros l’entrée et 44 euros le laisser passer pour un an (ou 22 euros le pass étudiants/-26).