Articles taggés avec ‘Grand Palais’

Soleil vidéo pour le couchant de la présidence française de l’UE

Jeudi 18 décembre 2008
18 décembre 2008 17:00au31 décembre 2008 23:00

dans la nuit des imagesDu 18 au 31 décembre, « Dans la nuit des images » vous invite à un voyage vidéo, tous les soirs de 17h à 1h du matin, pour fêter en feu d’artifice la fin de la présidence française de l’Union Européenne. Une expérience hypnotique.

Lire le reste de cet article »

Fiac, 35 édition

Vendredi 24 octobre 2008

Fiac 2008, Grand PalaisJusqu’au 26 octobre la Foire internationale d’art contemporain de Paris fête sa 35 e édition au Grand Palais et dans la Cour Carrée du Louvre. Elle réunit à nouveau les galeries les plus prestigieuses de plus de 20 pays. 72 galeries françaises et 117 galeries étrangères sont représentées. De nombreux salons indépendants cohabitent avec la FIAC dans Paris, dont Show off, à l’espace Pierre Cardin et la Slick à l’espace 104.
La Boîte à sorties était au vernissage hier au Grand Palais et vous propose son tour de piste.

GRAND PALAIS

Soleil d’hiver, hier en début d’après-midi devant le Grand Palais. La crise n’a pas empêché les collectionneurs de se rendre à leur rendez-vous annuel parisien avec les galeristes du monde entier. Si, devant l’entrée, un jeune homme en costume tient un panneau annonçant qu’il vend toute sa collection à perte à cause de la crise financière, à l’intérieur, de nombreux points rouges sous les oeuvres montrent qu’à la Fiac, on vend encore.
Comme chaque année les grandes galeries parisiennes sont au rendez-vous : Yvon Lambert, à l’entrée, avec ses Barcelo, son Ghupta qui ressemble étrangement à un Hirst, Chantalm Crouzel avec son inclusion de rognures d’ongle d’un an de Mona Hatoum, et ses photos surcolorées de fleurs signées Jean-Luc Moulènes, Kamel Mennour avec ses Djamel Tatah, Emmanuel Perrotin avec ses ferronneries de Xavier Veilhan, Marianne Goodman avec des photos impeccablement réalistes de Thomas Struth, Jérôme de Noirmont avec ses photos de Pierre et Gilles et ses toiles de Fabien Hyber et Lelong avec ses Kounellis.

Les galeries étrangères aussi sont bien sûr représentées : chez Karsten Greve on propose de très beaux Soulages, chez Tornabuoni, on retrouve les éternels Fontana, Zlotowski propose une exposition Kurt Schwitters. Christian Schein vend des Mimo Paladino aussi colorés que dans les années 1960 et Cheim & Reed propose de très beaux Louise Weiss. Enfin, Hauser & Wirth a ressorti de très beaux Boltanski.

Fiac

Boltanski, FiacL’impression générale qui se dégage de la foire est un confort cotoneux : luxe, calme et volupté, la crise n’a pas eu lieu, la politique est à peine évoquée, et tout est à l’image rassurante du Jonathan Monk exposé chez Air de Paris, normalement connu pour son goût de la provocation : un Monet version 2008, à peine ironique et apaisant pour les yeux.

Fiac

Monk, FiacMême les Tatiana Trouvé de chez Perrotin, galerie qui avait causé le scandale et l’attraction l’an dernier sont doux au regard.

Bien sûr, il reste quand même quelques Thomas Hirschhorn facétieux chez Almine Rech et chez Chantal Crouzel. Et Yan Pei-Ming évoque les élections américaines chez David Zwirner. Mais la tendance reste quand même au lisse agréable d’un lac suisse en été.

Fiac

Deuxième grande tendance de cette Fiac 2008 : le retour à la gravure. Plagiée, parodiée ou retrouvée, la vieille technique expressionniste dépasse de loin la photo ou la vidéo.

Voici comme d’habitude le top 3 d’en3mots dans les découvertes de cette année:

Chez Continua, le très poétique “Lire les cendres, écouter les silences” de Chen Zhen donne envie de méditer.

Fiac

fiacChez Catherine Bastide, les vidéos baroques et très “K und K” de Catherine Sullivan relisent en nous faisant rire le mime de l’Histoire en constumes.

Enfin, chez les paysages oniriques de Valery Koshlyakov, comme ce temple de Nika, font voyager à la galerie Krinzinger.

Fiac

COUR CARREE

Du côté de la Cour carrée, c’est déjà la nuit quand on arrive. L’ambiance est comme d’habitude plus décontractée et plus jeune. On est au bout du parcours et les visiteurs prennent le temps de boire un verre comme lors de n’importe quel vernissage.

L’on y découvre, comme chaque année, les 4 finalistes du prix Marcel Duchamp. Les voici :
- Michel Blazy chez Artconcept

- Didier Marcel chez Michel Rein

- Laurent Grasso chez Valentin

- et Stéphane Calais chez Jocelyn Wolff

Nos 3 favoris de cette foire colorée et pétillante sont
- Les dessins mi-comiques, mi-alarmants de Jerôme Zonder chez Eva Hober
- Les sculptures néo-beuysiennes de Gruyten & Thys chez Isabella Bortolozzi
- Et l’ensemble de la galerie La Blanchisserie, qui ressemble à un refuge alpin en bois.

Fiac

show off

SHOW OFF
Comme l’an dernier, l’espace Pierre Cardin permet de voir d’autres galeries. Moins brillant que l’an dernier, voire carrément décevant, ce Show off a pour thème principal l’enfance ou l’innocence salie par la guerre 2008 et permet quand même de (re)découvrir les artistes talentueux de la Galeries Sara Guedj, dont notamment Chloé Julien. Et la statue de la liberté qui fait l’aumône de Roy Machetti.

Ne manquez pas les nombreux off de la Fiac, notamment la Slick, et la DIVA Fair oragnisée par Pierre Cornette de Saint Cyr.

Au Grand Palais, Picasso admirateur et railleur

Lundi 13 octobre 2008
9 octobre 2008 10:00au2 février 2009 20:00

Cezanne, Poussin, Goya, Rembrandt et Delacroix accueillent le visiteur. Au milieu d’eux, un Picasso mouvant, tantôt homme en perruque réfugié dans des siècles passés, tantôt silhouette déstructurée devant son chevalet… Jusqu’au 2 février 2009, le peintre et ses maîtres sont au Grand Palais…

En entrant dans la première salle de l’exposition on est encerclé par une myriade de visages, autant de peintres qui, du haut de leurs autoportraits, nous regardent…. Parmi eux, une figure revient sans cesse, tel un fantôme hantant les siècles ; l’élégant aristocrate du XVIIe se pare d’un vert Cezanne avant de se travestir en sculpture moderne… C’est Picasso, l’artiste aux mille maîtres, hommes de la Renaissance –ou de l’Antiquité- qu’il a copiés ou parodiés, qui l’ont inspiré.

Yo, Picasso, autoportrait 1901

Dans la deuxième pièce, se dresse tant qu’elle le peut La Venus de Milo, semblable à celle du Louvre, mais signée Picasso. C’est une copie, jusqu’à la veille du XX ème siècle, l’artiste encore disciple est occupé à perfectionner sa technique adoptant des sujets et un style conventionnels. De toutes ces heures d’absorption, de cette passion pour le classicisme quand d’autres -« l’avant-garde »- se passionnent pour le néo-impressionnisme, naîtront les tableaux qui « manquent au musée» de l’artiste. Aux côtés de La Toilette de Psyché d’Antoine Dubois (XVIIe siècle) et des Grandes Baigneuses de Renoir (1884-1887), Picasso accroche ses Trois Femmes à la Fontaine (1921)… La collection « hispanité » est elle aussi largement complétée par des toiles vivement colorées. Son Matador porte l’épée comme  le toreador d’Edouard Manet ; son Nain a la posture de hommes de cours de Velasquez, mais  par son irréalisme, il est rendu plus expressif encore…

Matador saluant, E. Manet, 1866-67

picasso

Le Matador, Picasso, 1970

La parodie des grands n’est nullement dissimulée, bien au contraire, d’une seule composition, l’artiste produit d’infinies variations. Ainsi, Les Ménines de Velasquez, se font tour à tour denses agencements géométriques ou silhouettes simplifiées. Enlevées à Poussin, les Sabines sont, de l’autre côté de la salle, semblables aux femmes éventrées, désarticulées, foulées aux pieds du Guernica.

Les femmes… Plus que tous les Poussins, les David et les Rembrandt, ce sont elles que l’artiste a décliné… Ou plus précisément, par eux qu’il les a décliné, elles… Après une parenthèse « natures mortes et bodegas », l’exposition redevient un harem. La pensive Arlésienne de Van Gogh s’y est dotée d’un sourire carnassier tandis que la femme triste attablée Au café dit l’Absinthe de Degas s’est changée en Buveuse d’absinthe au regard noir… Les femmes de Picasso ont du caractère et des fantasmes à fleur de peau : un siècle après Les Demoiselles du bord de Seine que Courbet avaient peintes rêveuses, déjà langoureuses, Picasso accompagne les deux jeunes filles de deux autres corps, peut-être ceux qu’avant Freud, en prudes bourgeoises, les demoiselles n’avaient osé se représenter… Paraissant au premier abord n’être que d’absurdes assemblages de ventres, de seins et de pieds énormes, ces figures seraient peut-être plus humaines qu’il n’y paraît… plus humaine en tout cas que la proportionnée Odalisque en grisaille d’Ingrès, créature devenue quasi-divine par la lumière qu’elle renvoie. « Les beautés du Panthéon, les Vénus, les Nymphes, les Narcisses sont autant de mensonges. L’art n’est pas l’application d’un canon de beauté, mais ce que l’instinct et le cerveau peuvent concevoir indépendamment du canon » déclare Picasso. Toute aussi grise, sa Nue couchée avec un chat nous observe de son œil rassurant…. L’Olympia d’Edouard Manet a elle aussi son pendant(if), le Nu couché au collier :

ingres

Odalisque en grisaille, Ingres, 1824-1834

picasso

Nu couché jouant avec un chat, Picasso,  1964

Dans cette dernière salle, les grandes dames veillent sur « les filles » cachées sous des tables vitrées. Dans des aquateintes et des encres de Chine, Degas est représenté avec les prostituées qu’il avait peintes un siècle auparavant : Degas paie et s’en va. Les filles ne sont pas tendres ; Filles au repos avec Degas songeur titre Picasso qui s’est aussi moqué de Raphaël et de sa Fornarina… Classiciste, cubiste, surréaliste… l’artiste fut aussi un humoriste…

Picasso et les maîtres, jusqu’au 2 février 2009, Galeries nationales du Grand Palais, ts les jours 10h-22h, sauf le jeudi jusqu’à 20h Métro Champs-Elysées-Clémenceau, 12 euros, TR : 8 euros.

picasso

Entre noctambules berlinois et mer déchaînées, Emil Nolde au Grand Palais

Jeudi 2 octobre 2008
19 janvier 2008
20:00

Derrière une affiche représentant une mer sombre, se cache dans les couleurs du Grand Palais une explosion de couleurs : le peintre allemand Emil Nolde (1867-1956) y est à l’honneur jusqu’au 19 janvier.

 

Les Géants de la montagne et autres figures intégrées dans les neiges accueillent le visiteur du Grand Palais. Originaire d’une famille de paysans de Nolde, village allemand au bord de la frontière germano-danoise, Emil Hansen n’a cessé de représenter les grands espaces naturels.

 

 

 

nolde

                                          La Cima della Pala et la Verrana, 1897, Carte postale

 Ces montagnes personnifiées, monstres énormes mais sympathiques, sont inspirées des massifs alpins auprès desquels l’artiste enseigna le dessin industriel au début de sa carrière. Déjà, ils sont signés par un peintre expressionniste : déformée, grossie ou exagérée, la toile inspire crainte, calme ou dégoût, etc.  Pour susciter une telle variation d’émotions, la palette employée est large, la deuxième salle illustre cette variété : à droite, des pastels pour la mer ; au centre, des couleurs vives pour des scènes champêtres et des jardins (Jour de moisson) ; à gauche, l’obscurité de l’humanité, de ses bas-fonds (Brigands), de ses peines (Paysans). Dans un même tableau se cotoient le beau et le laid, le premier ne servant parfois qu’à faire ressortir le second : ainsi de ses noctambules berlinois observés par le peintre devenu en l’espace de quelques années citadin ; sur les toiles colorées, les visages des élégantes ressortent verts, les amoureux Au café, de nuit paraissent être des vampires. Le rouge sanguin de ce Jeune couple ne paraît guère plus rassurant. 

 

nolde

                                                            Jeune couple, 1913, Lithographie

Comme les autres, Adam et Eve au Paradis perdu ne sont pas épargné par le malaise, seul le Couple sur la plage, représenté de dos, paraît serein…

 Comme l’amour, la danse suscite chez le peintre des représentations ambivalentes : tantôt Ronde endiablée et colorée des enfants, elle peut, peuplée de figures fantastiques, devenir une surréaliste scène macabre (Danse macabre, eau-forte).

nolde

 

 

 

                                                       Ronde endiablée, 1909, huile sur toile

nolde

                                                        Enfants des bois, 1911, Impression en noir

Et, quand les hommes se confondent aux monstres, la descente de la lumière elle-même devient un phénomène quasi-surnaturel (Magie de la lumière). Le ciel est descendu sur terre –quand il ne se confond pas avec lui- si bien que les scènes religieuses en paraissent profanes. La Vie du Christ, ensemble de tableaux agencés comme un retable gothique, n’a de « moyen-ageux » que cet agencement, justement. Marie et les apôtres au pied de la Croix sont verts de tristesse, les soldats romains à droite plutôt rougeauds, Jésus en croix est bien un homme. Nolde s’est inspiré pour cette huile du retable d’Issenenheim à Colmar, il a en a gardé la composition tout en se dégageant de la solennité que son compatriote Matthias Grünewald (XVIe s) avait donné à la scène. Le tableau sera refusé à l’Exposition internationale d’art religieux de Bruxelles (1912).

nolde

 

 

 

                                                      La Vie du Christ, 1911-12, huile sur toile

Cette indignation sera un présage de ce que suscitera comme réactions des travaux de Nolde (et avec lui l’ensemble des peintures expressionnistes) chez le parti nazi. L’exposition ne se limite pas à évoquer l’interdiction de l’œuvre de l’artiste en 1941, elle revient sur les relations ambigües entre le pouvoir et celui qui disait ne rien y connaître en politique (« L’art et elle me semble opposés » disait le peintre). Considéré comme dégénéré, et interdit officiellement, Nolde se débrouille malgré tout pour peindre de petites aquarelles, qui, en cette période troublée, se font encore plus peuplées de monstres qu’à l’ordinaire.

Quelques années auparavant pourtant, l’artiste se considérait comme le « génie allemand », célébrait dans ses toiles, sa région d’origine, Schelswig, plat pays où les tournesols ne se trouvent pas dans des vases comme chez Van Gogh qu’il admirait, mais plantés au sol, figures vivantes aux côtés des moulins et des chevaux, sécoués et essorés au gré du ciel et des tempêtes. Attaché à son pays au point qu’il adopta le nom de son village natal, Nolde, le peintre ne s’est pas exclusivement consacré à ces nordiques horizons. Membre artistique d’une expédition allemande pour la Nouvelle Guinée (1913), il en rapporte des masques, un rougeoyant Soleil des tropiques et des aquarelles d’indigènes dont les figures graves ou sympathiques contrastent avec les élégants et sournois berlinois de la salle précédente : « Les hommes primitifs vivent dans leur nature, ils ne font qu’un avec elle et sont une partie du cosmos tout entier. »

nolde

 

 

                                Jeune indigène au collier, 1914, aquarelle, encre indienne

Comme les primitifs, Nolde est panthéiste ; apaisées, déchaînées ou tourmentées, orange, rose ou jaune, les eaux englobent son âme comme les montagnes cachaient les Géants : « La mer est calme à présent. Mon âme elle aussi, est au repos » écrivait l’artiste à sa compagne.

nolde

 

 

                                   Nuages d’été, 1913, huile sur toile

Emil Nolde, 1867-1956, Grand Palais, jusqu’au 19 janvier, ouvert tous les jours sauf le mardi, de 10h à 20h, nocturne le merc- jusqu’à 22h, 10 euros, TR : 8 euros, Métro Franklin Roosevelt, Champs Elysées-Clémenceau, 01 44 13 17 17.