Ouverture du plus grand musée d’Europe à …. Angoulême!
Plus grand que le Louvre? Que La National Gallery ? Que Le Prado ?
Évidemment, non. Mais le plus grand musée d’Europe a bien ouvert à Angoulême : le musée de la Bande-dessinée.
La capitale de la BD a inauguré en grande pompe la semaine dernière ce musée entièrement consacré au neuvième art. Dans d’anciens chais rénovés, au bord de la Charente, à quelques minutes du centre-ville, le musée a déjà attiré bien des curieux. Il suffit de traverser le fleuve en croisant Corto Maltese (du moins sa statue) pour arriver jusqu’à ce nouveau haut-lieu de la culture…
Bédéphiles ou non, tout le monde peut venir visiter ce nouveau musée. Si on a pu voir Ségolène Royal (présidente de la région) lors du vernissage, on pouvait rencontrer groupes scolaires comme clubs du troisième âge quelques jours plus tard.
Divisé en quatre sections (parcours historique, galerie, salon et ateliers) le visiteur se promène entre planches vieilles de près de 200 ans et vidéos des plus grands dessinateurs.
Une fois que l’on a compris le système (tourner tout de suite à droite puis faire le tour en effectuant une espèce de huit)
serpenter entre les planches est finalement assez simple. Si l’ordre chronologique n’est pas respecté, alors vous vous êtes sûrement perdus. Fatigué de cette longue promenade ? Reposez-vous aussi longtemps que vous le souhaitez dans un des nombreux canapés géants, la BD de votre choix à la main. Là réside tout l’intérêt du lieu : à mi-chemin entre musée et club de lecture, les 1 300m2 d’exposition permanente réussissent à séduire le public le plus varié. Le spécialiste appréciera l’exposition des planches rares et originales derrière les vitrines (les reflets altèrent malgré tout une qualité optimale), tandis que les plus âgés se plongent dans leurs souvenirs en relisant Les pieds nickelés et en faisant découvrir leurs héros à leurs petits-enfants.
La majorité de l’espace est bien sûr consacrée à l’histoire de la bande dessinée. De Rodolphe Töppfer en 1883 à Charlie hebdo en passant par Bécassine et Franquin, les plus grands dessinateurs et héros de bédé sont passés en revue. La Belgique est à l’honneur grâce à Tintin (si la statue de Corto Maltese vous a plu, vous pourrez toujours aller apprécier celle de Hergé située dans la rue commerçante du centre ville, rue Hergé…). Popeye, superman et tous les comics américains côtoient les mangas japonais. Face à la multiplicité de ces Å“uvres, on comprend enfin que la BD a incontestablement acquis ses lettres de noblesse.
Que l’on soit connaisseur ou non, déambuler entre toutes ces bandes dessinéess permet de découvrir, de se souvenir (« ah, tu sais moi quand on allait au festival de la bd avec l’école, j’osais jamais m’approcher du stand de L’Echo des savanes, je croyais que c’était du porno… euh, en fait pas tant que ça! » dixit un spectateur) et bien entendu s’amuser.
Une fois le b.a.-ba de l’histoire de la BD passée en revue de A à Z, rendez-vous dans l’aile « atelier » où l’on nous explique le processus de création d’une bande dessinée, preuves à l’appui. Des photos aux esquisses et aux story board, toutes les étapes sont exposées. Avez-vous bien compris comment les dessinateurs réussissent à produire de tels chefs d’Å“uvre ? Oui ? Alors, il est temps d’admirer des planches originales dans la galerie. Et si vous en voulez encore, le musée prévoit aussi des expositions temporaires. La première, Réson&nces consiste à demander à plusieurs auteurs du monde entier de dessiner une plance en écho avec l’une des plances exhibées au musée. 
Il est 18h, temps de rentrer chez soi… rassurez-vous, vous pourrez revenir sans risquer de vous ennuyer. En effet, le musée prévoit de changer tous les quatre mois tous les dessins et planches exposés, en puisant dans un fonds de plus de 8000 Å“uvres. Un musée en perpétuel renouvellement, c’est le défi lancé par Magelis (Pôle image Angoulême) pour assurer à la ville son statut de véritable capitale…. de la BD.
Cité internationale de la bande-dessinée et de l’image, 121 rue de Bordeaux 16000 ANGOULEME
gratuit pour les moins de 18 ans, de 3 à 6€. Ouvert cet été du mardi au vendredi de 10h à 19h, samedi et dimanche 14h à 19h. De Septembre à Juin : du mardi au vendredi de 10h à 18h, le week-end de 14h à 18h.
Plus d’infos (cliquez ici)
Pauline Moullot
post scriptum : pour un avant-goût de l’univers de la bande-dessinée à Paris, l’expostion Vraoum à la Maison Rouge présente jusqu’au 27 septembre 200 planches originales (Tintin, Blake et Mortimer, Asterix, Blueberry…) en parallèle d’une cinquantaine d’oeuvres contemporaines.
Henri Cartier-Bresson au Musée d’Art Moderne
Du 19 juin au 13 septembre, le Musée d’art moderne de la Ville célèbre le centenaire de la naissance du photographe Henri Cartier-Bresson dans une rétrospective, intitulée L’imaginaire d’après nature, et réunissant soixante-dix photographies déjà exposées ensemble à la fin des années 70.
Dans une ambiance anthracite, les visiteurs scrutent l’histoire au travers du caléidoscope de « l’œil du siècle ». Miroir de notre civilisation, les œuvres de HCB affichées en large format (70 par 90) pointent du doigt guerres, scènes de vie parisienne, vie religieuse italienne ou encore paysages normands. Structurée en quatre thèmes, Premières œuvres, HCB témoin de son temps, HCB photographe de la vie quotidienne et HCB portraitiste, l’exposition impose de l’espace pour laisser le public errer dans son siècle.
Ci contre : Ubud, Bali, Indonésie, 1949 @Henri Cartier-Bresson/Magnum Photos
Profondément marqué par son arrestation et ses évasions pendant la seconde guerre mondiale, le photographe seine-et-marnais a toujours cherché à témoigner de la souffrance et l’Humanité à travers le monde. Cartier-Bresson se plaisait à dire que « le reportage est une opération de la tête, de l’œil et du cœur pour exprimer un problème, fixer un évènement ou des impression ». En effet, cette exposition ressemble à un porte-folio d’émotions ressenties par le modèle, le photographe et le visiteur. L’œuvre intitulée Entr’acte à l’opéra, Glyndebourne, Angleterre (1953) nous laisse ouïr les ré-accords des instruments encore chauds du premier acte ; alors que notre regard saute 10 ans, notre ventre se contracte devant la pression palpable de La visite de De Gaulle, Rouergue, France (1961) pendant les événements tragiques d’Algérie. Chacune des soixante-dix scènes portent son lot de souvenirs, d’histoire et de sentiments. Le quatrième volet de l’exposition dresse le portrait de treize personnalités hétéroclites phares de leur temps. De Matisse à Prévert en passant par le couple Joliot-Curie, HCB sublime la nature de chacun sans voyeurisme ni pudibonderie.
Dans la dernière salle de l’espace consacré au photographe, le visiteur entre dans l’obscurité d’une salle de cinéma pour visionner un montage dévoilant les quelques prises de vue pour un même sujet puis le choix définitif de l’artiste. Un film muet s’immisçant dans l’esprit du grand Henri Cartier-Bresson, Œil du siècle.
Accrochées à même le mur par un adhésif double face, les œuvres apparaissent proches, simples, s’offrant en sanctuaire d’une époque. En hommage à Cartier-Bresson passionné par les surréalistes, laissons libre court à nos sentiments devant ces clichés tout simplement humains.
Simiane-la-Rotonde, France, 1969 @ Henri Cartier-Bresson/Magnum Photos
Juliette Chain
Henri Cartier-Bresson L’imaginaire d’après nature du 19 juin au 13 septembre 2009 au Musée d’Art moderne de la ville de Paris 11 avenue du Président Wilson 75116 Paris du mardi au dimanche de 10h à 18h noctune le jeudi de 10h à 22h. tarif plein 6€, tarif réduit 4.50€ et jeune 3€
Au même moment au Musée d’Art moderne de la Ville de Paris, L’oeil du critique. Pour lire notre critique justement, cliquez ici
La Maison Européenne de la Photographie propose aussi, et jusqu’au 30 août 2009 une exposition sur HCB. Pour lire notre critique, cliquez ici
« L’oeil du critique » ou le faiseur de sens… au Musée d’art moderne de la Ville de Paris
juin 10, 2009 by marie
Filed under Art contemporain, Concours, Expos
Les expositions d’art contemporain mettent la lumière sur un artiste, un courant, une Å“uvre… mais rarement sur un critique. Or ces derniers semblent autant faire l’art et son histoire que plasticiens ou peintres. Le Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris le démontre avec Bernard Lamarche-Vadel (1949-2000) en une exposition à la hauteur de son objet : riche, intelligente, stimulante.
«Je suis écrivain» clamait le jeune Bernard… Ni plasticien ni historien, pas même académicien, c’est en fait en tant qu’homme de lettres que le poète Bernard Lamarche Vadel, BLV, aborde les César, les Dietman et Joseph Buys. C’est d’ailleurs pour être écrivain dans le monde, avant que pour l’art, que le jeune homme a exercé son Å“il et sa plume en faveur de ceux qui étaient ou devinrent ses amis.
Car le critique ne regarde pas l’art, ne le commente pas, il le fait…. Lorsque Jean-Pierre Pincemin annonce qu’il compte couper une de ses Å“uvres, un tableau noir et blanc, parce qu’elle est contraire à ce qu’il fait d’habitude, le critique s’insurge : cette toile a du relief, il faut la laisser telle qu’elle. Elle le sera donc, avec dessinée au dos de toile, comme signe de la volonté de l’artiste, une paire de ciseaux. La participation du critique à la création de l’Å“uvre se fait aussi par la création de sens. Alors que des artistes comme Erik Dietman laissent leurs Å“uvres «vivre d’elles-mêmes», alors que, comme le sculpteur suédois, ils ne justifient leurs travaux que par leurs intuitions et leurs capacités (j’ai fait ces grandes sculptures par ce que «j’avais envie de les faire», parce que je pouvais les faire dit Dietman), le critique est celui à qui est assigné le rôle de dire «des conneries» (Deitman toujours). De cette mission, BLV s’en accommodera avec jouissance faisant dire à Panamarenko ce que jamais il n’avait pensé, ce que, les mains et l’esprit dans le cambouis, il ne pouvait penser : le pessimisme de son Å“uvre… BLV démontre à un plasticien médusé - mais pas moins amusé - combien ses sculptures d’avion « n’ont pas d’intérêt pour elles mêmes », qu’elles n’ont pas de « consistance » : elles ne peuvent être mises «sur une cheminée»…

Oeuvre de Panaramenko (non exposé, indiqué seulement pour la compréhension de l’article)
D’ailleurs, le critique apprendra à l’intéressé que son Å“uvre n’a pas «de destinataire», ce qui fait «toute sa modernité». Elle n’est qu’un «processus», la «métaphore d’un mouvement», «de quelque chose qu’on ne peut pas voir» : l’air… Par addition d’objets, le sculpteur s’approche en fait du néant, du non sens, une réflexion qui donne un titre à l’écrivain : « l’addition soustractive ». Pas dupe, Panamarenko conclut : «Ainsi vous êtes sûr d’avoir un bon texte !»… Cela tombe bien, en commentant les Å“uvres, et dans la lignée de Baudelaire ou d’Oscar Wilde qui disait que la critique est une Å“uvre d’art en elle-même, BLV fait de la littérature.
Tandis que «l’Å“uvre classique présuppose des destinataires», l’Å“uvre moderne «présuppose l’absence de destinataire» commente BLV. Ce public dont se « fout » Dietman évincé, la modernité en art se noue dans cette relation bilatérale critique/artiste que Bernard Lamarche Vadel investit énergiquement. Puisqu’«écrire ne suffit pas» à promouvoir les peintres qu’il aime, le critique organise trois semaines durant l’accrochage de jeunes artistes : Rémi Blanchard, Catherine Viollet, Jean-Charles Blais, Hervé di Rosa, etc… (juin 1981). Avec cette exposition intitulée Finir en beauté, BLV entame sa défense de «l’art français»….  Le critique donne «matière» matérielle aux artistes et du sens à leurs Å“uvres tandis que ces derniers alimentent la plume de l’écrivain et lui rendent hommage par des photographies ou des portraits moins figuratifs. Ainsi pour Yvan Salomone, BLV est une citerne nourricière, tandis que Carmelo Zagari peint le critique attaqué par la justice en enfant innocent dans une luxuriante nature.
Commentateur de la modernité en art, BLV en est aussi le chasseur… Insatiable, il passe d’un style à autre, renouvelant sans cesse le panthéon de ses artistes préférés… et l’exposition du MAMVP témoigne de cette incroyable diversité : aux intellectuelles et sobres toiles des Noël Dolla, Olivier Mosset, ou Martin barré, succèdent des Å“uvres pop art ou le sculptural cimetière d’Erik Dietman dans lequel tous les crânes sont, en conformistes macchabées, vers le même point tournés…

L’art mol et raide ou l’épilepsisme-sismographe pour têtes épilées, Erik, Dietman, 1985-86
La peinture cohabite avec les installations et les dessins, notamment ceux de Pierre Klossowski, «tableaux lacunaires» qui complètent les images mentales créées par les lecteurs du dessinateur-écrivain. Puis dans cette myriade d’image que BLV s’est fait une profession de «regarder», de «commenter», vient la photo : Robert Frank, Sabine Weiss, Lewis Baltz, etc…
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L’appréhension de Roberte, Pierre Klossowski, 1982
La géniale exposition «L’oeil du critique» peut s’appréhender comme un cabinet de curiosité où, l’esprit flâneur, le visiteur picore ce qui le tente : César, Jean-Charles Blais, Villeglé ou des analyses des Å“uvres de Robert Frank (dans le texte Siderations. L’atelier photographique français). A l’inverse, elle peut - et pour ce même visiteur - être source de sens, une manière de penser l’art contemporain en un système global, système tissé par le passeur-critique.
L’exposition étant très riche, nous conseillons particulièrement de lire :
- Cesar d’un bloc
- Qu’est ce que l’art français ? (notamment pour l’introduction sur l’Art Brut)
- sur la photographie : Siderations. L’atelier photographique français
Et d’écouter :
- l’entretien avec Panamarenko
- la vidéo sur l’exposition Erik Deitman (entretien entre l’artiste et BLV)
- et l’audio dans la salle petite salle où sont exposés les photographies : conférence
Marie Barral
Dans l’oeil du critique, au Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris, 11 av du Président Wilson, Paris 16e, Métro Alma-Marceau, RER Pont de l’Alma du mar au dim de 10h-18h, nocturne le jeudi jusqu’à la 22h, renseignements au 01 53 67 40 80. Tarif : 5 euros, TR : 3,50 euros ,Tarif jeune (13-26ans) : 2,50 euros, gratuit pour les moins de 13 ans. Jusqu’au 6 septembre 2009.
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10 places à gagner pour « Tarzan ! » au musée du quai Branly
juin 9, 2009 by Erwan
Filed under Concours, Non classé
Qui n’a pas joué à Tarzan et Jane, poussant des cris délurés en grimpant aux arbres ? Vous ? Impossible, vous avez dû oublier. Aujourd’hui, le personnage légendaire, né sous la plume d’Edgar Rice Burroughs, s’offre une place au musée du quai Branly, l’occasion d’un autre jeu dont voici le lien.
En ce qui nous concerne, nous avons souhaité vous faire rencontrer l’homme qui se balançait de liane en liane. Avant même l’ouverture de l’exposition (le 16 juin), la boîte à sorties vous offre la possibilité d’entrer dans son nouveau repère. Bonne et belle rencontre
!
Critique de l’expo à venir…
Et, dores et déjà , plus d’informations sur l’exposition “TARZAN ! ou Rousseau chez les Wasiri” sur ce site
Du 8 au 22 juin, Lars Von Trier, “Par-delà le bien et le mal”
Du 8 au 22 juin 2009, le Centre Pompidou consacrera une exposition à Lars Von Trier, le cinéaste danois, intitulée “Par-delà le bien et le mal”, une allusion à Nietzsche qui colle parfaitement à la personnalité de l’auteur, dont les films iconoclastes ont plusieurs fois fait scandale.
L’exposition retrace la carrière du cinéaste qui débute dans les années 80, avec ses courts-métrages d’une inventivité stylistique hors du commun. Mais sa spécificité tient dans la mise en avant perpétuelle de ses personnages plus que dans son intérêt pour le style et la technique. Cette mue qui s’opère au début des années 90 aboutit à la réalisation du célèbre manifeste Dogme95, qui prétendait fixer les règles de la nouvelle orthodoxie cinématographique.
Son dernier opus, “Antichrist”, a encore une fois choqué les critique au Festival de Cannes, accueilli par des huées ou autres sifflets alimentés par la suite par la consécration de l’actrice principale Charlotte Gainsbourg, auréolée du prix d’interprétation féminine. La rétrospective permettra aux non-initiés de découvrir l’univers de Lars Von Trier, et aux cinéphiles convaincus de retrouver les inédits d’un cinéaste atypique et mystérieux.

“Par-delà le bien et le mal”, Lars Von Trier
Au Centre Pompidou
Place Georges Pompidou, 75004 Paris
Du 8 au 22 juin 2009
6€, tarif réduit 4€, gratuit avec le Laissez-passer et le pass Agora, dans la limite des places réservées aux adhérents (sinon tarif réduit).
Jérémy Collado
L’art entre 100 € et 5 000 € - Du 4 au 7 juin
juin 5, 2009 by michael
Filed under Aujourd'hui, Journée
L’art entre 100 et 5 000 €, c’est le positionnement original de la foire Affordable Art Fair Paris.
Il s’agit de la 2e édition parisienne de cet événement qui se déroule du 4 au 7 JUIN 2009.
80 galeries d’art contemporain seront présentes dans un espace Champerret rénové.
Vous pourrez découvrir environ 500 artistes.
L’année dernière ce sont quelque 8000 visiteurs qui ont été accueillis et 1,5 M€ de ventes réalisés.
Dates : jeudi 4 juin au dimanche 7 juin 2009
Horaires : 11h - 20h (jusqu’Ã 22h le jeudi et jusqu’Ã 19h le dimanche)
Lieu : Espace Champerret, 2 av. de la Porte Champerret - 75017 Paris
Dossier de presse : ici.
Site web : ici.
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Exposition : ” Baroque 1620-1800 - Style in the Age of Magnificence “
Jusqu’au 19 juillet, se tient à Londres une exposition consacrée au Baroque, premier mouvement artistique d’ampleur mondiale. Parti de Rome, il s’est répandu en Europe, puis dans les colonies du monde entier, atteignant ses ultimes développements à la fin du XVIIIe siècle. Riche de pièces très variées, cette exposition didactique donne un remarquable et pertinent aperçu général de ce vaste mouvement.
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Si le terme ” Baroque ” évoque assez spontanément exubérance et dynamisme, il n’a cependant guère de définition figée ou précise : elle est, au contraire, changeante, fuyante. On peut même estimer que le Baroque relève d’abord d’un esprit - même s’il connaît des récurrences formelles - et découle d’héritages artistiques du XVIe italien (le Corrège, le Titien, le Tintoret et Michel-Ange, entre autres) et du Concile de Trente qui, entre 1542 et 1563, met en place la Contre-Réforme. Face au péril croissant des protestantismes - pratiquant l’iconoclastie, c’est-à -dire rejetant les images du champ cultuel - l’Église catholique réaffirme le rôle de l’image et d’un art édifiant et didactique (pour des populations massivement analphabètes, tandis que les protestantismes prônent un rapport direct aux saintes Écritures) capable de toucher l’âme par les émotions qu’il provoque. Aux ” excès ” de raffinement et d’intellectualité des maniérismes qui dominent alors, répond donc la volonté d’un art plus direct.
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Le Baroque sert donc primitivement une volonté catholique de (re)conquête des âmes. Et l’on est troublé d’observer combien les débauches de splendeurs conspirent à étourdir les sens. C’est d’ailleurs ce que rappellent les dessins de voûtes peintes (Pierre de Cortone), soulignant l’importance de l’illusionnisme dans la dialectique religieuse de l’art baroque : ce que l’on voit, est-ce réel ou sont-ce les sens qui nous trompent ? En somme, les oeuvres du Baroque religieux, tout en charmant les sens dans une synesthétise mystique (les encens capiteux, les ors éclatants, les retables troublants, les musiques élévatrices, etc.), en excitaient donc - paradoxalement - le dépassement, selon l’idée que ” La Vie est un songe ” (Calderón de la Barca). Et, scrutant sur fond d’airs baroques tels ostensoirs minutieusement ouvragés, l’on se souvient alors de ces pages somptueuses où Huysmans décrit l’ivresse sensuelle des messes catholiques. Le chapitre religieux présente également des dessins préparatoires d’oeuvres majeures : le baldaquin de la Basilique Saint-Pierre de Rome, par Borromini ; ou encore la chapelle Cornaro (l’Extase de sainte Thérèse, même lieu) du divin Bernini, l’un des hauts faits du Baroque religieux, qui rappelle une des caractéristiques du Baroque : la notion d’art total - c’est-à -dire d’œuvre transartistique (en l’occurrence : sculpture, architecture et peinture).
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C’est que l’intention édifiante inférait une certaine théâtralité, inclination récurrente du Baroque. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si le XVIIe siècle, celui de l’avènement et du triomphe du Baroque, fut l’âge d’or du théâtre, en tant qu’art et en tant que lieu - où l’on donnait des pièces, des ballets et des opéras (forme artistique nouvelle). La partie y consacrée donne d’ailleurs un aperçu des prodiges de beautés artificieuses développés par toute l’Europe en architecture théâtrale, costumes, accessoires, décors coulissants, etc. Cet âge d’or est correlatif aux rivalités de pouvoir entre cours européennes ; et si celles-ci se jouaient à travers les représentations scéniques, elles se manifestaient avec grandeur dans toutes formes : jardins, peinture, architecture, orfèvrerie, mobilier - et jusqu’aux fastueuses mises en scène du pouvoir lors de cérémonies et de triomphes. Où l’on voit que le Baroque est aussi un art du sentiment et de l’éphémère - ce que son ultime développement, le Rococo exprime parfaitement. Il est d’ailleurs remarquable que n’aient pas été oubliés jusqu’aux feux d’artifice, qui connaissent alors un grand succès, certains artificiers jouissant alors d’une grande renommée.
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C’est donc tout le mérite de cette exhibition que montrer combien le Baroque fut presque un environnement, apparaissant comme une tentative d’artialiser la vie tout entière, comme si cette notion d’art total avait visé, en fait, à faire de la vie même un théâtre de splendeurs.
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En quelque façon, le Baroque est l’esprit du temps des cours européennes des XVIIe et XVIIIe siècles. Un esprit qui avait ses contradictions : surtout celle entre piété dévote et exubérance sensuelle (un tableau privé, richement orné, représentant la Madeleine repentante, à la fin, le résume à lui seul). Mais un esprit également empreint de curiosité pour la nouveauté et le monde qui s’ouvrait par le colonialisme fleurissant, révélant matières et matériaux nouveaux (certaines pièces d’orfèvrerie exhibées sont d’une minutieuse et fascinante perfection).
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Autre point fort de cette généreuse exposition : la présentation du Baroque colonial, puisque sont exposées des oeuvres lointaines, d’Orient ou des Amériques (dont un puissant et massif retable mexicain d’une Vierge de douleurs de 1690, l’une des pièces maîtresses). Car, à mesure que s’accroissaient les colonies - et donc l’évangélisation des populations païennes du monde -, c’est le Baroque religieux qui, de pièces de dévotion personnelle en retables pénétrait celles-ci.
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Au-delà des trésors de beauté et du caractère remarquablement didactique de l’exposition, c’est la dynamique historique que l’on devine. Ainsi, est sensible la primauté que prendra peu à peu la sensualité sur la dévotion, qui évoluera vers le rococo - et jusqu’à la débauche de la cour de Louis XV. Par instants, l’on sent aussi combien tous ces luxes dispendieux de matériaux et de génie humain dont se gobergeait une minorité, furent une charge colossale pour les populations civiles - qui, dans le cas français, expliquent pourquoi la Révolution.
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À tout point de vue, une très remarquable et très réussie exhibition.
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Mikaël Faujour
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Victoria & Albert Museum (Londres) , Jusqu’au 19 juillet Site de l’exposition : http://www.vam.ac.uk/microsites/baroque/ M° West Kensington (ligne District) Entrée : £11 (adultes), £6 (étudiants)
Exposition Grégoire Solotareff
Loulou, l’exposition de monsieur Solotareff a lieu à la librairie Michèle Noret à partir d’aujourd’hui jusqu’au 21 juin 2009.
Grégoire Solotareff est un auteur et illustrateur né à Alexandrie en 1953. Il fait des études de médecine et en fait son métier, mais souhaite dessiner.
C’est à partir de 1985 qu’il commence à publier des albums pour les jeunes enfants. Ses histoires mettent en scène des problématiques complexes : difficultés à grandir, affirmation de soi et désirs contradictoires.
Ses récits sont illustrés par sa mère, ainsi que par sa sœur connue sous le pseudonyme de Nadja et Antoon Krings.
Il a aussi co-réalisé avec Serge Elissalde, le film d’animation U. L’histoire : “une licorne prénommée U vient au secours de Mona, une petite fille désespérée par la cruauté de ses parents adoptifs. Le temps passe, Mona grandit et se transforme en une jolie adolescence…” Voici en petit extrait :
Librairie Michèle Noret - 145, rue Saint-Dominique, 75007 Paris / Tel : 06 896 34 30 79 / Du mardi au samedi de 14h à 19h / Du 18 mai au 21 juin de 9 heures à 20 heures.
Mysticisme au rendez-vous avec White Hole de Mariko Mori
mai 26, 2009 by Vanessa
Filed under Art contemporain, Expos, Non classé
Avez-vous l’envie d’évoluer au travers des sphères du mysticisme ? La galerie Emmanuel Perrotin où expose actuellement Mariko Mori, peut vous y faire voyager, jusqu’au 23 juillet 2009.
Mariko Mori est une star japonaise de l’art contemporain. Elle privilégie la photographie. Elle associe ce médium à la mise en scène et à la création de ses propres costumes. Elle est au centre de chacune de ses Å“uvres. Elle emploie son corps comme “un outil pour communiquer avec le monde“.
Au sein de l’exposition White Hole, l’Å“uvre de Mariko Mori représente un simulacre de la vie et de la mort. L’artiste nous invite à repenser l’univers multidimensionnel qu’est l’espace et son devenir funeste. La physique contemporaine formule qu’à la mort de l’univers toutes les étoiles seront avalées par les trous noirs et que toute chose existante va disparaître pour laisser place aux particules célestes qui flotteraient dans l’espace infini.
Galerie Emmanuel Perrotin - 76, rue de Turenne, 75003 Paris / Tel : 01 42 16 79 79 / mardi - samedi, de 10h à 19h / Métro : Rambuteau ou Fille-du-calevaire
Les femmes, ces héros
mai 25, 2009 by Juliette
Filed under Ciné, Coup de coeur
Des visages, des regards, des portraits placardés sauvagement, la planète s’offrant en galerie pour le projet « Women Are Heroes » coproduit par Juliette Renaud et réalisé par le photographe JR . Ce documentaire de 90 minutes dont la sortie est prévue en 2010 tire son inspiration de femmes rencontrées en Sierra-Leone, au Liberia, au Kenya, au Brésil ou encore en Inde. Seuls points communs de ces madones muses d’un jour : la souffrance, leur courage et leur envie de vivre.
Par des photos shootées avec un objectif 28 millimètres, JR, se définissant lui-même comme un artiviste, sublime ses modèles et dénonce les calvaires vécus par ces « Heroes ». Ses œuvres sont ensuite imprimées sur des bâches pour des photos vues du ciel ou encore sur des affiches qui décorent la ville. Prise de vue la plus marquante : un train paré de photos d’yeux s’unissant au fils de son voyage aux deuxièmes parties de visages, savamment disséminés dans le paysage, afin de reconstituer les portraits complets. La nature se transforme alors en écrin pour une exposition hors norme. L’émotion est palpable.
L’équipe du documentaire, vigilante de ne pas s’imposer auprès de ces âmes meurtries, a

Dans les rues de Rio
adopté comme philosophie de s’installer quelques jours avec la population avant de commencer à travailler. Juliette Renaud, productrice entre autres de La Cité des Dieux en 2001 et de Comme t’y es belle en 2005, raconte non sans émotion l’accueil et la générosité dont ils ont été témoins.
Des expositions dans les grandes villes d’Europe – actuellement à Bruxelles – compléteront le documentaire pour sensibiliser les Occidentaux à ces destins de battantes. Une véritable leçon de vie artistique.
site officiel de « Women Are Heroes »
Juliette Chain grâce au témoignage de Angie
Le TRAM en action
mai 20, 2009 by Vanessa
Filed under Art contemporain, Expos

Le TRAM est une association qui rassemble des sites participant à la production et à la diffusion de l’art contemporain en Ile de France. Leur but : sensibiliser le public. Nicher pour la majeure partie autour de la capitale, ils représentent la créativité active, les salons des indépendants de notre époque, tout ce qui grouille d’inventivité, de vie, et qui demain sera à la page, consacré dans les musées de la capitale (certaines artistes déjà reconnus en dehors de l’hexagone (ils le seront ici dans vingt ans…) reviennent parfois prêtés leur Å“uvres, renvoyant ainsi l’ascenseur à ceux qui les ont soutenu dans leur évolution). Longtemps cantonnés à un art minimaliste, narcissique, ces lieux de création s’ouvrent à une recherche moins conceptuelle et toujours de qualité. Choisissez votre destination, nous vous montrons le lieu à découvrir…
Val d’Oise
Abbaye de Maubuisson - rue Richard de Tour, 95 310 Saint-Ouen-L’Aumône / Tél : 01 34 64 36 10 / www.valdoise.fr
Yvelines
Centre national de l’estampe et de l’art imprimé (Cneai) - Ile des impressionnistes, 78400 Chatou / tél : 01 39 52 45 35 /www. cneai.com
Le Maréchalerie - centre d’art contemporain - Ecole nationale supérieure d’architecture de Versailles, avenue de Sceaux, 78000 Versailles / tél : 01 39 07 40 27 /www.versailles. archi.fr/centre_art.php
Essonne
Ecole et espace d’art contemporain Camillle Lambert - 35, avenue de la Terrasse, 91260 Juvisy sur Orge / tél : 01 69 21 32 89.
Centre d’art contemporain de Brétigny - Espace Jules Verne, rue Henri Douard, 91220 Brétigny sur Orge / tél : 01 60 85 20 76 / www.cacbretigny.com
Domaine départemental de Chamarande Centre d’art contemporain - 38, rue du Commandant Arnoux, 91730 Chamarande / tél : 01 60 82 52 01 /www.chamarande.essonne.fr
Seine et Marne
Centre d’art contemporain de la Ferme du Buisson - Allée de la Ferme-Noisiel, 77448 Marne-la-Vallée cedex 2 / tél : 01 64 62 77 00 / www.lafermedubuisson.com
Centre photographique d’Ile-de-France (Cpif) - 107, avenue de la République 77340 Pontault-Combault / tél : 01 70 05 49 80 / www. cpit.net
Seine-St-Denis
Le Forum, Scène conventionnée de Blanc-Mesnil - 1/5 place de la Libération 93150 Blanc-Mesnil / tél : 01 48 14 22 00 / www.leforumbm.fr
Synesthésie - 15, rue de Denfert-Rochereau  93200 Saint-Denis / tél : 01 40 10 80 78 / www.synesthesie.com
Les Laboratoires d’Aubervilliers - 41, rue de Lécuyer; 93300 Aubervilliers / 01 53 56 15 90 / www. leslaboratoires.org
La Galerie Centre d’art contemporain - 1, rue de Jean-Jaurès; 93130 Noisy-le-Sec / tél : 01 49 42 67 17.
Centre d’art Mira Phalaina Maison populaire - 9, rue de Dombasle; 93100 Montreuil / tél : 01 42 87 08 68 / avec aujourd’hui Un Plan Simple www.maisonpop.fr
Hauts de Seine
École municipale des beaux-arts / galerie Édouard Manet - 3 place Jean Grandel; 92230 Gennevilliers / tél : 01 40 85 67 40.
Ecole supérieure d’art de Rueil-Malmaison - 3, rue du Prince Eugène; 92500 Rueil-Malmaison / tél : 01 5547 14 80 / www. earueil.com
Galerie Villa des Tourelles - 9, rue des Anciennes-Mairies; 92000 Nanterre / tél : 01 41 37 52 06 / www.nanterre.fr
Maisons des Arts - 105 avenue du 12-Février-1934; 92240 Malakoff / tél : 01 47 35 96 94 / http://maisondesarts.malakoff.fr
Val-de-Marne - Centre d’art contemporain d’Ivry - le Credac/Galerie Fernand Léger - 93, avenue Georges Gosnat 92200 Ivry-sur-Seine / tél : 01 49 60 26 06. (avec aujourd’hui l’exposition Urban Ping Pong)
Galerie municipale de Ivry - 59, avenue Guy-Môquet 94400 Vitry-sur-Seine / tél : 01 43 91 15 35.
MAC/VAL Musée d’art contemporain du Val-de-Marne - Place de la Liberation, BP 147 94400 Vitry-sur-Seine / tél : 01 43 91 64 20.
ainsi que Paris…
Palais de Tokyo - 13, avenue du Président Wilson 75116 Paris / tél : 01 47 23 54 01.
Le Plateau-Fonds régional d’art contemporain d’Ile-de-France - Place Hannah Arendt, angle de la rue des Alouettes et de la Carducci 75 019 Paris / tél : 01 53 19 84 10.
La Vitrine de L’ENSA Paris-Cergy - 24 rue Moret 75011 Paris / tél : 01 43 38 49 65.
La maison rouge, fondation Antoine de Galbert - 10 bd de la Bastilles 75012 Paris / tél : 01 40 01 08 81.
Beaux-arts de Paris, l’école nationale supérieure - 14, rue Bonaparte 75006 Paris / tél : 01 47 03 54 58.
Immanence - 21, avenue du Maine; 75015 Paris / tél : 01 42 22 05 68.
Jeu de Paume - Site CORCORDE - 1 place de la Concorde 75008 Paris /Site SULLY - 62 rue de Saint-Antoine 75004 / tél : 01 47 03 12 50. Avec l’exposition HFRG
TRAM - Réseau art contemporain Paris / Ile de France , 32, rue Yves Toudic, 75010 Paris / Tél : 01 53 34 64 15.
Une polémique qui n’a rien d’accessoire : Accessoires de mode sous l’Occupation
mai 20, 2009 by Benj
Filed under Aujourd'hui, Journée
Parlons d’accessoire.
Une exposition de mode trois fois reportée par la Mairie de Paris, c’est accessoire.
Une exposition de mode trois fois reportée par la Mairie de Paris, au motif d’une non-conformité à la vision « municipale » de l’Occupation : ou est-ce encore accessoire ?
Une exposition de mode trois fois reportée par la Mairie de Paris, qui menace de l’être une quatrième, par crainte municipale de reproduire la polémique « Zucca » : est-ce toujours accessoire ?
Souvenez-vous : l’année dernière, au mois d’avril, l’exposition Des parisiens sous l’Occupation, présentant un Paris photographique trop ensoleillé et insouciant des années 1940 et 1944, était mise en cause. Les sympathies nazies du photographe Zucca et son appartenance au journal de propagande Signal rendaient son travail sujet à caution. Nulle trace donc dans ses images d’actes de Résistance, de rafles juives ou de queues de rationnement, pourtant quotidiens dans un Paris occupé. Toutes les photographies présentaient des Parisiens souriants, comme si l’Occupation ne les affectait que dans une moindre mesure. Mais cette facette, même tronquée, ne contenait-elle pas sa part de vérité, celle d’une France qui collabore ou qui vit malgré les « années noires », sans résister ? Toutefois, ce qui a été logiquement reproché aux commissaires d’exposition fut l’absence de contextualisation : les premiers visiteurs ne savaient pas dans quelles circonstances avaient été pris ses beaux clichés couleurs.

Parlons d’accessoires.
Un soulier compensé à bride, décoré des drapeaux alliés, est reproduit sur l’affiche de la future exposition “Accessoires de mode sous l’Occupation. Paris 1940-1944). Au musée Galliera, partenaire de l’exposition, on nous a répondu que cette affiche très consensuelle visait à rassurer la Mairie.
Le communiqué de presse, réécrit, selon cette même source, par le service culturel de la Mairie de Paris, traduit le manichéisme de l’Histoire officielle de l’Occupation. Oui, un sac à double fond conçu pour dissimuler des tracts de Résistance fera bien face à un foulard dont l’imprimé représente Pétain ! Mais le propos originel de l’exposition n’était-il pas de montrer la coquette débrouillardise de la grande majorité de ces Parisiennes ni résistantes ni collaborationnistes ? Enfin, toutes les photographies qui devaient représenter ces Parisiennes accessoirisées seraient retirées de l’exposition, polémique Zucca oblige !
Exposition : Accessoires de mode sous l’Occupation, Paris 1940-1944 (finalement maintenue)
Du 20 mai au 15 novembre 2009, en partenariat avec le Musée Galliera.
Lieu : Mémorial du Maréchal Leclerc de Hauteclocque et de la Libération de Paris – Musée Jean Moulin, Jardin Atlantique, 23, allée de la 2ème DB – Paris 15e
Métro : Montparnasse Bienvenüe
1, 2, 3 Hypnos
mai 19, 2009 by Vanessa
Filed under Aujourd'hui, Soirée

Territoire du néant. Zone d’assoupissement de la conscience. “Hypnos” incarne ici un projet esthétique portant sur l’approche du regardeur sous l’omniprésence médiatique du monde hyperindustrialisé.
Ce soir, 18h, à la galerie Defrost, venez assister au vernissage de l’exposition collective 1, 2, 3 Hypnos qui part de l’actuelle remise en cause d’un constat sociologique : la dimension fascinante des médias comme facteur de démocratisation et “d’épanouissement” dans le siècle dernier.
Galerie Defrost - 24, rue du Vertbois, Paris 75003 / Tel : 01 77 32 72 33 / Métro : Arts et Métiers, lignes 3 et 11.
Art à Saint Germain des Prés
Aujourd’hui et durant quatre jours les galeries du quartier de Saint-Germain-des-Près sont en fête. C’est le moment de prendre le temps de flâner dans les galeries. Jusqu’au 17 mai : Art contemporain, photographies, art premier, art décoratifs, grands créateurs de meubles du XXe siècle… sont au rendez-vous.
Voici la liste des galeries partenaires sur les site Art Saint Germain-des-Prés.
10 places à gagner pour l’expo HF | RG au Jeu de Paume
mai 12, 2009 by marie
Filed under Art contemporain, Expos
Que signifie ce sigle “HR | RG” ? La Boîte à sorties est allée enquêtée sur place pour découvrir le travail croisé de Rodney Graham et Harun Farocki : HF | RG [Harun Farocki | Rodney Graham]. Au fur et à mesure de notre visite, l’exposition nous a semblé de plus en plus pertinente, et de fait injustement méconnue. A notre article, nous avons voulu ajouter un concours pour vous inviter à découvrir cette exposition, et vous faire part de votre ressenti.
Vous avez donc juste au 26 mai pour gagner 10 places offertes par le Jeu de Paume. Voici donc notre critique :
Ceci tuera cela. Le livre tuera l’édifice. Plus d’un siècle après Victor Hugo, le réalisateur-chercheur Rodney Graham reprend l’expression et l’actualise : La caméra tuera le livre nous dit le projecteur qui enterre une machine à écrire sous des monceaux de neige.
Cette idée est soutenue par les autres œuvres de l’artiste présentées au Jeu de Paume, ainsi que par des installations de l’allemand Harun Farocki. Les travaux des deux hommes se répondent.
Le réalisateur Harun Farocki a visionné des milliers d’images diffusées sur différents supports : films, matchs de foot, informations, scènes de guerre, vidéos surveillance. « Jusqu’à présent, les images ont toujours été commentées par des mots, quelques fois par de la musique » explique le réalisateur-chercheur. Dans un monde où l’image est partout, où elle évince jusqu’à l’homme, Harun Farocki décide d’analyser « les images par des images ».
Marqué par la couverture occidentale de la guerre du Golf, le chercheur nous présente des vidéos d’archives des combats. Ces premiers films ont été pris par des drones, armes devenus caméras qui s’écrasent dans des champs de bataille déserts. Avec ces images grises et brouillées, le spectateur a comme l’impression que « la guerre se [poursuit] d’elle-même ».
Le refoulement de l’humanité, hors du cadre de l’image, est renforcée par le fait que les vidéos de surveillance ne sont pas forcément regardées par des humains ; lorsqu’elles sont considérées comme insignifiantes, elles sont immédiatement détruites. Par cette constante surveillance, c’est comme si la totalité du réel était rejouée, en léger différé et en 2D, sans que nous n’en ayons aucune conscience et sans que cette réalité calquée n’ait de finalité. Dans des cas exceptionnels, l’image peut retenir l’attention : dans une prison, une visiteuse qui touche son amoureux plus que le règlement ne le prévoit, (donc, plus que ses mains) ou, dans la cour, une bagarre entre deux incarcérés. Dès lors, les images extraites vont interagir avec le réel, rentrer dans la boucle de la réalité.
Immersion, 2009, Harun Farocki. Crédit photo : Harun Farocki
Avant d’entrer au Jeu de Paume, le visiteur était peut-être ce Monsieur endormi allongé sur la banquette arrière d’une voiture filant dans la nuit. Cet homme, Rodney Graham qui pour l’expérience avait avalé des somnifères,  est comme le spectateur de ciné, un ronfleur que rien ne vient déranger.
Halcion Sleep, 1994, Rodney Graham. Crédit photo : Rodney Graham
Afin que vos antennes soient encore mieux éclairées, nous vous conseillons pour cet riche et conceptuelle exposition une visite commentée.
Marie Barral
HF | RG [Harun Farocki | Rodney Graham] jusqu’au 7 juin 2009 au Jeu de Paume, 1, place de la Concorde
75008 Paris, Métro : Concorde (lignes 1, 8, 12), Bus : 24, 42, 72, 73, 84, 94 Renseignements : 01 47 03 12 50 Accès par le jardin des Tuileries, escaliers côté rue de Rivoli. Le Mardi (nocturne) : 12h à 21h Mercredi à vendredi : 12h à 19h ; Samedi et dimanche : 10h à 19h Plein tarif : 6 euros, TR : 4 euros.
Visites commentées pour les individuels : du mar au sam à 12H30, le dim à 14H30.
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Petite compilation des évènements artistiques à venir
mai 7, 2009 by Vanessa
Filed under Art contemporain, Expos
Voici une petite compilation des évènements à venir au sein des musées d’art contemporain et des galleries de Paris et en Ile de France :
Dans les musées :
- Jeu de Paume
Du 30 mai au 27 septembre :
Planète Parr - la collection de Martin Parr : cette exposition proposera un dialogue entre les photographie de l’artiste et sa collection d’objets hétéroclites.
Irina Botea : Artiste né dans les années 70, enseigne à Chicago. Ses vidéos réinterprètent les images des médias qui font l’ Histoire.
© Martin Parr, Magnum Photos / Kamel Mennour
Du 29 mai au 27 sept :
VRAOUM! Bande dessinée et art contemporain : rencontre entre deux univers de la bande dessinée et l’art qui est nourrit de celle-ci. Cette exposition donnera à voir une série de sculpteurs et de peintres qui se sont inspirés de la BD.
Du 28 mai au 27 septembre :
Spy Numbers : Les “spy numbers station” sont utilisés pour transmettre des instructions sous forme codée à des espions dans le monde entier. Le Palais de Tokyo invitera des artistes passionnés d’encodage mathématiques, d’effacement de corps lynchés, de capteurs sismiques et de la production d’aurores boréales.
Dès le 26 juin :
Veit Stratmann propose une installation lumineuse sur laquelle le regard ne s’arrête plus. La lumière transforme entièrement les espaces de circulation du musée et abolit les frontières entre l’environnement et l’ environné.
Inci Eviner a eu l’idée original d’utiliser du papier peint pour transformer son espace d’exposition. Les images qu’elle utilise permettent  d’interroger les frontières entre le public et le privé.
Galleries :
Du 9 juin au 31 juillet 2009 :
Corps étranger est une exposition de Martiel Cherrier. Ce dernier sculpte son corps et le met au centre de son œuvre photographique.
Du 12 mai au 12 juin 2009 :
Exposition White else?… Plusieurs artistes ont rassemblé leurs Å“uvres pour une ode au blanc.
Du 07 mai au 20 juin 2009 :
All Passion spent (Death and Dark forests). Borre Saethre met en scène des environnements oniriques offrant une expérience cinématique. Ses espaces peuvent, à première vue, paraître austères. Elles se révèlent emplies de fantaisies cachées (sculptures, jeux de lumières, ambiances sonores et films).
Du 06 mai au 06 juin 2009 :
“Ummagumma” est le nom de l’exposition d’Armand Jalut et de Maxime Rossi. Leurs peintures attirent pour leurs qualités d’exécution autant qu’elles suscitent le dégoût et la répulsion. Ils ont une approche poétique et ironique, interrogeant notre perception du geste artistique.
Jusqu’au 14 juin :
“Urban Ping Pong” explore des nouveaux rapports entre l’art et l’urbain.

















