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Fiac, 35 édition

Vendredi 24 octobre 2008

Fiac 2008, Grand PalaisJusqu’au 26 octobre la Foire internationale d’art contemporain de Paris fête sa 35 e édition au Grand Palais et dans la Cour Carrée du Louvre. Elle réunit à nouveau les galeries les plus prestigieuses de plus de 20 pays. 72 galeries françaises et 117 galeries étrangères sont représentées. De nombreux salons indépendants cohabitent avec la FIAC dans Paris, dont Show off, à l’espace Pierre Cardin et la Slick à l’espace 104.
La Boîte à sorties était au vernissage hier au Grand Palais et vous propose son tour de piste.

GRAND PALAIS

Soleil d’hiver, hier en début d’après-midi devant le Grand Palais. La crise n’a pas empêché les collectionneurs de se rendre à leur rendez-vous annuel parisien avec les galeristes du monde entier. Si, devant l’entrée, un jeune homme en costume tient un panneau annonçant qu’il vend toute sa collection à perte à cause de la crise financière, à l’intérieur, de nombreux points rouges sous les oeuvres montrent qu’à la Fiac, on vend encore.
Comme chaque année les grandes galeries parisiennes sont au rendez-vous : Yvon Lambert, à l’entrée, avec ses Barcelo, son Ghupta qui ressemble étrangement à un Hirst, Chantalm Crouzel avec son inclusion de rognures d’ongle d’un an de Mona Hatoum, et ses photos surcolorées de fleurs signées Jean-Luc Moulènes, Kamel Mennour avec ses Djamel Tatah, Emmanuel Perrotin avec ses ferronneries de Xavier Veilhan, Marianne Goodman avec des photos impeccablement réalistes de Thomas Struth, Jérôme de Noirmont avec ses photos de Pierre et Gilles et ses toiles de Fabien Hyber et Lelong avec ses Kounellis.

Les galeries étrangères aussi sont bien sûr représentées : chez Karsten Greve on propose de très beaux Soulages, chez Tornabuoni, on retrouve les éternels Fontana, Zlotowski propose une exposition Kurt Schwitters. Christian Schein vend des Mimo Paladino aussi colorés que dans les années 1960 et Cheim & Reed propose de très beaux Louise Weiss. Enfin, Hauser & Wirth a ressorti de très beaux Boltanski.

Fiac

Boltanski, FiacL’impression générale qui se dégage de la foire est un confort cotoneux : luxe, calme et volupté, la crise n’a pas eu lieu, la politique est à peine évoquée, et tout est à l’image rassurante du Jonathan Monk exposé chez Air de Paris, normalement connu pour son goût de la provocation : un Monet version 2008, à peine ironique et apaisant pour les yeux.

Fiac

Monk, FiacMême les Tatiana Trouvé de chez Perrotin, galerie qui avait causé le scandale et l’attraction l’an dernier sont doux au regard.

Bien sûr, il reste quand même quelques Thomas Hirschhorn facétieux chez Almine Rech et chez Chantal Crouzel. Et Yan Pei-Ming évoque les élections américaines chez David Zwirner. Mais la tendance reste quand même au lisse agréable d’un lac suisse en été.

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Deuxième grande tendance de cette Fiac 2008 : le retour à la gravure. Plagiée, parodiée ou retrouvée, la vieille technique expressionniste dépasse de loin la photo ou la vidéo.

Voici comme d’habitude le top 3 d’en3mots dans les découvertes de cette année:

Chez Continua, le très poétique “Lire les cendres, écouter les silences” de Chen Zhen donne envie de méditer.

Fiac

fiacChez Catherine Bastide, les vidéos baroques et très “K und K” de Catherine Sullivan relisent en nous faisant rire le mime de l’Histoire en constumes.

Enfin, chez les paysages oniriques de Valery Koshlyakov, comme ce temple de Nika, font voyager à la galerie Krinzinger.

Fiac

COUR CARREE

Du côté de la Cour carrée, c’est déjà la nuit quand on arrive. L’ambiance est comme d’habitude plus décontractée et plus jeune. On est au bout du parcours et les visiteurs prennent le temps de boire un verre comme lors de n’importe quel vernissage.

L’on y découvre, comme chaque année, les 4 finalistes du prix Marcel Duchamp. Les voici :
- Michel Blazy chez Artconcept

- Didier Marcel chez Michel Rein

- Laurent Grasso chez Valentin

- et Stéphane Calais chez Jocelyn Wolff

Nos 3 favoris de cette foire colorée et pétillante sont
- Les dessins mi-comiques, mi-alarmants de Jerôme Zonder chez Eva Hober
- Les sculptures néo-beuysiennes de Gruyten & Thys chez Isabella Bortolozzi
- Et l’ensemble de la galerie La Blanchisserie, qui ressemble à un refuge alpin en bois.

Fiac

show off

SHOW OFF
Comme l’an dernier, l’espace Pierre Cardin permet de voir d’autres galeries. Moins brillant que l’an dernier, voire carrément décevant, ce Show off a pour thème principal l’enfance ou l’innocence salie par la guerre 2008 et permet quand même de (re)découvrir les artistes talentueux de la Galeries Sara Guedj, dont notamment Chloé Julien. Et la statue de la liberté qui fait l’aumône de Roy Machetti.

Ne manquez pas les nombreux off de la Fiac, notamment la Slick, et la DIVA Fair oragnisée par Pierre Cornette de Saint Cyr.

A. Lesage et E. Trenkwalder, les inspirés.

Mardi 22 juillet 2008
22 juillet 2008 16:00au31 juillet 2008 16:00
Les inspirés ! C’est sous ce vocable que la mesure d’Augustin Lesage, peintre médiumnique rencontre les installations architecturales érotiques du sculpteur et peintre autrichien Elmar Trenkwalder. Remarquable initiative d’Antoine de Galbert et de sa Maison Rouge, qui, réunit ce qui était épars, donnant à l’amateur, une vision symbolique, analogique rare, nous rappelant que le spirituel est dans l’art, s’il n’est l’art, lui-même. Deux oeuvres singulières, distinctes autant par la forme d’art à laquelle on les rattache – l’Art brut pour le premier, l’Art contemporain pour le second-, mais produites par deux personnalités habitées par la croyance en la puissance magique de l’œuvre d’art.

Celle, celui qui pénétrera ce lieu, appréhendera ou affinera sa vision du monde symbolique. Non pas celle de la pacotille bon marché des nombres et de l’écriture, d’objets signifiants prêchés dans des temples obscurs, mais celle mettant en oeuvre la belle analogie, rencontre de l’horizontal et du vertical (René Alleau, éditions Payot 1976). Le vertical, le physique, reste d’une douceur phallique. Ce sont les installations « palais » d’Elmar Trenkwalder, se qualifiant lui-même d’ « aspirateur » d’images, offrant des architectures jusqu’alors jamais vues et pourtant si familières. L’horizontal, l’aplat, le plan appartient à la fluidité, la symétrie, la vignette, l’affiche, la spiritualité raisonnée. Ici, l’esprit est bien plus qu’un périphérique, bien plus qu’un boulevard circulaire, bien plus qu’une spirale. Il est pénétrant. C’est celui d’Augustin Lesage, ancien mineur de fond du Pas-de-Calais, dont la peinture et la révélation « spiritualiste » lui permirent d’échapper à la condition des damnés, donnant à son oeuvre, un souhait, non pas d’éternité, mais de réincarnation.

Au centre des pièces, l’érotisme somptueux, sensible, gigantesque de faïence et d’émaux, dressé comme des palais indiens aux allées bordées de piliers, de fontaines et de vases remplis de liqueur humaine. Ici, la courbe est de mise. Ici, l’amour confronte la libido dans une matière charnelle de luxe, ornementale, monumentale, décorative, hédoniste. Révélateur de paradoxe et de métamorphose, il nous permet de participer d’une expérience séduisante mettant en relation l’ornement et le désir. La matière céramique, son aspect « ruisselant, humide », ce « prêt à toucher » pourrait laisser croire que l’aspect « organisé », mystique de l’oeuvre, permettraient de dissimuler une atmosphère de crime. Il semble que la plupart de ses oeuvres participent d’un principe d’érotisation général. De même que son intérieur se projette sur l’espace extérieur, de la même manière, l’érotisme habille, imbibe, voire contamine tous les sujets dont il s’occupe. Dans cette logique, l’androgyne occupe une place centrale, dans la mesure où elle constitue, par excellence, la figure de la symétrie sexuelle.

« Il s’agit toujours de cette réversibilité. Sans doute aussi, du désir de ne faire qu’un. [...] C’est une métaphore. Une métaphore de la vie considérée comme un principe fusionnel. »

Elmar Trenkwalder semble fasciner par le palais du facteur Cheval, Michel-Ange et les sculptures du Bernin. Mêmes, si ces univers semblent éloignés, ils procèdent pour lui d’une même intensité. Ici, la matière est une possibilité de penser. Aujourd’hui, c’est le médium qui compte. Il ne s’agit plus pour lui de réfléchir sur le médium ou avec, mais bien, de le mettre en oeuvre, dans la recherche d’une symétrie entre lui-même et le monde.

Augustin Lesage, ouvrier mineur devient peintre à l’âge de trente-cinq ans. Illuminé, dans tous les sens du terme, il l’est. Intégré au milieu spirite qui lui reconnaît des qualités de médium - « sa capacité à accueillir le message de l’esprit invisible » - il abandonne son activité de mineur en 1923 et se consacre entièrement à la peinture jusqu’à sa mort. Il dit et répète que ce n’est pas lui qui commande sa main, ni son regard lorsqu’il peint. Il trouve ainsi, dans ce phénomène spiritiste déferlant aux Etats Unis et dans le nord de l’Europe, vers le milieu du XIXème siècle, une brèche dans le barrage socio-culturel, en peignant sous la direction des esprits. Étrangement, ce mineur plongé au coeur de la déshumanisation, de l’épuisement, des boyaux des houillères étranglant le corps et la pensée, de l’absence de lumière, sera sauvé de la folie de l’ « enterrement vif » qui le gagnait par cette retraite anticipée et sa rencontre avec l’occulte. Il se libère de sa condition de forçat. Ce qui a été refoulé dans le réel n’est pas aboli pour autant et fait fatalement retour sur un monde délirant. Ce monde s’impose au sujet (contrairement à l’œuvre d’ Elmar Trenkwalder, très préparée, schématisée, organisée) hors de toute action symbolique. Il sortira ainsi de l’ombre, de la tombe, de l’idéologie paternaliste. La peinture raisonnée, maniacosymétrique de Lesage démontre l’absence de toute influence culturelle ou de toute intoxication religieuse. Il nous donne la clé d’une énigme artistique: d’où l’artiste tire-t-il son pouvoir d’expression? Certes, il renchérit sur sa propre aliénation. Il réussit, au-delà d’une vie tracée dès la naissance à inventer son propre langage, contredire la fatalité sociale, en renversant les termes de la formule. Ainsi donne-t-il « raison » à ses propres croyances, dans cette oeuvre précise qui lui survit.

Www.lamaisonrouge.org

Jean Nouvel scénarise César à la Fondation Cartier

Lundi 21 juillet 2008

L’architecte Jean Nouvel est commissaire et scénographe d’un anthologie dédiée à son ami le sculpteur César, dans un bâtiment qu’il a lui-même construit. Jusqu’au 26 octobre.

Le sculpteur César (celui là même qui a conçu les petites sculptures qu’on remet aux lauréats du cinéma français chaque année) est mort en 1998. La fondation Carier a déjà souvent rendu hommage à l’artiste, qui serait à l’origine de l’initiative de la « création d’un lieu d’exposition libre et différent ».

Pour cette anthologie, la Fondation a demandé à son propre achitecte, Jean Nouvel, de donner une certaine idée du sculpteur. Selon Jean Nouvel, l’attitude de César Baldaccini est « celle d’un artiste conceptuel ». César a suscité la polémique, de savoir si ses sculptures étaient encore de l’art ou juste un « truc » conceptuel pour faire un coup médiatique. Comme l’explique Catherine Millet, César lui-même s’est posé la question : « Aussi classique [fut-il], aussi attaché au métier, [il s'est trouvé] pris dans une problématique qui fait que la sculpture n’est plus seulement l’art des belles proportions à bâtir et des beaux matériaux à caresser [mais] qu’elle est peut-être une idée ».

Herb Ritts, César, Cahors, 1993 © Herb Ritts Foundation

Aussi voit-on peu de « fers » dans cette exposition thématique sur César, et beaucoup de Compressions, d’Expansions et d’Empreintes humaines. Dans les trois cas, c’est un nouveau procédé qu’a inventé César, dans les années 1960. Et à chaque fois, il ne créé plus à la main, mais dirige des opérations complexes. Dans le cas des compressions, il s’agit d’un nouvel outil : le Big squeeze, qui est la grande presse hydrolique servant à compacter les autos à la casse ; pour les empreintes humaines, il y a agrandissement par procédé pantographique et travail sur une matière résineuse ; et pour les extensions, c’est encore la matière qui est au centre, avec l’usage du polyeruthane, plastique extrêmement léger et malléable, qui dégouline à l’horizontale ou à la verticale, selon le temps que lui accorde César pour sécher, le mouvement qu’il sonne aux coulées, et la manière dont il le polit ou le vernit.

La visite commence dans la salle du bas, opaque et sans lumière naturelle, où l’on découvre certaines « compressions historiques » du Salon de Mai 1960 et une allée de sculptures aux teintes mordorées, réalisées à partir de voitures Fiat en 1998. Un film montre césar à l’âge de 45 ans, bourru, sur de lui, jurant avec son accent marseillais et aux commande de la grande presse à compresser les autos. Dans la petite salle, des morceaux de voitures sont exposés, qui jouent avec leurs propres ombres sur le mur. Certains cadavres d’autos sont bruts et non traités, ressemblant vraiment à des squelettes. En haut, dans des caisses brutes de bois qui ont l’air prêtes à traverser l’Atlantique, quelques « fers » sont exposés. Ces œuvres plus anciennes de César sont déjà faites de métaux récupérés, mais encore forgées à la main, et gracieusement anthropomorphes. A droite, les grandes « Empreintes humaines » sont surtout les pouces agrandis de l’artiste, qui comme le Jules César historique, voulait pouvoir décider de la vie ou la mort des gladiateurs d’un geste de la main, des seins de femme, un poing entier, et une main. Les couleurs de la résine passent du rouge vif au jeune translucide et les empreintes semblent s’étendre un peu partout sur des piédestaux de formes et tailles diverses. De l’autre côté, les « Extensions » coulent sur des socles blancs à peine visible et au ras du sol, chairs molles de couleurs vives, plus ou moins brillantes selon le vernis et de degré où elles ont été polies.

Dehors, dans l’agréable jardin de la fondation, quelques sculptures sont montrées, et dialoguent à travers la paroi de verre avec les sculptures présentées à l’intérieur du musée. A partir de journaux périmés, la reconstitution de l’œuvre éphémère créée par César pour Bâle en 1998 : « Un mois de lecture des Bâlois » est un jeu impressionnant sur l’archéologie de notre passé immédiat dans ce qu’il a de plus fragile, ses déchets.

A voir, pour découvrir, ou redécouvrir César, et pour buller dans la jardin de la Fondation…

Jusqu’au 26 octobre, “César, anthologie par Jean Nouvel”, Fondation Cartier pour l’art contemporain, mar-dim, 11h-20h, 261, Bd Raspail, Paris 14e, M° Raspail, 6,50 euros (TR 4,50 euros), accès libre le mercredi de 14h à 18h.

Exposition Hans Hartung à la fondation Maeght

Jeudi 26 juin 2008

Cet été, les amoureux de l’art moderne ont une nouvelle fois rendez-vous dans la petite ville de Saint-Paul de Vence pour une grande exposition. Cette année, c’est l’artiste Hans Hartung qui sera à l’honneur.

A partir du 3 juillet, la grande exposition de la fondation Maeght, près de Nice, sera consacrée à l’oeuvre de Hans Hartung. Plus de 250 de oeuvres de 1922 à 1989 y seront présentées.

Cette exposition est le résultat de la rencontre entre deux fondations privées: la fondation Maeght et la Fondation Hans Hartung et Anna-Eva Bergman. Une rencontre qui donne naissance à une exposition très complète, regroupant toiles monumentales, dessins et notes intimes, l’exposition permet d’appréhender différemment l’oeuvre de Hans Hartung.

Avec cette exposition, la fondation Maeght renvoie à sa propre histoire, puisqu’en 1971, Hans Hartung y a présenté 64 grands formats réalisés entre 1961 et 1971, et renoue aussi avec les grandes expositions monographiques.

Jusqu’au 16 novembre, Fondation Maeght 06570 Saint-Paul, France, tljs 10h-19h, 11 euros (TR 9 euros), tel : 04 93 32 81 63.