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Abécédaire musical : T et U

Vendredi 18 juillet 2008

Aujourd’hui, T comme Twee Pop et U comme UK Garage.

T comme Twee Pop

« Twee ! », comme prononcent les marmots anglo-saxons quand ils veulent dire « sweet ». Par ce babillement, les journalistes anglais ont désigné la frange la plus douce et enfantine de l’indie pop à la fin des années 80. Née avec la compilation C86 du NME, la twee pop trouve d’abord ses racines en Ecosse, avec des groupes de gentils inadaptés, tels que les Pastels ou les Shop Assistants. Si beaucoup considèrent qu’il s’agit d’un particularisme britannique, on peut lui trouver de profondes ramifications aux Etats-Unis, notamment chez Beat Happening, le groupe de Calvin Johnson, fondateur de K Records (cf. Riot Grrrl). On rappellera aussi que les Vaselines, autres figures du genre, ont eu un fan hardcore célèbre, prénommé Kurt Cobain. Après avoir repris plusieurs de leurs chansons et les avoir invités à jouer avec Nirvana, il a prénommé sa fille Frances, en hommage à Frances McKee, la chanteuse-guitariste du duo.

Albums essentiels :

Beat Happening – Beat Happening (1985)
The Pastels – Up For A Bit With The Pastels (1987)
The Vaselines – The Way Of The Vaselines (1992)

The Pastels - Crawl Babies


U comme UK Garage

Largement usité, le UK Garage désigne aujourd’hui la musique britannique étiquetée urbaine, du R&B au hip-hop. A l’origine, le terme, dérivé du fameux « Paradise Garage » new-yorkais a d’abord désigné l’évolution de la house dans les années 90. Souvent considéré comme un ersatz sans saveur de la disco et de la house américaine, raillé pour son manque de créativité, le UK Garage a toutefois rencontré un succès considérable auprès du public britannique et influencé en profondeur plusieurs strates de l’underground local, notamment le grime et le 2-step. Et si les parangons du genre, So Solid Crew ou Shanks & Bigfoot, restent confidentiels, d’autres sont devenus des monstres mainstream, Craig David en tête.

Albums essentiels :

Artful Dodger – It’s All About The Stragglers (2000)
So Solid Crew – Oh No/Dilemma (2000)
Ms. Dynamite – A Little Deeper (2002)

So Solid Crew - Oh No (Sentimental Things)

Olivier Tesquet

Abécédaire musical : R et S

Jeudi 17 juillet 2008

Aujourd’hui, R comme Riot Grrrl, et S comme Sludge et Shoegaze.

R comme Riot Grrrl 

Bercées au féminisme hardcore de Valerie Solanas et aux saillies de leurs aînées, Slits et Raincoats en tête, les riot grrrls prennent le pouvoir dans l’Etat de Washington, patrie du grunge, au début des années 90. Dans un contexte de do-it-yourself, des équarrisseuses burnées comme Bikini Kill ou Bratmobile se structurent autour de la ville d’Olympia et du label Kill Rock Stars, bien épaulées par des personnalités masculines comme Calvin Johnson et son label K Records. Sur scène, elles allient tenues de suffragettes, sous-vêtements et port de la moustache pour beugler le « girl power ». Aujourd’hui, un groupe comme Gossip, emmené par la fantasque Beth Ditto, se revendique toujours d’obédience riot grrrl. 

Albums essentiels :

Compilation Kill Rock Stars (1991) 
Bikini Kill – Pussy Whipped (1992) 
Huggy Bear – Taking The Rough With The Smooch (1993)

Bikini Kill - Rebel Girl 

 

S comme Sludge 

Dans l’idée, le musicien sludge est une sorte de redneck pouilleux, marginal et fauché au cerveau ralenti par la drogue et l’alcool. Et pour cause, ce style, né en Louisiane, est aux confins du stoner, du doom et du hardcore, soit trois genres caractérisés par leur côté jusqu’au-boutiste. Il fait notamment la part belle aux riffs bluesy ralentis à l’extrême, à la distorsion grave et grasse – sludge signifie littéralement vase – et aux larsens négligés. Fort d’une scène underground particulièrement fertile, le sludge a été mis à toutes les sauces et recouvre désormais de nombreux visages. Certains y voient le rock psychédélique d’Electric Wizard, d’autres le sludge-grind de Soilent Green etc. Les choses sont rendues d’autant plus compliquées que le turn-over des musiciens y est fréquent. 

Albums essentiels : 

Eyehategod – Take As Needed For Pain (1993) 
Acid Bath – When The Kite String Pops (1994) 
Electric Wizard – Dopethrone (2000) 

Electric Wizard – Dopethrone

 

S comme Shoegaze 

Dans le sillage de la pop noisy de Jesus & Mary Chain et des déflagrations sonores des Spacemen 3, le shoegaze pointe timidement le bout de son nez à la fin des années 80, dans la grisaille britannique. Inventé par le magazine Sounds, le terme (littéralement « regarder ses chaussures ») traduit l’attitude des groupes en concert, les yeux rivés sur leurs pédales d’effets. En 90 et 91, alors que la scène est à son paroxysme, deux petits groupes nommés Blur et Oasis émergent dans le paysage musical. Stigmatisée parce qu’elle regarde autant ses pieds que son nombril, la scène shoegaze est alors submergée par la déferlante britpop, ses luttes intestines et ses working-class heroes. En 2008, alors que les frères Gallagher se querellent encore, My Bloody Valentine orchestre son grand retour, à 130 décibels…les yeux rivés sur les pédales d’effet.

Albums essentiels : 

Ride – Nowhere (1990) 
My Bloody Valentine – Loveless (1991) 
Slowdive – Souvlaki (1993)

My Bloody Valentine - Only Shallow

Olivier Tesquet & Yves Bouillon

Abécédaire musical : O et P

Mercredi 16 juillet 2008

Aujourd’hui O comme Oï et Old school, P commme Post-rock et P-Funk

O comme Oï

Malgré son nom on ne peut plus simple et sa forme primaire, le Oï est une musique d’initiée. Car avant de comprendre le mouvement, il faut réussir à faire la part des choses entre ses deux courants représentés par les skinheads d’extrême gauche, les anarchistes et nihilistes d’un côté et les skinheads d’extrême droite ou boneheads de l’autre. Pour compliquer les choses, ce sont de véritables copies carbones : même instru punk – qui sert plus, à l’instar du rap, de support que de musique - même look, même goût marqué pour la provocation, même classe sociale visée et donc même cri de ralliement « Oï, oï, oï ! ». Le oï est passé par beaucoup de phases. A sa naissance au milieu des 70’s, il fait figure de petit frère du punk, se prénommant justement « street punk ». C’est seulement suite au tournant fasciste pris par le groupe Skrewdriver que le oï se divise clairement. Se crée alors un nouveau mouvement, le R.A.C (pour rock against communism), clairement identifié à droite, qui permet au oï de se défaire partiellement de son étiquette raciste. Pour autant, beaucoup les mettent dans le même sac, préférant éviter les uns comme les autres, ce qui a le don d’envenimer encore un peu plus les choses. Et pour cause : les anarchistes n’aiment pas qu’on les traitent de fascistes et les fascistes n’aiment pas qu’on les confondent avec les « gauchos ».

Albums essentiels :

Sham 69 – That’s Life (1978)
Angelic Upstarts – Teenage Warning (1979)
Cockney Rejects – Greatest Hits Volume II (1980)

Sham 69 – Hersham boys (live)


O comme Old School

Si le terme old school est aujourd’hui largement galvaudé, il est également l’objet d’intenses débats parmi les puristes du hip-hop. Pour beaucoup, il trouve ses origines chez les Last Poets, proto-slammeurs auteurs du militant « Niggers Are Scared of Revolution » en 1970. Pour certains, il s’étend de 1979 à 1984, du « Rapper’s Delight » de Sugarhill Gang au premier album des passeurs de Run DMC. Pour d’autres, enfin, le old school vit jusqu’en 1992, date de l’avènement de Dr Dre et 2Pac. Si sa chronologie est toujours floue, le hip-hop originel possède de forts dénominateurs communs, notamment de solides fondations funk et Motown. Et s’il possède ses figures de proue, telles le massif Afrika Bambaataa, il n’oublie pas ses activistes cachés derrière les platines, comme Grand Wizard Theodore, l’inventeur du scratch.

Albums essentiels :
Sugarhill Gang – Sugarhill Gang (1979)
Kurtis Blow – Kurtis Blow (1980)
Grandmaster Flash & The Furious Five – The Message (1982)

Grandmaster Flash & The Furious Five - The Message


P comme Post-rock

Des notes douces, des progressions aussi subtiles que lentes, pas de vocaux : le post-rock est LA musique de rêveur par excellence. Apparu au début des années 90, le mouvement se caractérise plus par sa forme – de longs plans exclusivement instrumentaux- que par son style. Et pour cause, le post-rock pique autant au rock, qu’au jazz ou à la musique électronique. Son côté planant le coupe d’une bonne partie de la scène rock qui le trouve répétitif, voir carrément lourd. Pour autant, les formations post-rock ne sont pas effacées. Leurs identités bien trempées ont largement contribué à leur popularité, comme ça a été le cas pour les membres de Godspeed You Black Emperor lorsqu’ils ont ouvertement avoué leurs penchants anticapitalistes. Et même s’il reste confidentiel, le mouvement post-rock a su se faire une place dans le paysage musical mondial, à l’instar de Mogwai, qui a signé la B.O de Zidane : un portrait du 21ème siècle en 2006. Si bien qu’aujourd’hui, le post-rock est implanté partout où il y a une scène rock, de l’Asie à l’Amérique du nord en passant par l’Europe.

Albums essentiels :

Mogwai – Come On Die Young (1999)
Explosions In The Sky - Those Who Tell The Truth Shall Die / Those Who Tell The Truth Shall Live Forever (2001)
Godspeed You Black Emperor! - Lift Yr. Skinny Fists Like Antennas To Heaven! (2002)

Godspeed You Black Emperor! - Sleep

P comme P-Funk

Le P-Funk, contraction de Parliament et Funkadelic, est l’enfant terrible de George Clinton, cousin funky sous LSD de Lee Scratch Perry. En 1975, avec « Mothership Connection », Clinton chante le retour aux sources, non pas en Afrique, mais dans les étoiles. A partir de cette période, il développe une esthétique futuriste chargée en symboles et en vaisseaux spatiaux, fortement teintée d’afro futurisme. Pour beaucoup, le prophète à dreadlcoks se résume à un truisme devenu une devise : « move your feet and your ass will follow ». Ce serait oublier qu’il fût l’un des artistes les plus samplés du mouvement hip-hop naissant et l’un des premiers à réussir le crossover funk/rock avec une telle flamboyance.

Albums essentiels :

Parliament – Mothership Connection (1975)
Funkadelic – One Nation Under A Groove (1978)
P-Funk All Stars – Urban Dancefloor Guerillas (1983)

Parliament - Mothership Connection (live)

Yves Bouillon & Olivier Tesquet

Abécédaire musical : M et N

Vendredi 11 juillet 2008

Aujourd’hui, M comme Miami Bass et Mathcore, et N comme No Wave et Nu Rave.

2 Live Crew, chantres de la Miami Bass

M comme Miami Bass

Sale, luxurieuse, scatologique, la Miami Bass est une composante majeure de la « booty music », une terminologie qui fait directement référence au postérieur féminin. Dans cette enclave du mauvais goût, « Bass Rock Express », le morceau séminal du genre, est souvent perçu comme la relecture floridienne gonflée aux stéroïdes du « Trans-Europe Express » de Kraftwerk. Musicalement proche de la techno de Detroit et du hip-hop, la Miami Bass a donné naissance dans les années 90 à un sous-genre encore plus extrême : la boom’ n’ bass, un exercice de style consistant à vous éclater le diaphragme en produisant des ultrasons lors de compétitions de tuning et autres lowriders.

Albums essentiels :

2 Live Crew – 2 Live Is What We Are (1986)
MC ADE – Just Somethin’ To Do (1987)
Divers – Biggest Bass Hits From The Bottom (1996)

2 Live Crew - Me So Horny

M comme Mathcore

Finies les mélodies, vive la musique de rythmes. Depuis quelques années, les riffs mathématiques envahissent les milieux extrêmes. La formule est simple : tordre le temps dans tout les sens jusqu’à la migraine, puis envahir le tout de notes discordantes. Résultat, on obtient des chansons dérangeantes, déviantes, glaciales. Les fers de lance de ce mouvement sont sans conteste les suédois de Meshuggah. Ce sont eux qui sont allés le plus loin dans l’univers en déshumanisant partiellement leur musique. Depuis, ils ont été rejoints parune vagues de groupes tout aussi inspirés (Textures, Dillinger Escape Plan, …), tant et si bien que le style s’insinue dans le rock plus « traditionnel », chez les new-yorkais de Battles par exemple.

Albums essentiels :

Meshuggah – Nothing (2002)
Textures – Polars (2003)
The Dillinger Escape Plan - Miss Machine (2004)

Meshuggah - New Millenium Cyanide Christ


N comme No Wave

Née dans le Lower East Side new-yorkais à la fin des années 70, la no wave doit beaucoup à Brian Eno. En 1978, sa compilation « No New York » est une cartographie de tout ce que le sud de Manhattan compte de freaks dissonants, fascinés autant par le cabaret (Voltaire) que par le jazz ou le funk. De James Chance, le saxophoniste en zoot suit maître des Contortions à Lydia Lunch, la prêtresse gothique, la no wave – comme son nom l’indique - rejette les codes du punk et de la new wave pour inventer les siens. Preuve de la volatilité du mouvement, un groupe comme ESG, l’un des premiers à oser la collision punk/funk, est souvent considéré comme un groupe no wave. Aujourd’hui, son legs est encore important, et les Liars, pour ne citer qu’eux, n’hésitent pas à la citer comme inspiration majeure.

Albums essentiels :

Divers – No New York (1978)
James Chance & The Contortions – Buy (1979)
Teenage Jesus & The Jerks – Everyhting (2005)

James Chance & The Contortions - I Can’t Stand Myself

N comme Nu Rave

La nu rave est née sur un malentendu. En 2006, interviewé par un journaliste du NME qui lui demande si son groupe est new wave, le leader des Klaxons Jamie Reynolds suggère de remplacer le « w » par un « r ». Dans la foulée, une génération préadolescente de fluokids britanniques déterre les runes de la culture rave, du smiley au sifflet. Conséquence directe de cet épiphénomène, la nu rave ne possède pas de vrai dénominateur musical commun, si ce n’est un goût prononcé pour le crossover dance/punk. Que les puristes de la rave se rassurent, son enfant illégitime ne s’aventure jamais hors des dancefloors.

Albums essentiels :

Klaxons - Myths of the Near Future (2007)
Shitdisco – Kingdom of Fear (2007)
New Young Pony Club – Fantastic Playroom (2007)

Klaxons - Magick

Olivier Tesquet & Yves Bouillon

Abécédaire musical : K et L

Jeudi 10 juillet 2008

Aujourd’hui, K comme Krautrock et L comme Lo-fi.

K comme Krautrock

« A la fin des années 1960, l’Allemagne de l’Ouest se met à table pour plus d’une décennie de choucroute musicale ». Tels sont les premiers mots de la quatrième de couverture de Krautrocksampler, l’ouvrage de référence de Julian Cope sur le krautrock, cette version teutonne et répétitive de la musique psychédélique. La « kosmische musik » (son nom en allemand) a vécu ses plus belles heures au début des 70’s, en s’appuyant sur les rythmes motorik de ses fameux batteurs à 4 temps. Elle possède ses chefs d’œuvre, ceux de Neu ! ou Can, et ses héros, de Conny Plank au défunt Klaus Dinger. Aujourd’hui, le krautrock pèse encore de tout son poids sur la production actuelle. Des français de Turzi aux américains de Cloudland Canyon, la boucle est loin d’être bouclée.

Albums essentiels :

Neu ! – Neu ! (1972)
Can – Ege Bamyasi (1972)
La Dusseldörf – La Dusseldörf (1976)

Kraftwerk - Ruckzuck

L comme Lo fi

On connaît le penchant des punks pour le son cradingue et les enregistrements au débotté. Pourtant, dans les années 90, son petit frère le grunge passe en boucle sur les radios avec ses structures simples et un son carré. Une frustration pour une partie du public rock qui va déboucher sur le lo-fi. Difficile de faire plus explicite : à l’origine, le terme est un diminutif de low-fidelity qui désigne les sons de basses qualités. Marqué par l’esthétique du do-it-yourself, le mouvement va prendre son indépendance vis-à-vis du diktat de l’industrie – majors et producteurs - pour enregistrer sa musique par lui-même. Un virage rendu possible par la modernisation et la démocratisation des moyens d’enregistrements. Aujourd’hui, avec l’avènement d’Internet, le développement des outils informatiques et la mutation de l’industrie musicale, les préceptes du lo-fi tendent plus que jamais à devenir la norme.

Albums essentiels :

Sebadoh – III (1991)
avement – Slanted And Enchanted (1992)
Beck- Mellow Gold (1994)

Beck - Loser

Olivier Tesquet & Yves Bouillon

Abécédaire musical : I et J

Mardi 8 juillet 2008

Aujourd’hui, I comme Indus et IDM, et J comme Jazz Metal et Jangle Pop.

comme Indus

Marilyn Manson est sûrement le musicien le plus effrayant, choquant et sale ayant jamais existé aux yeux du grand public. Et pour cause, le bougre a bien appris les leçons de son maître à penser, Trent Reznor, le pape de la musique industrielle. Car dès ses origines, ce style a été fait pour déstabiliser. L’indus se base sur l’introduction d’objets non musicaux et de sons synthétisés dans la musique (voire d’infra-basses physiquement douloureuses), sur une imagerie provocante et une ambiance glaciale. Après une première vague à la fin des années 70, l’essor de la musique électronique lui a permis de refaire surface dans un courant post-industriel. Toutefois, sa naissance théorique est sujette à polémique. Certains prétendent que c’est la concrétisation de « L’art des bruits » du futuriste Luigi Russolo qui a posé les bases du mouvement, tandis que d’autres l’attribuent aux théories des années 40 notamment celles de Pierre Henry. Cherchez bien, vous trouverez sûrement une trace de son influence dans votre discothèque.

Albums essentiels :

Throbbing Gristle – 20 Jazz Funk Greats (1979)
Ministry – The Land of Rape and Honey (1988)
Nine inch nails – The Downward Spiral (1994)

Nine Inch Nails - Closer

I comme Intelligent Dance Music

Au début des 90’s, la musique électronique déserte les dancefloors et les raves pour les chambres d’étudiants, peuplées de geeks encyclopédistes et bidouilleurs. Emmenée par le label britannique Warp, l’Intelligent Dance Music (IDM) est née. Rejeton cérébral de la techno, le style est popularisé par des poids lourds tels qu’Aphex Twin, Autechre ou LFO. Qu’elle soit mâtinée d’ambient ou basée sur l’expérimentation, l’IDM n’existe cependant que pour ses auditeurs. En effet, des éminences grises telles que Richard D. James ou Kid 606 rejettent avec vigueur l’étiquette et « ses champions de l’élitisme détestables ». A l’heure de l’électro récréative, beaucoup de mélomanes et de DJ en herbe écument pourtant encore les médiathèques municipales à la recherche d’un album de Boards of Canada.

Albums essentiels :

LFO – Frequencies (1991)
Warp – Artificial Intelligence (1992)
Autechre – Incunabula (1993)

Autechre - Gantz Graf

J comme Jazz Metal

Entre les deux styles, il y a un fossé grand comme l’océan. Et pourtant, de plus en plus d’allumés des deux bords osent le rapprochement. Une poignée d’artistes reste historiquement attachée au phénomène tels que le saxophoniste John Zorn avec ses groupes Naked City ou Painkiller, ou encore ses amis de Mr Bungle. Mais depuis, d’autres combos ont abordé les choses de façon moins expérimentale. C’est le cas d’Ephel Duath, ancien groupe de black metal, qui a signé avec Painter’s Palette le mélange le plus homogène qui soit entre jazz et metal. Ou les talentueux Candiria à New-York qui ont exploré le domaine mais de façon plus dispersée. Bien plus qu’un phénomène localisé, cette tendance touche le monde entier : en France avec la formation 1980, en Allemagne avec Panzer Balett, au Chili avec Coprofago. Avec à la clé, une musique cérébrale mais énergique, des polyrythmies à la pelle et un créneau qui invite à l’exploration musicale sans limite.

Albums essentiels :

Naked City – Naked City (1989)
Ephel Duath – Painter’s Palette (2003)
Coprofago – Unorthodox Creative Criteria (2005)

Ephel Duath - The Passage

J comme Jangle Pop

La « pop casserole » possède la particularité d’être un style dérivé d’un instrument, puisque le terme « jangle » désigne le son produit par une guitare Rickenbacker 12-cordes. Et si la traduction suggère une musique braillarde, la jangle pop a d’abord désigné certains morceaux des Beatles ou des Byrds. Ce n’est qu’avec la naissance de la power-pop dans les années 70 qu’elle se nuance et se charge en dissonances. Et si les Smiths restent les parangons du genre, d’autres formations plus obscures mais tout aussi majeures, comme les Go-Betweens ou Orange Juice (et leur label Postcard), ont apporté leur pierre à cet édifice pop parfait et bancal. Nul doute que sans des chansons comme « Bigmouth Strikes Again » ou « Cattle & Cane », les Libertines n’auraient probablement jamais vu le jour.

Albums essentiels :

The Go-Betweens – Before Hollywood (1983)
Orange Juice – You Can’t Hide Your Love Forever (1984)
The Smiths – The Queen Is Dead (1986)

The Smiths - Bigmouth Strikes Again/Vicar In A Tutu

Yves Bouillon & Olivier Tesquet

Abécédaire musical : G et H

Mardi 8 juillet 2008

Aujourd’hui, G comme Glam et Grime, et H comme High Energy et House.

G comme Glam

Souvenez-vous, les cols pelle à tarte, boas et vestes en strass. On ne parle pas du disco, mais du glam, ce mouvement androgyne né au tout début des années 70. Si ses représentants les plus côtés, Bolan et Bowie en tête, en ont fait une coquetterie d’esthète, d’autres plus putassiers, Gary Glitter par exemple, ont valu au glam une réputation de queer braillard. Repris dans les années 80 à la sauce heavy metal, les tâcherons Twisted Sister en tête, le glam continue d’imprégner de son parfum de scandale la musique d’aujourd’hui, des parisiens de Fancy à Mika, copie carbone de Freddie Mercury.

Albums essentiels :

T. Rex – Electric Warrior (1970)
Roxy Music – Roxy Music (1972)
Davie Bowie – Alladin Sane (1973)

T-Rex - Telegram Sam

G comme Grime

Né sur les braises jamais éteintes du UK garage et du 2-step britannique, le grime en est le pendant le plus récent, basé sur des beats subsoniques et un flow idoine. A l’aube de l’an 2000, Wiley et son disciple Dizzee Rascal, âgé d’à peine 15 ans, forment le Roll Deep Crew, sorte de Wu-Tang Clan de l’est londonien. Alors que le crew se fait la main sur des radios pirates, Dizzee dégaine Boy In Da Corner en 2003, bien décidé à s’adjuger la couronne de roi du grime. Cinq ans plus tard, la lutte fait toujours rage entre les tenants de l’underground et les partisans « overground » de Dizzee Rascal ou Lady Sovereign, qui veulent exploser à l’international.

Albums essentiels :

Dizzee Rascal – Boy In Da Corner (2003)
Roll Deep Crew – In At The Deep End (2005)
Skepta – Greatest Hits (2007)

Dizzee Rascal - Stand Up Tall

H comme Hi-energy

Insensibles à l’agonie d’un mouvement hippie condamné, une poignée de groupes de Detroit, génération Altamont, déclenchent un énorme coup de grisou dans le rock, regroupé sous l’appellation high energy. Si on citera volontiers les Amboy Dukes ou Iggy et ses Stooges, le groupe high energy séminal reste le MC5, bras armé de John Sinclair, fondateur des White Panthers, contrepoint wasp des Black Panthers. Marquée au fer rouge de la Motor City quand l’industrie battait encore son plein, la high energy n’est pas un diesel. Comme « Kick Out The Jams », son hymne, elle démarre pied au plancher.

Albums essentiels :

The Amboy Dukes – The Amboy Dukes (1968)
MC5 – Kick Out The Jams (1969)
The Stooges – Fun House (1970)

MC5 - Kick Out The Jams

H comme House

Si la techno vient de Detroit, la house est originaire de Chicago. Bien qu’elle ait explosé en 1986, avec le hit « Move Your Body » de Marshall Jefferson, elle a connu ses premières heures de gloire au Warehouse. Ouvert en 1977, le club a été le théâtre des premiers sets du pape Frankie Knuckles. A l’époque, la majorité des singles dignes de ce nom sortent sur le label Trax Records (dépositaire en 1987 du premier single acid house, Acid Trax, de Phuture). Au fil des années, une vague deep house apparaît, plus aérienne, emmenée par des pointures telles que Kerri Chandler ou Larry Heard.

Albums essentiels :

Jesse Saunders – On & On (1984)
Frankie Knuckles – Your Love / Baby Wants to Ride (1987)
Fingers Inc. – Another Side (1988)

Frankie Knuckles - Your Love

Olivier Tesquet & Yves Bouillon

Abécédaire musical : E et F

Lundi 7 juillet 2008

E comme Electronic Body Music

Pendant de longues années, l’Electronic Body Music a disparu sous la vaste appellation electropunk. Inventée par les belges de Front 242 à l’aube des années 80, l’EBM est d’abord conçue comme une vision européenne de la musique dansante de l’époque, disco en tête. Ancrée dans l’esthétique new-wave, branchée cuir et coupes de cheveux militaires, elle s’appuie sur des rythmiques martiales et des synthés carrés, empruntant autant à Cabaret Voltaire qu’à Deutsch-Amerikanische Freundschaft. Et pour comprendre le terme en lui-même, il suffit d’admirer les gesticulations de Liaisons Dangereuses ou Nitzer Ebb.

Albums essentiels :
Liaisons Dangereuses (1981)
Front 242 – Geography (1982)
Nitzer Ebb - That Total Age (1987)

Liaisons Dangereuses - Los Ninos del Parque

E comme East Coast

En France, un rappeur n’est crédible que s’il habite une cité. Sachant que deux zones prédominent : les banlieues parisiennes et celles de Marseille. Aux Etats-Unis, ça marche par Coast : les ghettos de New York pour la côte est, et les rivages ensoleillés de la Californie pour la côté ouest. Bien entendu, les deux mouvances sont rivales, ce qui occupe une place essentielle dans l’imagerie hip-hop. Né dans le quartier du Bronx à New York, l’East Coast a d’abord été marqué par l’influence jazzy et les causes politiques, en particulier l’émancipation des populations noires. Aujourd’hui, le style se caractérise surtout par ses beats hardcore. Les fers de lance du mouvement sont Public Enemy, Notorious B.I.G , Wu Tang-Clan, P.Diddy, 50 Cent ou encore Jay-Z. Si ne vous y retrouvez toujours pas, pas de panique : comme en France où on cite sa ville d’habitation à tout bout de champ, vous reconnaitrez aisément les rappeurs de la côte Est selon qu’il forme un E ou un W avec leurs mains.

Albums essentiels :

Public Enemy - It Takes a Nation of Millions to Hold Us Back (1988)
Notorious B.I.G. - Life After Death (1997)
Puff Daddy & the family - No Way Out (1997)

Public Enemy - Fight The Power

F comme Freak Folk

Avec son nom de hippie sous LSD, le freak folk laisse présager d’un mauvais revival Summer of Love. Mais il trouve d’abord ses racines chez le label ESP-Disk qui, dans les années 60, révèle les Fugs, Pearl Before Swine ou les Godz, des poètes de l’East Village qui déclament leurs textes sur des arpèges bancals. Depuis le milieu des années 2000, le freak folk vit une nouvelle jeunesse à travers sa nouvelle appellation, la « New Weird America ». Sans être une scène structurée, cette génération regroupe des artistes aussi baba que Devendra Banhart ou expérimentaux qu’Animal Collective. Le mouvement possède même son propre magazine, Arthur, basé à Los Angeles.

Albums essentiels :
Pearls Before Swine – One Nation Underground (1967)
Devendra Banhart – Rejoicing in The Hands (2004)
Animal Collective – Strawberry Jam (2007)

Animal Collective - Grass

F comme Free Jazz

Le Free Jazz, appelé autrefois New thing, est un des sous-genres les moins accessibles du jazz. Et pour cause, il est basé sur une improvisation collective ce qui lui donne un aspect au mieux désordonné, au pire chaotique. Popularisé dans les années 60, le terme a été imposé suite à l’album « Free jazz » d’Ornette Coleman, où deux quartets jouaient sans thèmes sur un même morceau. Les pionniers du style sont Charles Mingus, l’Art Ensemble of Chicago, Cecil Taylor, Sun Ra, Archie Sheep et bien d’autres, soit une tripotée de noms incontournables dans le jazz. C’est également un style très politisé, apparu à l’époque agitée des hippies et de la beat generation. Toutefois, son impact sur le grand public reste mineur, son aspect bruitiste le cantonnant à une poignée de fans et de spécialistes avides de sons tordus.

Albums essentiels :

Ornette Coleman – Free jazz (1961)
Cecil Taylor – Conquistador! (1966)
The Art Ensemble of Chicago - Urban Bushmen (1980)

Ornette Coleman - Live in Germany 78

Olivier Tesquet & Yves Bouillon

Abécédaire musical : C et D

Vendredi 4 juillet 2008

Aujourd’hui, C comme Cosmic Disco ou Christiancore, et D comme Drone ou Detroit Techno. N’hésitez pas à réagir.

C comme Cosmic Disco

Malgré son nom, la cosmic disco ne vient pas de l’espace, mais d’Italie. En 1979, Daniele Baldelli, un DJ à peine majeur nourri aux sets du Paradise Garage et du Studio 54 devient résident au club Cosmic, sur les rives du lac de Garde. A la différence de la disco classique, la cosmic s’appuie des rythmiques inversées – les 45 tours sont joués en 33, et vice-versa – et pioche autant dans les expérimentations électroniques de Kraftwerk ou Fad Gadget que dans les sonorités tribales et brésiliennes. Attention toutefois à ne pas assimiler l’italo disco, que Baldelli a toujours considéré putassière et commerciale, à la cosmic disco. Depuis quelques années, le phénomène revit à travers de talentueux héritiers, des scandinaves Lindstrom et Prins Thomas au label américain Italians Do It Better.

Albums essentiels :
Daniele Baldelli – Cosmic : The Original 79-84
Lindstrom & Prins Thomas – Lindstrom & Prins Thomas (2005)
Glass Candy – B/E/A/T/B/O/X/ (2007)

Glass Candy - Digital Versicolor

C comme Christiancore

La contraction des termes « chrétien » et « hardcore » est plus que douteuse. Comment ne pas y voir un mouvement fanatique, aux moeurs ambiguës et aux mentalités ancestrales? Et pourtant, le Christiancore n’est rien d’autre qu’un mouvement gentillet de formations metal ayant choisi d’exprimer leur foi en musique. Comme toute sous-culture, leur émergence est la conséquence logique de l’omniprésence du satanisme qui règne en maître dans les milieux extrêmes. Le phénomène est récent et exclusivement américain – forcément. Reste que d’un point de vue musical, le mouvement se fond intégralement dans celui du metalcore traditionnel, à tel point que bon nombre de gens en écoutent sans le savoir.

Albums essentiels :
Killswitch Engage – The End of Heartache (2004)
Norma Jean - O’God, The Aftermath (2005)

As I Lay Dying - Shadows Are Security (2005)

Norma Jean - Bayonetwork

D comme Drone

Le terme « drone » offre une signification différente selon la personne à qui on parle. Pour le grand public, il est cette petite machine robotisé destinée à l’espionnage. Les inconditionnels de musiques tordues penseront eux à Sunn O))) ou Merzbow, deux formations bruitistes parmi les plus inaudibles de la musique. D’autres imagineront les plans hypnotiques de Spectrum ou les ambiances planantes de Stars Of The Lid . De prime abord, ces groupes n’ont rien à voir entre eux. Et pourtant, tous sont liés par la définition originelle du drone, cette technique qui consiste à reproduire inlassablement le même son continu pour construire un morceau. En 1967, le Velvet Underground dégaine « Heroin », canon du genre. Aujourd’hui, la note n’est toujours pas retombée.

Albums essentiels :
Spectrum - Soul Kiss (Glide Divine) (1992)
Earth - Earth 2 : Special Low Frequency Version (1993)
Shit & Shine - Ladybird (2005)

Spectrum - How You Satisfy Me

D comme Detroit Techno

Alors que la techno du 3e millénaire tend à devenir l’apanage des blancs, celle de Detroit, au début des années 80, était avant tout une musique noire. A l’origine, trois mages, les Belleville Three, Juan Atkins, Derrick May et Kevin Saunderson. Ensemble, ils dessinent les contours d’une techno influencée par l’afro-futurisme du P-funk de Parliament ou Funkadelic. Marquée par le Trans-Europe Express de Kraftwerk autant que par la désolation post-industrielle de la Motor City, la techno made in Detroit se radicalise encore plus dans les années 90 avec l’apparition d’une seconde vague. Emmenée par Mad Mike, Jeff Mills et leur label Underground Resistance, la scène possède son propre système de distribution et se cache systématiquement derrière des pseudonymes. Musique de l’ombre, la Detroit Techno rayonnera encore longtemps encore sur les musiques électroniques.

Albums essentiels :
Cybotron – Enter (1983)
Derrick May – Innovator (1996)
Underground Resistance – Interstellar Fugitives (1998)

Cybotron - Clear

Abécédaire musical

Mercredi 2 juillet 2008
2 juillet 2008
18:00

musique, guitarePerdu dans les catégorisations douteuses de Myspace? Frustré par les terminologies branchées d’épiphénomènes très localisés? Marre du revival kraut-disco? Nostalgique des beats balearic et des Baltimore breaks? Pour éclaircir ce volapük, En3mots a décidé de se plonger pour vous dans les méandres du vocable musical, celui des sous-genres à tiroirs.

A compter d’aujourd’hui, nous vous proposerons quotidiennement un échantillon de définitions, de A comme Afrobeat à Z comme Zulu Nation. N’hésitez pas à nous faire part de vos observations, précisions ou suggestions.

A comme Afrobeat

L’afrobeat, creuset de musique africaine traditionnelle, de jazz et de funk, a vu le jour au Nigéria dans les années 70 de l’après-Biafra. Derrière ce nom, une légende, Fela Kuti, à la fois chanteur-saxophoniste et leader politique. Marqué par l’expérience personnelle de son géniteur – il a été initié aux idées des Black Panthers à a fin des années 60 – l’Afrobeat se caractérise par son militantisme. Après avoir marqué des générations de musiciens du monde entier (David Byrne notamment), il vit toujours à travers Femi et Seun Kuti, les fils du roi Fela, mais aussi grâce aux revivalistes d’Antibalas ou au label anglais cosmopolite Soul Jazz. Ces derniers mois, de nombreux groupes de blanc-becs anglo-saxons, tels Vampire Weekend ou Yeasayer, ont également remis l’Afrobeat au goût du jour.

Albums essentiels :
Fela Kuti & Africa 70 - Shakara (1974)
Fela Kuti & Africa 70 - Zombie (1977)
Tony Allen – Afro Disco Beat (2007)

A comme Anti-folk

Né au milieu des années 80 au Speakeasy, un club du Greenwich Village new-yorkais, l’anti-folk a longtemps été la terminologie fourre-tout employée pour cataloguer les groupes situés dans la marge du punk et du folk, trop expérimentaux pour l’un, trop lo-fi pour l’autre. A cette époque, le mouvement naissant draine son lot de disciples. Parmi eux, Ani DiFranco, la Patti Smith féministe de Buffalo, ou un certain Beck Hansen, pas encore « Loser ». Suivront dans les années 90 les cultissimes Moldy Peaches, Jeffrey Lewis ou Regina Spektor. Aujourd’hui encore, les barbus franco-suédois d’Herman Düne sont considérés par nos voisins d’outre-Atlantique comme des tenants de la scène qui, sans jamais vraiment éclore, ne s’est non plus jamais éteinte.

Albums essentiels :
Ani DiFranco – Out Of Range (1994)
The Moldy Peaches – The Moldy Peaches (2001)
Jeffrey Lewis – 12 Crass Songs (2007)

B comme Baile Funk

Pour un brésilien, la dénomination « Baile funk » ne veut pas dire grand chose. Il préférera parler de funk carioca, pour bien souligner l’ancrage local de la scène, dans les favelas de Rio. Mais si le mouvement trouve ses racines dans les années 70 de l’après-tropicalisme, le baile funk des européens est en réalité la déclinaison brésilienne du miami bass, ce sous-genre bâtard, insulaire et hypersexué du hip-hop, né à la jointure entre les années 80 et 90. Fortes de dizaines de MC’s, les favelas résonnent chaque semaine au rythme de « baile funks », des fêtes sauvages où se presse la jeunesse déshéritée de Rio. Méconnue jusqu’en 2004 à l’étranger, la scène a été mise en valeur par Diplo, compagnon de la chanteuse M.I.A. Le DJ américain a compilé plusieurs mixtapes de baile funk, l’insinuant même dans ses remixes.

Albums essentiels :
Favela On Blast (2004)
Rio Baile Funk – Favela Booty Beats (2004)
Favela Strikes Back (2005)

B comme Big beat

Né à Brighton, dans l’humidité anglaise du milieu des années 90, le Big beat est un joyeux capharnaüm. Entre beats techno binaires et sonorités rock, funk et hip-hop, il assume volontiers son esthétique putassière. Grâce à ses structures efficaces et à ses samples simplistes et fédérateurs, le style a été très populaire au milieu des années 90, participant à la démocratisation du phénomène rave. Incarné par des poids lourds tels que Prodigy, les Chemical Brothers ou Fatboy Slim, et des labels comme Skint ou Wall of Sound, il a ouvert à coups de hache une voie mainstream dans le monde jusqu’alors cloisonné de la musique électronique. Pour le meilleur et pour le pire.

Albums essentiels :
The Chemical Brothers – Exit Planet Dust (1995)
The Prodigy – The Fat of The Land (1997)
Fatboy Slim – You’ve Come A Long Way, Baby (1998)