Archive pour la catégorie ‘Art contemporain’

« Repartir à zéro » au musée des Beaux Arts de Lyon

Mardi 6 janvier 2009
6 janvier 2009 14:00au2 février 2009 18:00

« Repartir à zéro » au musée des Beaux Arts de Lyon

« Il me fallait repartir à zéro, comme si la peinture n’avait jamais existé », ce qui est une autre manière de dire, précise Barnett Newman, que « la peinture était morte ». L’artiste new yorkais évoque ainsi, en 1970, la situation de « crise morale » dans laquelle le monde –et l’artiste- se trouvait après la Seconde guerre mondiale, en 1945. “Repartir à zéro” est aussi en ce moment le titre d’une riche exposition qui se tient au Musée des Beaux Arts de Lyon jusqu’au 2 février.

 newmannB. Newmann, Untitled, 1946. 

Dans les années 1930, Barnett Newman avait peint des œuvres expressionnistes qu’il avait par la suite ensuite détruites. Il s’était fait critique d’art. « Repartir à zéro » à la fin de la guerre signifie donc pour lui, en premier lieu, reprendre le pinceau, créer de nouveau mais en s’échappant des courants jusqu’alors existants : des artistes réalistes, ceux du « folklore » qui représentaient des scènes « rustiques » ; des « puristes cubistes » dont l’art n’a aucun lien avec la réalité ; et, enfin, plus méritants et moins futiles mais tout aussi voués à l’échec, des « surréalistes qui s’épuisaient en à créer un monde imaginaire ». Il n’y avait donc « Rien dans la peinture existante qui puisse servir » à Newman… Ou presque. S’inspirant des surréalistes et de l’art indien, le new yorkais va retracer sur ses toiles des formes géométriques abstraites, noire et blanches mais pas moins vivantes, sphères blanches qui, comme des trous noirs, semblent aspirer le spectateur.

La démarche de Newman, qui par sa citation et ses toiles ouvre et ferme, ponctue même, l’exposition, fut celle de nombreux plasticiens en 1945. Qu’ils viennent d’Outre Atlantique ou du Vieux Monde, sculptent ou peignent, aient les traits précis des bonhommes d’Henri Michaux, ou,  dansent au-dessus de leurs toiles comme Jackson Pollock, tous choisissent l’abstraction pour exprimer l’horreur de la guerre, le chaos qui s’en suit ou la nécessité de faire table rase du passé.

La première salle de l’exposition reprend des tableaux qui, de par leurs titres, font directement figures de témoignages : Le Mort de Dachau d’Olivier Debré ou l’Otage de Jean Fautrier (qui lui aussi, avant la guerre, peignait des toiles expressionnistes figuratives). 

 

                                                               Otage, J. Fautrier, vers 1943

 Le témoignage ne suffit pas, les artistes se doivent de « saper la culture » à l’origine de la guerre, du désastre : tel fut le mot d’ordre du groupe Cobra, constitué en 1948. Cobra, ou Copenhague, Bruxelles, Amsterdam, trois capitales de l’art occidental, trois capitales qui devront renier, ou plutôt dépasser ce qu’elles ont engendré pour « expérimenter » une peinture nouvelle, inspirée du surréalisme (fervent ferment d’un monde nouveau) et des arts premiers. Constant peint en 1949 L’animal sorcier, Asger Jorn ce coloré Untitled : 

 En France le peintre Jean Dubuffet s’inspire aussi des arts premiers pour les détourner, les souiller presque, de références occidentales. Sa Venus du trottoir rappelle des figures préhistoriques comme la Vénus de Willendorf.

jorn 

                                                          Vénus du trottoir, J. Dubuffet, 1946

 Elle fait écho dans la même salle à la Venus blanche de Roger Bissière (1946). Striée de blanc et de rouge, la figure féminine qui semble être prise en cage, n’a, accompagnée d’un enfant, plus rien d’une Vénus… Un an plus tard, le grand public découvre les grottes de Lascaux. Nouveauté qui tombe à point nommé : Hans Hofmann s’inspire des peintures murales pour La troisième main (1947)

                                                       Vénus blanche, Roger Bissière, 1946

Les plasticiens « repartent à zéro » grâce aux primitifs donc, ou en adoptant de nouvelles techniques artistiques. L’américain Jackson Pollock revoit non seulement le sujet mais aussi la manière de créer. La peinture est chez lui tant un produit fini que le processus de création : état de transe dans lequel se met l’artiste après de longues heures de réflexion,   comme un chamane. (cf exposition Joackson Pollock et le chamanisme à la Pinacothèque, cliquez ici)

 « Le peintre moderne n’est inspiré par rien de visible, mais seulement par ce qu’il n’a pas encore vu. Les choses l’ont abandonné, il commence avec le rien » disait Harold Rosenberg. Avec son Concept spatial (1949), Lucio Fontana perce violemment la toile, comme si ce faisant, il lui otait de son contenu… L’œuvre n’est plus qu’ensemble de vides ; les trous aspirent évident, champ de pores qui permettent à l’œuvre de respirer.

 De cette apologie du rien, de cette philosophie de la table rase, de cet hymne à l’abstraction, les commissaires ont fait une exposition riche, complète et pédagogique. Organisant en thèmes simples une peinture qui ne souffre les classifications, Eric Chassey et Sylvie Ramond n’ont pas lésiné sur les outils pour inscrire les œuvres dans leurs contextes : chronologies, films, panneaux explicatifs… (et ce dans la réalité comme dans le monde virtuel; cf le site internet).

« 1945-1949 Repartir de zéro, comme si la peinture n’avait jamais existé », Musée des Beaux arts de Lyon, jusqu’au 2 février, 04 72 10 17 40. ts les jours sauf mardi et jours feriés, de 10h à 18h (vendredi 10h30). expo : 8 eurosou 6 euros, 20 place des Terreaux, Lyon.

 

Marie Barral

 

L’ Avant-garde russe/ Collection Costakis au Musée Maillol

Mardi 23 décembre 2008
23 décembre 2008 16:00au23 mars 2009 18:00

Jusqu’au 2 mars, le musée Maillol expose 200 œuvres issues de la collection de Georges Costakis (1300 pièces), habituellement exposée au musée d’art moderne de Thessalonique.

Grec ayant vécu à Moscou, Georges Costakis a réuni des joyaux de la peinture russe du premier XX e siècle.

C’est l’occasion de comprendre dans ses détails la diversité des courants formant ce que l’on appelle généralement « l’Avant-garde russe » et de se délecter devant de superbes toiles de Malevitch, Popova, Rodtschenko et Nikritine.

 

 

maillol

Alors qu’on a souvent tendance à limiter l’Avant-garde russe aux années 1920 (avant 1932 et la loi d’airain du réalisme socialiste) et à la voir comme une série de courants circonscrits (cubisme, futurisme, et l’un plus l’autre), l’exposition des pièces maîtresses de la collection Costakis au musée Maillol permet de comprendre combien ce nom générique recouvre des mouvements divers, foisonnants et en dialogue.

Ainsi, la visite commence par des toiles inattendues de Malvitch et Klioune : des portraits quasiment « fauves » de 1909-1910. Dans la « femme en couches » de Malevitch, il y a même quelque chose de Gustav Klimt.

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Malevitch

Les toiles des années 1914-1917 de Morgounov, et Oudaltsova sont bien cubistes.

 

 

maillol

Morgounov

Plus loins, les tableaux du début des années 1020, signés Klioune, Rodtschenko ou Popova sont très géométriques et proches des toiles de Picabia (période « orphiste »).

russe

 

Rodtschenko

Dérivées du futurisme mais allant vers l’abstrait, les « architectoniques picturales » de Lioubov Popova sont représentatives du courant « suprématiste » (« au-dessus de tout »), crée par Malevitch en 1915.

maillol

 

Popova

En parallèle nait en 1922, le mouvement constructiviste de Vladimir Tatline, qui va vers la matière industrielle, plutôt que vers l’abstrait. La collection Costakis montre deux très belles toiles constructivistes de Tatline : « Relief pictural » et « Contre-relief ».

Se tournant vers les arts appliqués le mouvement constructiviste a encouragé les artistes de l’avant-garde russe à produire des biens de la vie quotidienne : de la vaisselle, des affiches de théâtre, des tracts politiques, et même des plans architecturaux (Kloutsis).

La cuisine communautaire soviétique de Kabukov (1992-1993), exposée en sous-sol depuis maintenant quelques temps au musée Maillol, s’intègre parfaitement dans cette perspective constructiviste.

A l’étage, l’exposition pose l’hypothèse que l’avant-garde russe a survécu à l’impératif socialiste, et que même obligés de renouer avec la figuration, par crainte d’être accusés du crime de « formalisme », les artistes ont su jouer avec les limites de la représentation traditionnelle.

Ainsi, après les expérimentations de l’art analytique par Filonov, ou le pinceau sans peintre,  les toiles organicistes de Matiouchine collent des formes ensemble pour en faire des organismes vivants.

Les artistes Rodko et Rodtschenko reprennent les lignes de force de leurs toiles abstraites pour structurer leurs œuvres représentatives.

Et enfin, le surprenant Nikritine insuffle une poésie presque symboliste dans des tableaux en deux dimensions respectant parfaitement l’apparence souhaitée par les censeurs soviétiques.

Très riche, présentant des œuvres époustouflantes et qu’on a rarement l’occasion de voir, « L’Avant-garde russe dans la collection Costakis » est un « must-see » de l’hiver parisien.

 A noter : l’exposition Séraphine, la femme de ménage –peintre dure jusqu’au 5 janvier.

 Jusqu’au 2 mars 2009, L’Avant-garde russe dans la collection Costakis, Fondation Dina Vierny, Musée Maillol, 61, rue de Grenelle, Paris 7 è, M° Sèvres-Babylone ou Rue de Rennes, tljs sauf mardi, 11h-18h, 8 euros (TR 6 euros). 

Yaël Hirsch

 

Quelques galeries du Marais

Mardi 23 décembre 2008

Entre deux courses de Noël, il est toujours bien agréable de se ressourcer dans une galerie. Voici un petit aperçu de ce que l’on peut voir en ce moment dans le Marais.

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 Les photographies urbaines de Patrick Mimran au Passage de Retz

Jusqu’au 4 janvier, les « Prélèvements urbains » de Patrick Mimran tiennent le haut de l’asphalte dans les salles de l’Hôtel de Retz. Quasi-documentaires, ces larges photographies de scènes urbaines dénuées de passants ou de vivants sont d’une beauté aussi minérale que moderne. On notera notamment les dramatiques tombées d’escaliers roulants, la série « Car Parks in New-York » (2006), et la série « Billboard project » qui réunit des clichés plus anciens (fin des années 1990), de plus petit format et plus ouvertement critiques sur notre « société du spectacle ».

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Le Japon investit Paris

Mercredi 26 novembre 2008

Près de 700 manifestations culturelles sont organisées en France cette année pour fêter les 150 ans de la signature d’un traité scellant une amitié indéfectible avec le Japon. Une occasion en or pour découvrir ou revisiter les trésors culturels du pays du soleil levant, de ses coutumes ancestrales à ces peintres influencés par les mouvements artistiques français, en passant par ses designers les plus inventifs.

Les Beaux-Arts

Akira Kurosawa au Petit Palais 

kurosawa

  Akira Kurosawa, un des Japonais les plus connus en Occident, voit le Petit Palais vibrer au rythme de ses dessins, au travers d’une exposition qui lui est consacrée. Le cinéaste, né en 1910, avait pour habitude de dessiner ses story-boards. Ces dessins ne peuvent pourtant se résumer à un travail préparatoire à la phase de réalisation, même si l’accrochage des dessins sur un paravent dans les couloirs du musée reprend la chronologie de ses derniers films. Conçus comme des oeuvres autonomes, ils sont accessibles à tous, y compris à ceux qui n’auraient pas la chance d’avoir vu ses films. Synthèse originale des cultures orientales et occidentales, par leur force expressionniste, ces dessins reflètent la personnalité de Kurosawa, son enracinement dans le patrimoine japonais comme son admiration pour l’art de Van Gogh, Cézanne, Chagall ou Rouault et la lecture de Shakespeare, Dostoïevski ou Tolstoï.

Jusqu’au 11 janvier au Petit Palais (ouvert tous les jours de 10h à 18h, sauf lundi et jours fériés, nocturne le jeudi jusqu’à 22h). Tarifs : Accès gratuit aux collections permanentes / Entrée payante pour les expositions temporaires : adulte 7 € ; réduit 3,50 € ; jeune 2,50 €.

Les courtisanes au Musée Cernuschi

cernuschi

 

 Le Musée Cernuschi présente l’exposition Splendeurs Des Courtisanes avec des peintures ukiyo-e du musée Idemitsu. Alors que les estampes ukiyo-e sont réputées en Occident, les peintures par les mêmes artistes sont plus méconnues. Un ensemble incomparable de rouleaux et de paravents présentera les courtisanes et les jolies femmes qui fréquentent les quartiers de plaisir où se côtoient nobles et bourgeois fortunés, d’Edo (Tokyo)- la capitale shogunale, de Kyoto et d’Osaka.

Du 18 novembre au 4 janvier 2009 Le musée Cernuschi est ouvert du mardi au dimanche de 10h à 18h sans interruption.

Le Zen au Petit Palais

zen

 

  Grâce à 80 oeuvres d’art, du XIIe au XVIIIe siècle, sélectionnées parmi les trésors artistiques de trois des plus célèbres temples zen de Kyoto (dont deux sont inscrits au Patrimoine mondial de l’humanité par l’Unesco) et jamais encore présentés en Europe, cette exposition est l’occasion de découvrir la culture Zen en ses multiples composantes, au-delà des visions occidentales, parfois réductrices. Une caractéristique essentielle du Zen au Japon étant la transmission directe de la Loi (Dharma) de maître à disciple, une première section révèle les portraits peints ou sculptés des maîtres zen ainsi que des calligraphies zen appelées bokuseki ou traces d’encre, supports fondamentaux de l’enseignement spirituel. Le reste est à découvrir jusqu’au 14 décembre.

Le Petit Palais est ouvert tous les jours de 10h à 18h, sauf lundi et jours fériés, nocturne le jeudi jusqu’à 22h. Tarifs : accès gratuit aux collections permanentes / Entrée payante pour les expositions temporaires : adulte 7 € ; réduit 3,50 € ; jeune 2,50 €.

 

Le design

Vers la fin des années 1950, la promotion du design a été érigée au Japon au rang de politique nationale afin de stimuler les exportations. Reconnu par la suite comme facteur de compétitivité industrielle, le design fit l’objet de diverses initiatives comme la création de plusieurs concours prestigieux, comme le Good Design ou le Design Year. Trois expositions, dont deux sont particulièrement réussies et l’autre prometteuse, mettent en avant la créativité japonaise au travers de concepts philosophiques prégnants.

Le Mingei au musée du Quai Branly

mingei

 

   Le mot « Mingei » est une abréviation de minshuteki kogeï, qui signifie « l’artisanat ou l’art populaire fait par le peuple et pour le peuple ». Dans cette exposition, à partir d’un cas précis - celui du penseur Yanagi Soetsu, promoteur du mouvement « Mingei », et son fils Yanagi Sori, premier designer d’après-guerre -, il s’agit de réfléchir au rapport que le XXème siècle a établi entre la redécouverte de certains arts traditionnels et l’évolution de l’art moderne international à travers le design. Cette dynamique sort la perception des arts populaires traditionnels d’un point de vue strictement ethnographique ou anthropologique, pour l’inscrire dans une situation historique précise : celle du Japon de la première moitié du XXème siècle (jusqu’à la fin des années cinquante). Il s’agit aussi d’une perspective esthétique, morale et formelle, qui trouve aujourd’hui ses échos dans les « formes originelles » de certains designers contemporains.

Jusqu’au 11 janvier 2009. De 6 à 8,50 euros - Mardi, mercredi, dimanche de 11h à 19h, jeudi, vendredi, samedi de 11h à 21h - Musée du quai Branly, 37 quai Branly, portail Debilly ou 218 rue de l’Université, 75007 Paris - Renseignements : 01.56.61.70.00

Le Wa à la Maison de la culture du Japon à Paris 

wa

 

 « Le Wa, valeur éminemment respectable, repose sur un principe qui est d’éviter toute discorde » peut-on lire dans la Constitution de 604 après Jésus-Christ du régime impérial. Le Wa est devenu plus de 1 400 ans plus tard l’état d’harmonie en toutes choses, ou l’accord idéal qui doit régner entre les humains et les choses. L’exposition intitulée « Wa, harmonie au quotidien, design japonais d’aujourd’hui » qui se situe à la Maison de la culture du Japon a tenu à mettre en exergue plusieurs points concernant la fécondité du design japonais. Tout d’abord, la fusion de l’artisanat traditionnel et des technologies de pointe, ensuite, les associations entre le travail manuel et la production industrielle, les liens entre l’activité du design dans la capitale et la fabrication d’objets en province, l’interaction entre les éléments japonais et occidentaux, les nouvelles utilisations de matériaux anciens et enfin, la conciliation du désir de préserver l’environnement et de l’impact des avancées technologiques. Toutes ces problématiques sont des sources d’inspiration inépuisables pour les designers japonais. Et les produits exposés en témoignent.

Musée de la Culture du Japon à Paris Jusqu’au samedi 31 janvier 2009. Salle d’exposition (niveau 2). Horaires : du mardi au samedi de 12h à 19h / Nocturne le jeudi jusqu’à 20h. Fermé les jours fériés / Fermeture annuelle du 21 décembre au 5 janvier inclus. Prix d’entrée 6 € / Tarif réduit 4 € / Gratuit pour les adhérents MCJP, les enfants de moins de 12 ans

Le Kansei aux Arts Décoratifs  

kansei

Le Kansei est l’expression d’une sensibilité propre aux Japonais née de l’histoire, de la culture et du terroir de leur pays. Il se manifeste par une attention particulière accordée à la finesse et la simplicité, au rapport à la nature, aux choix des matériaux, au sens aigu des couleurs et du détail. L’exposition, selon les mots du président de l’organisation japonaise du commerce extérieur, vise à lever le voile sur la philosophie du Monozukuri (art de la fabrication), qui anime design et produits japonais, afin de diffuser dans le monde, la valeur kansei, contenue dans la création japonaise.

 Entrée libre. Du 12 au 21 décembre 2008 aux Arts Décoratifs, 107 rue de Rivoli. Ouvert du mardi au vendredi de 11h à 18h et le week-end de 10 à 18h. nocturne le jeudi jusqu’à 21h.

 

Annabel Benhaiem

 

3 expos new-yorkaises : Kirchner, Morandi et Opie

Mardi 4 novembre 2008

OPieA l’heure h où tous les yeux sont rivés de l’autre côté de l’Atlantique, petite revue des trois expos phares en ce moment à New York : l’expressionniste allemand Ludwig Kirchner au Moma, le peintre Italien Morandi au Met et la surprenante photographe Catherine Opie au Guggenheim.

Kirchnerand the Berlin Street au MOMA

Le peintre expressioniste allemand Ludwig Kirchner a dit de son art : “Il semble que l’objet de mon travail ait toujours été de me dissoudre entièrement dans les sensations des alentours afin d’intégrer cette impression dans une forme de peinture”. C’est dans l’ambiance industrielle du Berlin d’avant et après la Première guerre mondiale que se dissout le visiteur de “Kirchner and the Berlin street”. Très bien expliquées les toiles colorées et néanmoins sombres de Kirchner plongent les Newyorkais dans le “Berlin Alexanderplatz” d’Alfred Döblin. 14 grandes toiles du maîtres, venues de Rome, Stuttagart, et bien sûr la Neue Galerie de Berlin ont été réunies au MOMA, parmi lesquelles une des deux illustres “Potsdamer Platz”, avec ses prostituées à la grace grimaçantes d’oiseaux morts.

Jusqu’au 10 novembre, MOMA, 11 West 53 Street, between Fifth and Sixth avenues, New-York.

Morandi, une rétrospective au Metropolitan Museum.
ome

Le Métropolitan Museum dédie cet automne une grande rétropspective au peintre italien Giiorgio Morandi. Cjronologique et exhaustive, cette exposition permet de dcouvre d’autres Moorandi que celui des vases blancs. On comprend combien Seurat et Cézanne ont pu influencer le peintre italien et comment son désir de se retirer à la campagne pour peindre des coquillages blancs en pleine guerre en Italie est un geste plus fort que le simple goût de l’objet pour l’objet.

Ses autoportraits sont tous de styles très différents. Le premier, à l’entrée, très épuré, avec au dos un cactus est saisissant. Enfin, les dernières aquarelles, de peinture brune et noire sur fond blanc ont le minimalisme touchant d’un Tal Coat ou presque - à dimensions réduites- d’un Soulages.

Jusqu’au 14 décembre, Metropolitan Museum of Art, 1000 Fifth Avenue at 82nd Street
New York.

Catherine Opie au Guggenheim
Le Gugenheim ouvre 4 étages de ses annexes à la photographe Catherine Opie. Sous titrée “American Photogra^her”, cette rétrospective de mi-parcours donne bien à travers l’art de Catherine Opie un aperçu de mille visages de l’Amérique.  Saisissant aussi bien  des  paysages en noir et blanc (notamment des autoroutes dans sa série graphique et poétique “freeways” (1994-1995) que des scènes de la vie quotidienne autour de sa maison californienne (Around home, dernier travail en cours), Catherine Opie marque surtout comme portraitiste des marges : couples lesbiens dans “Domestic” (1995-1998) , des portraits sur fond colorés de transexuels, ou bien son propre autoportrait, en pervers SM ou en mère nourricière. Cette mise à nu d’une pudeur violente de milieux marginaux n’est pas sans rappeler le travail de Nan Goldin. Avec peut-être une certaiine grandiloquence quasi-symboliste. Par exemple, sur fond rouge, l’autoportrait en mère nourricière, où en plus de chaque grain de la peau et du moiré du rideau, des tatouages apparaissent en transparence sur la peau du cou, fait fortement penser aux héroïnes de Gustave Moreau. Enfin, avec sa série Aids, avec l’acteur Ron Athey, séropositif depuis 10 ans, cette esthétique de Saint Sébastien aux seringues atteint son paroxysme. Le beau est bizarre, et surtout un tour de force technique puisque les clichés sont d’immenses polaroids, grandeur nature. Enfin, surprenants, ses “surfeurs” et ses “Icehouses” semblent disparaître dans la grandeur du paysage ou de l’eau, donnant une portée presque abstraite à ses clichés du contemporain américain. L’art de Catherine Opie est à découvrir d’urgence.

Jusqu’au 7 janvier, “Catherine Opie, American photographer”, Guggenheim Museum, 1071 5th Avenue, at 89th street, New-York.

Fiac, 35 édition

Vendredi 24 octobre 2008

Fiac 2008, Grand PalaisJusqu’au 26 octobre la Foire internationale d’art contemporain de Paris fête sa 35 e édition au Grand Palais et dans la Cour Carrée du Louvre. Elle réunit à nouveau les galeries les plus prestigieuses de plus de 20 pays. 72 galeries françaises et 117 galeries étrangères sont représentées. De nombreux salons indépendants cohabitent avec la FIAC dans Paris, dont Show off, à l’espace Pierre Cardin et la Slick à l’espace 104.
La Boîte à sorties était au vernissage hier au Grand Palais et vous propose son tour de piste.

GRAND PALAIS

Soleil d’hiver, hier en début d’après-midi devant le Grand Palais. La crise n’a pas empêché les collectionneurs de se rendre à leur rendez-vous annuel parisien avec les galeristes du monde entier. Si, devant l’entrée, un jeune homme en costume tient un panneau annonçant qu’il vend toute sa collection à perte à cause de la crise financière, à l’intérieur, de nombreux points rouges sous les oeuvres montrent qu’à la Fiac, on vend encore.
Comme chaque année les grandes galeries parisiennes sont au rendez-vous : Yvon Lambert, à l’entrée, avec ses Barcelo, son Ghupta qui ressemble étrangement à un Hirst, Chantalm Crouzel avec son inclusion de rognures d’ongle d’un an de Mona Hatoum, et ses photos surcolorées de fleurs signées Jean-Luc Moulènes, Kamel Mennour avec ses Djamel Tatah, Emmanuel Perrotin avec ses ferronneries de Xavier Veilhan, Marianne Goodman avec des photos impeccablement réalistes de Thomas Struth, Jérôme de Noirmont avec ses photos de Pierre et Gilles et ses toiles de Fabien Hyber et Lelong avec ses Kounellis.

Les galeries étrangères aussi sont bien sûr représentées : chez Karsten Greve on propose de très beaux Soulages, chez Tornabuoni, on retrouve les éternels Fontana, Zlotowski propose une exposition Kurt Schwitters. Christian Schein vend des Mimo Paladino aussi colorés que dans les années 1960 et Cheim & Reed propose de très beaux Louise Weiss. Enfin, Hauser & Wirth a ressorti de très beaux Boltanski.

Fiac

Boltanski, FiacL’impression générale qui se dégage de la foire est un confort cotoneux : luxe, calme et volupté, la crise n’a pas eu lieu, la politique est à peine évoquée, et tout est à l’image rassurante du Jonathan Monk exposé chez Air de Paris, normalement connu pour son goût de la provocation : un Monet version 2008, à peine ironique et apaisant pour les yeux.

Fiac

Monk, FiacMême les Tatiana Trouvé de chez Perrotin, galerie qui avait causé le scandale et l’attraction l’an dernier sont doux au regard.

Bien sûr, il reste quand même quelques Thomas Hirschhorn facétieux chez Almine Rech et chez Chantal Crouzel. Et Yan Pei-Ming évoque les élections américaines chez David Zwirner. Mais la tendance reste quand même au lisse agréable d’un lac suisse en été.

Fiac

Deuxième grande tendance de cette Fiac 2008 : le retour à la gravure. Plagiée, parodiée ou retrouvée, la vieille technique expressionniste dépasse de loin la photo ou la vidéo.

Voici comme d’habitude le top 3 d’en3mots dans les découvertes de cette année:

Chez Continua, le très poétique “Lire les cendres, écouter les silences” de Chen Zhen donne envie de méditer.

Fiac

fiacChez Catherine Bastide, les vidéos baroques et très “K und K” de Catherine Sullivan relisent en nous faisant rire le mime de l’Histoire en constumes.

Enfin, chez les paysages oniriques de Valery Koshlyakov, comme ce temple de Nika, font voyager à la galerie Krinzinger.

Fiac

COUR CARREE

Du côté de la Cour carrée, c’est déjà la nuit quand on arrive. L’ambiance est comme d’habitude plus décontractée et plus jeune. On est au bout du parcours et les visiteurs prennent le temps de boire un verre comme lors de n’importe quel vernissage.

L’on y découvre, comme chaque année, les 4 finalistes du prix Marcel Duchamp. Les voici :
- Michel Blazy chez Artconcept

- Didier Marcel chez Michel Rein

- Laurent Grasso chez Valentin

- et Stéphane Calais chez Jocelyn Wolff

Nos 3 favoris de cette foire colorée et pétillante sont
- Les dessins mi-comiques, mi-alarmants de Jerôme Zonder chez Eva Hober
- Les sculptures néo-beuysiennes de Gruyten & Thys chez Isabella Bortolozzi
- Et l’ensemble de la galerie La Blanchisserie, qui ressemble à un refuge alpin en bois.

Fiac

show off

SHOW OFF
Comme l’an dernier, l’espace Pierre Cardin permet de voir d’autres galeries. Moins brillant que l’an dernier, voire carrément décevant, ce Show off a pour thème principal l’enfance ou l’innocence salie par la guerre 2008 et permet quand même de (re)découvrir les artistes talentueux de la Galeries Sara Guedj, dont notamment Chloé Julien. Et la statue de la liberté qui fait l’aumône de Roy Machetti.

Ne manquez pas les nombreux off de la Fiac, notamment la Slick, et la DIVA Fair oragnisée par Pierre Cornette de Saint Cyr.

La Pinacothèque de Paris accueille Jackson Pollock

Mercredi 15 octobre 2008

pollock La Pinacothèque de Paris ne se lasse pas de révéler au public des collections dont la richesse et l’originalité font l’unanimité. Preuve en est, une fois de plus, avec l’exposition consacrée en ce moment à une partie de l’œuvre de Jackson Pollock. Présentant la carrière du peintre américain à travers une quarantaine de tableaux et de dessins, qu’accompagnent une dizaine d’oeuvres d’André Masson et de très nombreux objets rituels issus des cultures indiennes, le commissaire de l’exposition, Stephen Polcari, offre une lecture inédite et spiritualiste de l’œuvre du maître du “dripping”. Le résultat est indiscutable : on ne convient plus seulement du génie avéré de l’artiste, on découvre le mode opératoire de celui qui, l’apprend-on, trouvait dans le chamanisme attribué par l’Histoire aux Indiens d’Amérique une source d’inspiration intarissable : évidence généralement méconnue et qui fait tout l’intérêt de cet événement culturel.

À travers les œuvres exposées, on retrouve ainsi sans peine l’intérêt et la fascination du créateur pour cette pratique spirituelle qu’il avait fini par faire sienne, et ce dans un but précis : opérer une transformation mentale de la réalité. Une sorte de retour aux sources et à la nature, en somme, un pas en arrière vers la culture originelle et le primitivisme ancestrale, seule solution qu’aurait trouvée l’artiste pour fuir un monde soulevé, en son temps, par les vagues de totalitarisme qui ont conduit à Nuremberg. À moins qu’il ne se soit agi plus individuellement d’une forme nécessaire d’expression du vécu, pour celui qui affirmait avec force que l’art provenait de l’inconscient. Quoi qu’il en soit, l’influence des arts primitifs, aujourd’hui dits “premiers”, se lit aisément dans cette collection exceptionnelle. Qu’elle ait sa source dans la crise de civilisation contemporaine à l’artiste, ou dans le psychisme original de celui-ci, elle aboutit au même somptueux résultat : des surfaces dynamiques animées de lignes puissantes, le tout rythmé par des couleurs crues et percutantes. C’est le secret d’un style.

Jackson Pollock et le Chamanisme, jusqu’au 15 février 2009 à la pinacothèque de Paris, 28, place de la Madeleine 75008 Paris, tous les jours de 10H30 à 18H00, nocturnes tous les premiers mercredis du mois jusqu’à 21h00. TR : De 7 à 9 euros.

pollock

Untitled (Number 25), Pollock.

Crédit photo : Pinacothèque

Réouverture du 104

Mercredi 8 octobre 2008

104Le 11 octobre 2008, le Cent Quatre ouvre ses portes au public de 14h30 à 2h du matin, autour de différents artistes, musiciens, designers, photographes ou paysagistes dans une ambiance que vous concoctera le futur dj résident.

 

Cet espace de 39 000 m² unique au monde a été pensé comme un lieu de création et de production artistique privilégié, où des œuvres contemporaines pourront rencontrer un public attentif et curieux.

Les deux directeurs de ce projet phare de la politique culturelle de la ville de Paris, Robert Cantarella et Frédéric Fisbach, disent vouloir faire du Cent Quatre « le lieu d’une expérience ancrée dans le quotidien ». Chaque année, environ trente projets artistiques seront réalisés, avec des artistes venus du monde entier. Trois festivals annuels présenteront les travaux des créateurs présents dans les locaux.

Toutefois, le Quatre Cent a d’autres propositions à vous faire. Le Cinq, équipement de 500 m², est un lieu où les artistes amateurs ont la possibilité de s’exprimer. La Maison des petits permettra à vos enfants de 0 à 5 ans de s’éveiller par le jeu et l’art, sous l’œil vigilent d’une équipe de spécialistes.

Ayant plusieurs casquettes le 104 va accueillir de jeunes entreprises innovantes et créatives afin de les aider à se développer, dans l’espace baptisé Pépinière, qui souhaite mêler création et industrie.

 Le CENTQUATRE, 104 rue d’Aubervilliers / 5 rue Curial 75 019 Paris, ouvert toute la semaine du mardi au samedi de 11h à 23h, les dimanches et lundis de 11h à 20h. FERMETURE DES ATELIERS LE LUNDI

Jacques Villeglé au Centre Pompidou

Lundi 22 septembre 2008
5 janvier 2008
21:00

Jusqu’au 5 janvier, « La comédie urbaine » se joue au Centre Pompidou. Des affiches, tapisseries de nos villes, Jacques Villeglé fait les bavardes témoins des années passées.

Comme c’est souvent l’usage à Pompidou, il faut, pour accéder à l’exposition, monter jusqu’au 6e étage du bâtiment. De la baie vitrée, nous apparaît une maquette en noir qui en blanc, aurait été agrémentée de quelques tâches dorées, vertes ou bleues selon les toits, les bâtiments. Elle reste figée cependant. Puis, toujours plantés sur les hauteurs, on passe, par un procédé quelque peu surréaliste, d’une ville bien sage à une cité vivante, sensuelle, éclatante de couleurs : La Motte Picquet est jaune, Le Boulevard Haussman bleu, La Porte Maillot rouge…

Porte Maillot

Paris est devenu riche des cinquantes années passées : stars, hommes politiques, tags, publicités ; les couches apparentes des affiches lacérées sont les anneaux sur lesquels on calcule l’âge de la cité. De Gaulle, Mai 68, les Rolling Stones, Evian ou Mitterand… tout est déchiré, mélangé, présenté sur le même plan, comme si, en bon rouleau compresseur, l’Histoire avait tout relativisé, rendant les évènements à leur caractère éphémère.

Villeglé

L’artiste n’est pas épargné par ce tourbillon : comment pourrait-il, face à un tel aplanissement, se présenter comme un génie surnageant au dessus de son époque ? Comme l’Hourloupe, petit bonhomme voyageur de Jean Dubuffet, il ne lui reste plus que la possibilité de se fondre dans la foule, devenir anonyme et collectionner ce que produit cette dernière : « Je ramassais le travail des autres » explique Jacques Villeglé. « C’est l’anonyme de la rue qui intervient sur les reflets de la culture dominante… [En aspergeant les affiches de barbouillis de peinture en bâtiment, puis de tags] Je passe après », ajoutait-t-il.

Il a beau dire, à force de récupérer et d’entasser les affiches « Le Lacéré anonyme » crée un mythe de la ville, Un mythe dans la ville (son film présenté dans l’exposition) ; à force d’être confronté aux messages de nos murs, aux slogans des campagnes publicitaires, politiques, révolutionnaires…, il fait d’une myriade de graffitis un nouvel abécédaire dans lequel «Le A s’encercle anarchiquement, le C croissant étoilé s’affronte au D qui s’arrondit et se barre horizontalement, la croix dans le cercle du celtisme (…), le E devient les trois flèches barreuses de Tchakhotine »… Tchakhotine, l’auteur du Viol des foules par la propagande politique, qui avait, en Allemagne, tenté de convaincre les anti-nazis de répondre à chacun des signes offensifs de l’hitlérisme : à la croix gammée devait s’opposer les trois flèches du socialisme. Cette contre-propagande n’avait finalement pas été adoptée, seul –ou presque- Villeglé, a récupéré l’idée : l’alphabet socio-politique était né. Sous les verres de Pompidou, il recouvre Le Petit Livre Rouge et Le déshonneur des poètes de Benjamin Peret.

alphabet socio-politique, Villeglé

Commencé sur les côtes bretonnes, là où le jeune homme ramassait ses premiers objets, l’exposition se termine en Aquitaine, dans les années 1990 : la politique d’affichage était devenue trop restrictive à Paris. Histoire de nos villes, les affiches sont aussi celles de la décentralisation…. Le Centre Pompidou aurait du être Montparnasse, on y verrait plus loin…

« Jacques Villeglé, La comédie urbaine », Centre Pompidou, jusqu’au 5 janvier 2008, Métro Hotel de Ville, Rambuteau, tt les jours sauf le mardi de 11h à 21h, 10 à 12 euros selon période, 01 44 78 14 63

Villeglé, Pompidou

Jeff Koons trône à Versailles

Mardi 9 septembre 2008

Jeff Koons trône à Versailles

Le baroque du château de Versailles accueillera, à partir du 10 septembre 2008, la rétrospective consacrée à l’artiste néo-pop Jeff Koons. Le mélange détonne. Pour certains, le pop art permettra de poser un regard nouveau sur Versailles ; pour d’autres, le choc esthétique est provocant et inutile. Qu’en dire ?


C’est la première fois que la France met Jeff Koons à l’honneur. À partir du 10 septembre, les oeuvres de l’artiste néo-pop trôneront dans les appartements du roi et de la reine ainsi que dans la Galerie des Glaces. Puisque Jeff Koons travaille essentiellement sur le détournement des objets, l’initiative de Jean-Jacques Aillagon, ancien Ministre de la Culture et directeur actuel du château de Versailles, semble pertinente. En effet, Jeff Koons travaille sur des objets du quotidien, (bibelots, jouets, aspirateurs, fleurs, etc.,) et les rend inhabituels. Pour certains, Jeff Koons n’est pas étranger au baroquisme versaillais. Ce qui lie les deux, ce sont le gigantisme, le kitsch, le goût du décoratif et de l’ornement, … Mais pour d’autres, cette rétrospective a plutôt des allures de sacrilège. Pourquoi honorer un artiste contemporain dans un lieu empreint de sacré et d’histoire alors qu’il existe pléthore de musées d’art contemporain ? Doit-on autoriser Jeff Koons à détourner le château de Versailles comme il détourne les objets prosaïques du quotidien ? La réponse n’est pas évidente et ce sera vraisemblablement à chaque visiteur de se faire son opinion.

En tout cas, pour le public néophyte, il semble difficile de comprendre l’intérêt d’une telle installation. Certes, on peut trouver des relations entre la somptuosité du château de Versailles et le pop art de Jeff Koons. Mais est-ce que l’un peut nous apporter un nouveau regard sur l’autre ? Pas sûr…