Archive pour la catégorie ‘Art contemporain’

Rendez-vous : Les journées européennes de la culture et du patrimoine juif en France

Samedi 6 septembre 2008

Avec pour thème la musique, ces journées du patrimoine juif commencent dimanche 7 septembre et se terminent le 16 novembre. L’occasion de faire le plein de Kletzmer.
Demain, dimanche 7 septembre, entrée libre au musée d’Art et d’Histoire du judaïsme (71 rue du Temple, Paris 3e, M° St Paul) et CONCERT DU GROUPE YANKELE à 14h30 dans la cour du musée (renseignements

au 01 53 01 86 53)


D’autres concerts sont prévus aujourd’hui :

- 17h30, « La nuit transfigurée », de Schönberg à la synagogue de la rue Copernic qui ouvre ses portes au public (Rue, Copernic, Paris 16e, M° Kleber, 01 47 04 37 27)

- 17h30 : Concert Gerschwin, Bernstein, Benny Goodman, Piano Klezmer (PAF).au Cercle Bernard Lazare (10 rue Saint Claude, Paris 3e, M° Chemin Vert)

Et des vernissages :

11h-19h : Exposition “L’Autre dans le regard des musiciens Juifs” : de la Vieille Europe au nouveau Monde., au Cecle Bernard Lazare (10 rue Saint Claude, Paris 3e, M° Chemin Vert).

16h-20h : Vernissage en musique de l’exposition “Leçon sur le son en peinture” à la Galerie Saphir du marais (69 rue du Temple, Paris 3e, M° Saint-Paul)

Le festival continue jusqu’au 16 novembre, cliquez ici pour voir le reste du programme, notamment en régions. En3mots vous tiendra au courant des principaux évènements à Paris.

Rentrée littéraire : Tendre est le cul

Vendredi 1 août 2008

Premier roman de Pierre Bisiou, « Enculée » a fait parler de lui bien avant sa sortie. A la fois cru et tendre, ce morceau choisi de pornographie a le sexe gai. Surtout la sodomie. Sortie le 20 août.

Il y a lui, qui raconte. Il y a elle qu’il décrit. Ils sont ensemble depuis quelques temps déjà et s’offrent une nuit de sexe. Unité de lieu, unité de temps et unité d’action. Le théâtre de la volupté. Mais sans tragédie, puisqu’ils aiment cela tout les deux. 156 pages, deux amants, une nuit de sexe, et même pas de positions acrobatiques puisqu’ils sont trop humains, voici une belle gageure littéraire. Que Pierre Bisiou soutient avec élégance et réalisme. De la baignoire au lit en passant par le ravitaillement à la cuisine, nous sommes dans l’intime longuement décrit. Mais avec légèreté : l’écriture, comme le sexe est une fête.

Pas de grise mine sordide à la « Film de sexe », pas de partouze polaire à la « Catherine M » et pas d’épopée pornographique à la Sade; deux êtres qui se désirent, simplement. Et, dans un ruissellement de tendresse matérialisée, leur corps à corps avec les sous-titres. Balançant entre la description du « charmant spectacle » qui s’offre à sa vue (son corps à elle, offert entièrement et par morceaux), les références qui lui passent par la tête, et leur dialogue minimaliste, le narrateur dit tout, crûment. Les gestes, les positions, même quand il faut en changer pour plus de confort, les mots grossiers et fleuris, leur passion partagée pour la sodomie, les flux et reflux capricieux du désir. Et ses limites : pas plus de 3 longues sessions dans le mois pour que les membres se reposent. C’est ce qui s’appelle bien baiser. L’écriture suit le rythme syncopé des emboîtements, des approches, des mises en scène et de l’acmé : quand il l’encule.

Pierre Bisiou dit tout sur le désir, mais garde un pudeur mutine sur le plaisir. Surtout le sien à elle, peut-être parce que, finalement, le narrateur qui la connaît sous toutes les coutures ne peut pas vraiment savoir ce qu’est l’orgasme de la femme. Ou peut-être parce qu’il n’y a rien à en dire.

« Enculée » n’est plus une injure, mais une invitation.

Pierre Bisious, « Enculée », Stock, 15,50 euros.

« ‘Tu me suces?’
Tu pivotes lentement.
‘Viens comme ça.’
Je te guide dans un impeccable soixante-neuf, ta bouche échouant sur l’avalage de ma queue et moi plongeant à pleine face contre ton con. Encore une vision éclatante pour mes yeux. Ce qu’il est fascinant, ton sexe de jeune-fille. Tu vas vraiment pisser avec ça plusieurs fois par jour? Je peux à peine y croire. Pour moi, c’est un appareil, une civilisation, l’entrée d’un monde. Ou un autel? Plutôt ça, oui. Un autel pour un entraperçu de la liberté. Sur le dos, langue dressée, je rends grâce » p. 43

A. Lesage et E. Trenkwalder, les inspirés.

Mardi 22 juillet 2008
22 juillet 2008 16:00au31 juillet 2008 16:00
Les inspirés ! C’est sous ce vocable que la mesure d’Augustin Lesage, peintre médiumnique rencontre les installations architecturales érotiques du sculpteur et peintre autrichien Elmar Trenkwalder. Remarquable initiative d’Antoine de Galbert et de sa Maison Rouge, qui, réunit ce qui était épars, donnant à l’amateur, une vision symbolique, analogique rare, nous rappelant que le spirituel est dans l’art, s’il n’est l’art, lui-même. Deux oeuvres singulières, distinctes autant par la forme d’art à laquelle on les rattache – l’Art brut pour le premier, l’Art contemporain pour le second-, mais produites par deux personnalités habitées par la croyance en la puissance magique de l’œuvre d’art.

Celle, celui qui pénétrera ce lieu, appréhendera ou affinera sa vision du monde symbolique. Non pas celle de la pacotille bon marché des nombres et de l’écriture, d’objets signifiants prêchés dans des temples obscurs, mais celle mettant en oeuvre la belle analogie, rencontre de l’horizontal et du vertical (René Alleau, éditions Payot 1976). Le vertical, le physique, reste d’une douceur phallique. Ce sont les installations « palais » d’Elmar Trenkwalder, se qualifiant lui-même d’ « aspirateur » d’images, offrant des architectures jusqu’alors jamais vues et pourtant si familières. L’horizontal, l’aplat, le plan appartient à la fluidité, la symétrie, la vignette, l’affiche, la spiritualité raisonnée. Ici, l’esprit est bien plus qu’un périphérique, bien plus qu’un boulevard circulaire, bien plus qu’une spirale. Il est pénétrant. C’est celui d’Augustin Lesage, ancien mineur de fond du Pas-de-Calais, dont la peinture et la révélation « spiritualiste » lui permirent d’échapper à la condition des damnés, donnant à son oeuvre, un souhait, non pas d’éternité, mais de réincarnation.

Au centre des pièces, l’érotisme somptueux, sensible, gigantesque de faïence et d’émaux, dressé comme des palais indiens aux allées bordées de piliers, de fontaines et de vases remplis de liqueur humaine. Ici, la courbe est de mise. Ici, l’amour confronte la libido dans une matière charnelle de luxe, ornementale, monumentale, décorative, hédoniste. Révélateur de paradoxe et de métamorphose, il nous permet de participer d’une expérience séduisante mettant en relation l’ornement et le désir. La matière céramique, son aspect « ruisselant, humide », ce « prêt à toucher » pourrait laisser croire que l’aspect « organisé », mystique de l’oeuvre, permettraient de dissimuler une atmosphère de crime. Il semble que la plupart de ses oeuvres participent d’un principe d’érotisation général. De même que son intérieur se projette sur l’espace extérieur, de la même manière, l’érotisme habille, imbibe, voire contamine tous les sujets dont il s’occupe. Dans cette logique, l’androgyne occupe une place centrale, dans la mesure où elle constitue, par excellence, la figure de la symétrie sexuelle.

« Il s’agit toujours de cette réversibilité. Sans doute aussi, du désir de ne faire qu’un. [...] C’est une métaphore. Une métaphore de la vie considérée comme un principe fusionnel. »

Elmar Trenkwalder semble fasciner par le palais du facteur Cheval, Michel-Ange et les sculptures du Bernin. Mêmes, si ces univers semblent éloignés, ils procèdent pour lui d’une même intensité. Ici, la matière est une possibilité de penser. Aujourd’hui, c’est le médium qui compte. Il ne s’agit plus pour lui de réfléchir sur le médium ou avec, mais bien, de le mettre en oeuvre, dans la recherche d’une symétrie entre lui-même et le monde.

Augustin Lesage, ouvrier mineur devient peintre à l’âge de trente-cinq ans. Illuminé, dans tous les sens du terme, il l’est. Intégré au milieu spirite qui lui reconnaît des qualités de médium - « sa capacité à accueillir le message de l’esprit invisible » - il abandonne son activité de mineur en 1923 et se consacre entièrement à la peinture jusqu’à sa mort. Il dit et répète que ce n’est pas lui qui commande sa main, ni son regard lorsqu’il peint. Il trouve ainsi, dans ce phénomène spiritiste déferlant aux Etats Unis et dans le nord de l’Europe, vers le milieu du XIXème siècle, une brèche dans le barrage socio-culturel, en peignant sous la direction des esprits. Étrangement, ce mineur plongé au coeur de la déshumanisation, de l’épuisement, des boyaux des houillères étranglant le corps et la pensée, de l’absence de lumière, sera sauvé de la folie de l’ « enterrement vif » qui le gagnait par cette retraite anticipée et sa rencontre avec l’occulte. Il se libère de sa condition de forçat. Ce qui a été refoulé dans le réel n’est pas aboli pour autant et fait fatalement retour sur un monde délirant. Ce monde s’impose au sujet (contrairement à l’œuvre d’ Elmar Trenkwalder, très préparée, schématisée, organisée) hors de toute action symbolique. Il sortira ainsi de l’ombre, de la tombe, de l’idéologie paternaliste. La peinture raisonnée, maniacosymétrique de Lesage démontre l’absence de toute influence culturelle ou de toute intoxication religieuse. Il nous donne la clé d’une énigme artistique: d’où l’artiste tire-t-il son pouvoir d’expression? Certes, il renchérit sur sa propre aliénation. Il réussit, au-delà d’une vie tracée dès la naissance à inventer son propre langage, contredire la fatalité sociale, en renversant les termes de la formule. Ainsi donne-t-il « raison » à ses propres croyances, dans cette oeuvre précise qui lui survit.

Www.lamaisonrouge.org

Jean Nouvel scénarise César à la Fondation Cartier

Lundi 21 juillet 2008

L’architecte Jean Nouvel est commissaire et scénographe d’un anthologie dédiée à son ami le sculpteur César, dans un bâtiment qu’il a lui-même construit. Jusqu’au 26 octobre.

Le sculpteur César (celui là même qui a conçu les petites sculptures qu’on remet aux lauréats du cinéma français chaque année) est mort en 1998. La fondation Carier a déjà souvent rendu hommage à l’artiste, qui serait à l’origine de l’initiative de la « création d’un lieu d’exposition libre et différent ».

Pour cette anthologie, la Fondation a demandé à son propre achitecte, Jean Nouvel, de donner une certaine idée du sculpteur. Selon Jean Nouvel, l’attitude de César Baldaccini est « celle d’un artiste conceptuel ». César a suscité la polémique, de savoir si ses sculptures étaient encore de l’art ou juste un « truc » conceptuel pour faire un coup médiatique. Comme l’explique Catherine Millet, César lui-même s’est posé la question : « Aussi classique [fut-il], aussi attaché au métier, [il s'est trouvé] pris dans une problématique qui fait que la sculpture n’est plus seulement l’art des belles proportions à bâtir et des beaux matériaux à caresser [mais] qu’elle est peut-être une idée ».

Herb Ritts, César, Cahors, 1993 © Herb Ritts Foundation

Aussi voit-on peu de « fers » dans cette exposition thématique sur César, et beaucoup de Compressions, d’Expansions et d’Empreintes humaines. Dans les trois cas, c’est un nouveau procédé qu’a inventé César, dans les années 1960. Et à chaque fois, il ne créé plus à la main, mais dirige des opérations complexes. Dans le cas des compressions, il s’agit d’un nouvel outil : le Big squeeze, qui est la grande presse hydrolique servant à compacter les autos à la casse ; pour les empreintes humaines, il y a agrandissement par procédé pantographique et travail sur une matière résineuse ; et pour les extensions, c’est encore la matière qui est au centre, avec l’usage du polyeruthane, plastique extrêmement léger et malléable, qui dégouline à l’horizontale ou à la verticale, selon le temps que lui accorde César pour sécher, le mouvement qu’il sonne aux coulées, et la manière dont il le polit ou le vernit.

La visite commence dans la salle du bas, opaque et sans lumière naturelle, où l’on découvre certaines « compressions historiques » du Salon de Mai 1960 et une allée de sculptures aux teintes mordorées, réalisées à partir de voitures Fiat en 1998. Un film montre césar à l’âge de 45 ans, bourru, sur de lui, jurant avec son accent marseillais et aux commande de la grande presse à compresser les autos. Dans la petite salle, des morceaux de voitures sont exposés, qui jouent avec leurs propres ombres sur le mur. Certains cadavres d’autos sont bruts et non traités, ressemblant vraiment à des squelettes. En haut, dans des caisses brutes de bois qui ont l’air prêtes à traverser l’Atlantique, quelques « fers » sont exposés. Ces œuvres plus anciennes de César sont déjà faites de métaux récupérés, mais encore forgées à la main, et gracieusement anthropomorphes. A droite, les grandes « Empreintes humaines » sont surtout les pouces agrandis de l’artiste, qui comme le Jules César historique, voulait pouvoir décider de la vie ou la mort des gladiateurs d’un geste de la main, des seins de femme, un poing entier, et une main. Les couleurs de la résine passent du rouge vif au jeune translucide et les empreintes semblent s’étendre un peu partout sur des piédestaux de formes et tailles diverses. De l’autre côté, les « Extensions » coulent sur des socles blancs à peine visible et au ras du sol, chairs molles de couleurs vives, plus ou moins brillantes selon le vernis et de degré où elles ont été polies.

Dehors, dans l’agréable jardin de la fondation, quelques sculptures sont montrées, et dialoguent à travers la paroi de verre avec les sculptures présentées à l’intérieur du musée. A partir de journaux périmés, la reconstitution de l’œuvre éphémère créée par César pour Bâle en 1998 : « Un mois de lecture des Bâlois » est un jeu impressionnant sur l’archéologie de notre passé immédiat dans ce qu’il a de plus fragile, ses déchets.

A voir, pour découvrir, ou redécouvrir César, et pour buller dans la jardin de la Fondation…

Jusqu’au 26 octobre, “César, anthologie par Jean Nouvel”, Fondation Cartier pour l’art contemporain, mar-dim, 11h-20h, 261, Bd Raspail, Paris 14e, M° Raspail, 6,50 euros (TR 4,50 euros), accès libre le mercredi de 14h à 18h.

Le baptême de My Paris, le festival de la création contemporaine

Vendredi 4 juillet 2008

Festival pluri-disciplinaire ouvrant sur des artistes qui vivent Paris la raffinée dans leurs veines, Myparis ouvre chaque jour les portes de nouveaux musées, et de nouvelles galeries sur des thèmes aussi divers que l’art, la mode, la gastronomie et la vidéo. A savourer jusqu’au 8 juillet.

Hier a eu lieu le vernissage de la première édition de My Paris Festival. Le cocktail était accompagné de vidéos, de musique et de l’inauguration de la vitrine de la galerie des galeries Lafayette, dont le contenu était orchestré par ma galerie de multiples. Alors que du côté boulevard Haussmann la foule se pressait encore pour les soldes nocturnes, du côté de la rue de la Chaussée d’Antin, l’heure était au couleurs blanches, aux talons haut, au champagne pour le vernissage de la vitrine signée Gilles Drouault et Matthieu Mercuier pour la galerie de Multiples. La première œuvre, « Drum’n bass Lafayette » de Matthieu Mercier est une sculpture où des objets d’intérieurs reposent sur des étagères suggérant Mondrian.

A côté, le palmier de Saâdame Aft est enchaîné comme un « esclave » inanimé. « Think big » de Frank Scurts représente des personnages rêvant de lustres et de fastes sur des petits cartons d’emballages éclatés. Plus épuré, le triptyque « New, Original, Special » de Bruno Peim vend en noir et blanc des nouveautés immatérielles. Une déchirure de Daniel Buren expose dans la vitrine de la galerie des galeries toute sa rougeur striée, et enfin, les yogi de Xavier Veilhan font le poirier en de mutliples couleurs.

A voir jusqu’au 30 août dans la vitrine de la galerie des galeries, 29 bis rue de la Chaussé d’Antin, Paris 8e.

My Paris, demandez le programme…

Chaque jour de la semaine qui vient, My Paris festival vous propose des activités différentes dans diverses galeries, boutiques de créateur, institutions, et lieux de culture. Avec toutes les explications nécessaires. Données soit par un conférencier, soit via des baladeurs multimédias audiovisuels qui renvoient à la préhistoire les vieux audioguides.

Demain le parcours est « Art et mode » dans le marais, avec la visite des boutiques Carine Cobson, Isabel Marant, gaspard Yurgevich, la librairie Comme un roman, et un final au Jeu de Paume pour un cocktail et la visite de l’exposition Richard Avedon.

Samedi, le programme est artistique avec la visite des plus beaux musées de la capitale (Musée d’Art moderne de Paris, Palais de Tokyo, Maison Rouge, Beaubourg, Bétonsalon) et des galeries (de Multiples,Vanessa Quang, la BANK, Nuke et Fraich’ attitude).

Dimanche, My Paris vous emmène en bus au Mac/val pour une visite gustative avec un déjeuner moléculaire (départ 11h45 place du Châtelet) et pour les lève-tard brunch art et musique au Transerval puis visite du plateau à 16h dans le 19e.

Mardi, une table ronde a lieu sur « Paris, capitale culturelle ?» au palais de Tokyo que vous pourrez voir sur www.tribeca75.com et la festival clôture en vidéo et en musique au Point FMR.

Lors du festival, pour tous les musées, 1 place achetée =1 place offerte.

My Paris est le festival de tout ceux qui appartiennent par le cœur et les yeux à la capitale.

Plus d’infos sur le site myparis.

Concert : Néon Néon au Palais de Tokyo, ce soir

Mardi 1 juillet 2008
1 juillet 2008
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Dans le cadre des sessions organisées par l’agence “stage of the art” dans des cadres de prestige, avec un son électro et des arts visuels, le Palais de Tokyo reçoit ce soir les deux génies des néon néon .

Les deux musiciens, Boom Bip (Brian Hollon) et Gruff Rhys (Super Furry Animals), portent leur nom à cause des tubes fluo des années 1980. C’est avec une passion commune pour la voiture de Retour vers le futur qu’ils enregistrent leur premier album, Stainless Style. A découvrir ce soir au palais de Tokyo.

20h30, Palais de Tokyo, 13, av du Président Wilson, Paris 16e, M° Alma ou Iena, 15 euros.

Le flamenco à l’honneur au Petit Palais

Vendredi 27 juin 2008
27 juin 2008 10:00au31 août 2008 10:00

Du 5 juillet au 31 août, le Petit Palais accueille “Nuit espagnole. Le flamenco, avant-garde et culture populaire 1865-1936″, une exposition , co-organisée en association avec la Sociedad Estatal para la Acción Cultural Exterior d’Espagne et le Musée de la Reina Sofia à Madrid.

Le flamenco sera à l’honneur cet été au Petit Palais. Cet art populaire du sud de l’Espagne, qui s’exprime par le chant, la danse et la guitare a inspiré plusieurs générations de peintres. De Sorolla à Picasso en passant par Manet, tous ont été captivé par la magie et la modernité du flamenco.

Le Musée des beaux arts de la Ville de Paris, en association avec la Sociedad Estatal para la Acción Cultural Exterior d’Espagne et le Musée de la Reina Sofia à Madrid a donc réuni plus de 150 oeuvres de 60 artistes témoignant de la force émotive du flamenco.

Cette exposition présente par ailleurs une dizaine de films documentaires ou artistiques.

Du 5 juillet au 31 août au Petit Palais, avenue Winston Churchill, 8e, M° Champs-Elysées Clémenceau. De 4,50 à 9 euros. Renseignements au 01.53.43.40.00

Peter Doig : « la peinture devient intéressante lorqu’elle devient intemporelle »

Jeudi 26 juin 2008

L’exposition Peter Doig est une première pour le peintre à Paris. Le Musée d’art moderne a rassemblé 40 peintures et près de 50 dessins de l’artiste. Grand voyageur, son œil s’est aguerri entre le Canada, Londres et Trinidad où il vit encore. Intemporelles, ses toiles parlent à tous, dans des couleurs vives et avec une intensité qui donne à réfléchir.

Il y a un peu de tout dans les paysages de Peter Doig : une patte impressionniste, un passé post-expressionniste, un certain surréalisme, et un réalisme qui mène vers une réflexion quasi-abstraite. Très inspiré par les dernières œuvres de Fautrier, Doig travaille à partir de photos qui sont pour lui une matière de mémoire.

Ses œuvres portent la trace de son nomadisme entre son Ecosse natale, le Canada, Londres et Trinidad, et la technique propre au peintre lui vient de la Saint-Martin’s School of Arts où il a étudié dans les années 1980. Ouvert à plusieurs cultures, Doig ne hiérarchise pas entre Damier et une pochette de Cd pop. Il en ressort pour ces toiles une sorte de naïveté accessible à tous.

A cela s’ajoute un travail éclaté dans le temps, comme le permet de le voir la salle où sont exposés les nombreuses esquisses préparatoires des canevas. C’est par couches et par moments que l’artiste complète ses toiles, leur donnant une intemporalité forte. Ni présents, ni nostalgiques du passé, ses grands paysages colorés où erre parfois un homme ou la trace de son passage (canoë, habitations etc…) donnent à voir du concret. Ne serait-ce que par l’épaisseur de la peinture, dont la texture est souvent très travaillée. Mais leur grande taille et leur mystère ouvre sur tout un monde lointain de réflexion personnelle pour le visiteur.

Etrangement inquiétantes, fonctionnant à la fois sur le mode de la surprise et du déjà vu, les peintures de Doig résonnent différemment en chacun. Les formes se mettent en mouvement, laissant l’œil qui les perçoit libre de s’y promener comme dans un rêve.

« Un tableau n’est pas fixe…Peindre c’est s’avancer sur une surface, s’y perdre, se perdre soi-même, aller au-delà de soi, marcher sur une étendue et s’y laisser engloutir physiquement » C’est à cet exercice aussi visuel que spirituel que Peter Doig nous convie jusqu’au 7 septembre au Musée d’Art moderne.

Peter Doig, jusqu’au 7 septembre, mar-dim, 10h-18h, nocturne jeu 22h, Musée d´Art moderne de la ville de Paris, 11 avenue du Président Wilson, Paris 16e, m° Iena ou Alma Marceau, 7,50 euros (TR : 5 euros).

Georges Rouault à Beaubourg

Jeudi 26 juin 2008

Sous titrée « L’effervescence des débuts », l’exposition consacrée à Georges Rouault à Beaubourg rend hommage aux premières années du siècle où le colocataire d’Albert Marquet gravitait à l’orée du groupe « fauve » et peignait « les filles » de Paris.

Une vingtaine d’œuvres de jeunesse (1905-1914) de Georges Rouault sont exposées au 5e étage du centre Pompidou, cet été. La plupart viennent des collections du musée ou du Musée d’art moderne de Lille.

Classés par thème les tableaux sont bien souvent des esquisses à la gouache sur papier marouflées sur toile. On y voit de manière intéressante le passage d’un style qui oscille entre Marquet et Lautrec vers les traits simplifiés et pâteux qui caractérisent le Rouault que l’on connaît. Le moment charnière semble se situer autour de 1907. Proche des ses amis « fauves », Albert Marquet et Henri Matisse, Georges Rouault ne s’est jamais considéré comme l’un d’entre eux. Au salon d’automne de 1905, les pièces de Rouault n’étaient d’ailleurs pas dans la fameuse « cage aux fauves » dont a parlé le critique Louis de Vauxcelles, mais plutôt parmi les toiles des élèves de Gustave Moreau. Des fauves, il a cependant appris un certain usage de la couleur, même si lui utilise très tôt les verts, les bleus et les noirs mystiques qui font la particularité de son œuvre. De Moreau, il a gardé et transformé le goût pour la foi et le sacré, thème qu’on ne trouve pas dans ces œuvres de jeunesse.

Parmi les portrait des « filles », on note une charnelle « Fille au miroir » (1906) dont la position et l’érotisme font penser à Lautrec. Mais le regard triste renvoie vers un monde plus sombre, proche de l’expressionnisme. Parmi les clowns, si chers à Rouault, l’ « Acrobate » de 1913 est aussi nu et triste que la « Fille au miroir ». Enfin, les esquisse faites à Versailles permettent de voir combien certains peintres du XVIII e siècle comme Watteau ont pu marquer le style de Rouault.

Notez que Rouault est très tendance en ce cinquantième anniversaire de sa mort. La pinacothèque de Paris nous prépare une très belle exposition pour la rentrée. Et qu’en ce moment même, la galerie Schmit (396, rue Saint-Honoré, Paris 1er, M° Franklin Roosevelt) expose 70 oeuvres de Rouault dont 10 sont à vendre.

5e étage, jusqu’au 15 octobre, Centre Pompidou, 4 e étage, place Georges Pompidou, Paris 4 è, tljs sauf mardi 11h-22h, 10 euros l’entrée et 44 euros le laisser passer pour un an (ou 22 euros le pass étudiants/-26).

Miroslav Tichy, la consécration à Beaubourg

Jeudi 26 juin 2008

Découvert très tard par son voisin de palier, le photographe morave Miroslav Tichy est à l’honneur avec une rétrospective tout l’été au Centre Pompidou.

A l’âge de 82 ans, le photographe Miroslav Tichy est exposé pour la première fois à Beaubourg. Découvert par son voisin de palier, à Londres, le réalisateur, Roman Buxbaum, Tichy fait parler delui seulement depuis quatre ou cinq années dans le monde de l’Art contemporain. C’est en 2005 qu’il a obtenu le Prix Découverte aux Rencontres photo d’Arles… à l’âge de 79 ans ! L’exposition située au 4 e étage de Centre Pompidou, parmi les grands artistes des cinquante dernières années réunit une centaine de clichés. La plupart viennent de la fondation Tichy Ocean et ils ne sont pas datés mais présentés selon des thématiques. Les femmes ont beaucoup inspiré de travailleur acharné qui est resté en marge de la société communiste de sa ville natale où il est demeuré longtemps : Kyjov, en Moravie. Mais l’érotisme trouble qui se dégage des clichés n’est pas l’objectif premier de Tichy. « Pour moi une femme est un motif. La silhouette (debout, inclinée, assise), le mouvement (lamarche), rien d’autre ne m’intéresse. L’érotisme n’est qu’un rêve, de toutes façons. Le monde n’est qu’une illusion, notre illusion », explique le photographe. Fabriquant lui-même son matériel avec des matériaux récupérés, il colle souvent ses clichés sur des papiers déjà usagés et coloriés. L’imperfection, la fragilité et l’éphémère qui se dégagent des œuvres à tirages uniques et retravaillées au crayon sont le clé de l’émotion que procurent ces images souvent floues. L’homme lui-même pour qui « Les défauts font partie intégrante du travail » est une sorte de clochard génial, qui semble fait du même bric et broc que ses photos. Un travail émouvant à découvrir avant le 22 septembre.

4e étage, jusqu’au 22 septembre, Centre Pompidou, 4 e étage, place Georges Pompidou, Paris 4 è, tljs sauf mardi 11h-22h, 10 euros l’entrée et 44 euros le laisser passer pour un an (ou 22 euros le pass étudiants/-26).