Il n’est pas dans l’habitude de notre rédaction de parler de ce que l’on fait chez soi, bien au contraire ! Pourtant, un blog à su retenir mon attention.
Notre Sweet Home est le journal de bord d’une jeune fille qui prend soin à rendre son “nid” “douillet”. Vous l’aurez compris, vous trouverez sur ce site un maximum de petits conseils pour aménager votre intérieur et plus généralement pour bien y vivre.
Tatiana nous apprend qu’elle a commencé cette expérience d’écriture alors qu’elle n’avait pas encore son appartement. Imaginant à quoi allait ressembler son futur chez elle, elle a décidé de partager avec tous sa richesse “intérieure”.
Depuis février, elle a enménagé et peut enfin exploiter ses trouvailles pour elle-même.
Bétosalon a rouvert ses portes hier, avec une exposition qui mêle imagination et urbanisme. Photo : Dan Rees, Ryman vs. Mangold, 2005
“Ce qu’il s’agit d’interroger, c’est la brique, le béton, le verre, nos manières de table, nos ustensiles, nos outils, nos emplois du temps, nos rythmes.” Georges Perec, L’infra-ordinaire, ed. Seuil, 1989
C’est donc sous le signe de Jacques Tati que Bétonsalon a rouvert ses portes en questionnant le quartier dans lequel il s’est installé et, plus généralement l’usage que l’on fait d’un lieu. Le projet est signé Mélanie Bouteloup et Grégory Castéra.
Les artistes exposés sont : Fanny Adler & Vincent Madame, Atelier Bow-Wow, Nina Beier & Marie Lund, Katinka Bock, Simon Boudvin & Vincent Ganivet, François Chaignaud, Guillaume Constantin, Julio Cortázar & Dora García & Loreto Martinez Troncoso, Das Dingbât, Fanny de Chaillé, Jean-Charles de Quillacq, Jochen Dehn, Florent Delval, Michael Eric Dietrich, Driessens & Verstappen, Chloé Dugit-Gros, Dario Escobar, FormContent, Ryan Gander, Yves-Noël Genod, Dominique Gilliot, Daniel Gustav Cramer & Haris Epaminonda, Jeune Fille Orrible, Patrick Killoran, Ji%u0159í Kovanda, Seulgi Lee, Nicolas Mémain & Denis Moreau, Ivana Müller, Roman Ondak, Carole Perdereau, Philippe Quesne, Paul Ramírez Jonas, Dan Rees, Seconds couteaux, Bertrand Segers & Matthieu Garcia Lamolla, Yann Sérandour, Virginie Thomas, Guido van der Werve, Adrien Vescovi, Annie Vigier & Franck Apertet (les gens d’Uterpan), W, Raphaël Zarka
Un site Internet permet de continuer l’enquête esthétique en virtuel. Vous y trouverez la date des interventions, et de bons points de repères sur le quartier Massena.
Espace Bétonsalon, mardi à samedi de 12h à 21h, 9 esplanade Pierre Vidal-Naquet, Rez-de-Chaussée de la Halle aux Farines, Paris 13e, m° Bibliothèque. Entrée libre.
Avec pour thème la musique, ces journées du patrimoine juif commencent dimanche 7 septembre et se terminent le 16 novembre. L’occasion de faire le plein de Kletzmer.
Demain, dimanche 7 septembre, entrée libre au musée d’Art et d’Histoire du judaïsme (71 rue du Temple, Paris 3e, M° St Paul) et CONCERT DU GROUPE YANKELE à 14h30 dans la cour du musée (renseignements
au 01 53 01 86 53)
D’autres concerts sont prévus aujourd’hui :
- 17h30, « La nuit transfigurée », de Schönberg à la synagogue de la rue Copernic qui ouvre ses portes au public (Rue, Copernic, Paris 16e, M° Kleber, 01 47 04 37 27)
- 17h30 : Concert Gerschwin, Bernstein, Benny Goodman, Piano Klezmer (PAF).au Cercle Bernard Lazare (10 rue Saint Claude, Paris 3e, M° Chemin Vert)
Et des vernissages :
11h-19h : Exposition “L’Autre dans le regard des musiciens Juifs” : de la Vieille Europe au nouveau Monde., au Cecle Bernard Lazare (10 rue Saint Claude, Paris 3e, M° Chemin Vert).
16h-20h : Vernissage en musique de l’exposition “Leçon sur le son en peinture” à la Galerie Saphir du marais (69 rue du Temple, Paris 3e, M° Saint-Paul)
Le festival continue jusqu’au 16 novembre, cliquez ici pour voir le reste du programme, notamment en régions. En3mots vous tiendra au courant des principaux évènements à Paris.
Jusqu’au 19 septembre, la Cité de l’architecture et du patrimoine s’immisce dans la ville chinoise… Pékin, Canton, Chengshi, Shangaï, autant de prétextes pour mieux comprendre un Empire, ses mutations économiques et sociologiques.
« Ferme les yeux et le noir des caractères va faire apparaître les lumières de la ville ». L’expo s’ouvre sur les mots de Peter Handle puis est scandée par une série d’idéogrammes. Le premier, “Yuan”, ou jardin, agit comme un sas entre notre monde européen et la cité chinoise. Le jardin des lettrés et les cerfs volant (en chinois littéral « cithares à vent ») ondulant sur les gratte- ciel donne le ton : à l’architecture et à l’urbanisme, les Chinois mêlent croyances et poésie. Rien ne l’illustre mieux que le Fengshui, l’art taoïste qui vise à l’harmonisation d’un lieu afin de favoriser le bien être et la prospérité de ses habitants. Dans cette optique, les sépultures du cimetière de la baie de Pangwan sont construites en fer à cheval, dos à la montagne et face à la mer, et les tracés des plans de la Cité interdite suivent le modèle des étoiles dans le ciel. Ainsi, l’architecte cherche à « canaliser les forces de l’univers et harmoniser leurs circulations entre les Hommes ». Le maître Fengshui travaillant sur la tour HSBC de Shangaï visait-il si haut ?
Inaltérables jusqu’au début du XX ème siècle, voire même « étonnamment stable jusqu’au début des années 1980 », les formes de constructions chinoises ont par la suite rapidement évoluées, pressée en cela par la croissance économique, le « Enrichissez-vous ! » de Ding Xiaoping. Aux grands chantiers d’équipements publics de Mao ont suivi les extraordinaires hémorragies de métropole, les villes-nouvelles de la province de Canton et les grands chantiers olympiques pékinois…. Mais tout va très vite en Chine, les programmes de destructions pointent leurs limites, aussi dans le « Paris de l’Orient » (Shangaï est la plus grande ville du pays en termes de peuplement), les autorités optent pour la préservation du patrimoine. Quand la poésie perd de son allant on tente de garder les poèmes… C’est du moins ce que suggèrent les commissaires qui, pour nous présenter les habitants des cités désanchantés, ont convoqué les artistes. Aux outils d’architectes aux plans d’édifices et aux photos des grandes villes, ont été associés 5 films d’auteurs parmi lesquels Attente -ou comment survivre à Chongqing, quand l’on est une femme seule avec enfant et que l’on vient de se faire raser son stand de nouilles-, et Bonne année, qui renvoit à l’écartèlement entre production capitaliste et idéologie communiste des travailleurs cantonais…
Entre chroniques urbaines et légendes d’une autre ère, l’expo nous perd comme Pékin doit pouvoir le faire… « Le cadre est large. Extra large » nous prévient la plaquette de présentation. Ainsi averti, on savoure le récit des mutations d’un Empire. Ce qui devait être une expo d’archi, devient, pour le visiteur diposant de temps, une introduction à la Chine. Nécessaire.
« Dans la ville chinoise. Regards sur les mutations d’un Empire »,Cité de l’architecture et du patrimoine, jusqu’au 19 septembre. Métro Trocadéro, 1, place du Trocadéro, paris 16e, TP :8 euros, TR : 5 euros. Ts les jours sauf le mardi, de 11h à 19h, nocturne le jeudi jusqu’à 21h.
L’architecte Jean Nouvel est commissaire et scénographe d’un anthologie dédiée à son ami le sculpteur César, dans un bâtiment qu’il a lui-même construit. Jusqu’au 26 octobre.
Le sculpteur César (celui là même qui a conçu les petites sculptures qu’on remet aux lauréats du cinéma français chaque année) est mort en 1998. La fondation Carier a déjà souvent rendu hommage à l’artiste, qui serait à l’origine de l’initiative de la « création d’un lieu d’exposition libre et différent ».
Pour cette anthologie, la Fondation a demandé à son propre achitecte, Jean Nouvel, de donner une certaine idée du sculpteur. Selon Jean Nouvel, l’attitude de César Baldaccini est « celle d’un artiste conceptuel ». César a suscité la polémique, de savoir si ses sculptures étaient encore de l’art ou juste un « truc » conceptuel pour faire un coup médiatique. Comme l’explique Catherine Millet, César lui-même s’est posé la question : « Aussi classique [fut-il], aussi attaché au métier, [il s'est trouvé] pris dans une problématique qui fait que la sculpture n’est plus seulement l’art des belles proportions à bâtir et des beaux matériaux à caresser [mais] qu’elle est peut-être une idée ».
Aussi voit-on peu de « fers » dans cette exposition thématique sur César, et beaucoup de Compressions, d’Expansions et d’Empreintes humaines. Dans les trois cas, c’est un nouveau procédé qu’a inventé César, dans les années 1960. Et à chaque fois, il ne créé plus à la main, mais dirige des opérations complexes. Dans le cas des compressions, il s’agit d’un nouvel outil : le Big squeeze, qui est la grande presse hydrolique servant à compacter les autos à la casse ; pour les empreintes humaines, il y a agrandissement par procédé pantographique et travail sur une matière résineuse ; et pour les extensions, c’est encore la matière qui est au centre, avec l’usage du polyeruthane, plastique extrêmement léger et malléable, qui dégouline à l’horizontale ou à la verticale, selon le temps que lui accorde César pour sécher, le mouvement qu’il sonne aux coulées, et la manière dont il le polit ou le vernit.
La visite commence dans la salle du bas, opaque et sans lumière naturelle, où l’on découvre certaines « compressions historiques » du Salon de Mai 1960 et une allée de sculptures aux teintes mordorées, réalisées à partir de voitures Fiat en 1998. Un film montre césar à l’âge de 45 ans, bourru, sur de lui, jurant avec son accent marseillais et aux commande de la grande presse à compresser les autos. Dans la petite salle, des morceaux de voitures sont exposés, qui jouent avec leurs propres ombres sur le mur. Certains cadavres d’autos sont bruts et non traités, ressemblant vraiment à des squelettes. En haut, dans des caisses brutes de bois qui ont l’air prêtes à traverser l’Atlantique, quelques « fers » sont exposés. Ces œuvres plus anciennes de César sont déjà faites de métaux récupérés, mais encore forgées à la main, et gracieusement anthropomorphes. A droite, les grandes « Empreintes humaines » sont surtout les pouces agrandis de l’artiste, qui comme le Jules César historique, voulait pouvoir décider de la vie ou la mort des gladiateurs d’un geste de la main, des seins de femme, un poing entier, et une main. Les couleurs de la résine passent du rouge vif au jeune translucide et les empreintes semblent s’étendre un peu partout sur des piédestaux de formes et tailles diverses. De l’autre côté, les « Extensions » coulent sur des socles blancs à peine visible et au ras du sol, chairs molles de couleurs vives, plus ou moins brillantes selon le vernis et de degré où elles ont été polies.
Dehors, dans l’agréable jardin de la fondation, quelques sculptures sont montrées, et dialoguent à travers la paroi de verre avec les sculptures présentées à l’intérieur du musée. A partir de journaux périmés, la reconstitution de l’œuvre éphémère créée par César pour Bâle en 1998 : « Un mois de lecture des Bâlois » est un jeu impressionnant sur l’archéologie de notre passé immédiat dans ce qu’il a de plus fragile, ses déchets.
A voir, pour découvrir, ou redécouvrir César, et pour buller dans la jardin de la Fondation…
Jusqu’au 26 octobre, “César, anthologie par Jean Nouvel”, Fondation Cartier pour l’art contemporain, mar-dim, 11h-20h, 261, Bd Raspail, Paris 14e, M° Raspail, 6,50 euros (TR 4,50 euros), accès libre le mercredi de 14h à 18h.