Dossier : La vitalité de l’animation « qualité française »

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le 16 juin 2009 Par Gilles - categories : A l'affiche, Ciné, Coup de coeur - 351 Lecture(s)

Pour la sortie de Lascars, laboiteasorties vous propose un dossier sur un genre très prisé en France : l’animation. Sans céder au formatage, les films d’animation français proposent une diversité et une prise de risque surprenantes, bien plus que de simples dessins animés… de vrais FILMS.


Dossier : La vitalité de l’animation « qualité française »Si l’on parle « animation » : beaucoup pensaient hier Disney et évoquent aujourd’hui Dreamworks ou Pixar. Dans les années 1980, l’ambition du cinéma animé français se résumait (presque) à la sortie d’épisodes d’Astérix pendant que les techniciens s’exilaient à l’étranger, et notamment dans la Silicon Vallée.  Depuis les années 1990, la situation est toute autre. L’initiateur de ce changement ? Michel Ocelot, le réalisateur qui résume à lui seul le talent des animateurs français. En 1998, la France tombe sous le charme de son Kirikou, un film sorti de nulle part, contant l’histoire d’un enfant africain haut comme trois pommes qui nous emmène avec lui découvrir le secret de la méchante Karaba. Kirikou ne cherche pas la prouesse technique mais tisse une atmosphère inimitable par ses couleurs et ses décors qui nous immergent en quelques secondes dans les terres d’Afrique. La patte de Michel Ocelot, mêlant naïveté graphique et simplicité des histoires s’est retrouvée dans deux autres de ses succès : Kirikou et les bêtes sauvages et Azur et Azmar. Avec ces trois contes moraux, Michel Ocelot a redonné ses lettres de noblesse au film pour enfants. Il a surtout ouvert des portes pour des projets innovants cette fois-ci destinés à un autre public : les… adultes.


Dossier : La vitalité de l’animation « qualité française »Cas quasi unique dans l’animation mondiale, le cinéma français a ainsi développé un réseau de films visant clairement un public plus âgé. Le meilleur exemple de ces « dessins animés d’auteur » vient des Triplettes de Belleville de Sylvain Chaumet. Impossible (et inutile) de résumer un bijou de cinéma qui tient du miracle : quasiment sans dialogues, mais porté par une bande son trépidante (signée M), le film, mélangeant aventure et humour a révolutionné le genre. La rencontre de ces trois vieilles folles, qui utilisent des grenades pour pêcher des grenouilles est un pur moment de plaisir cinéphile ! Dossier : La vitalité de l’animation « qualité française »Changement de réalisateur mais aussi de style pour Renaissance : un film d’anticipation nappé d’un somptueux noir et blanc, et d’une image techniquement irréprochable. Le scénario, très influencé par la littérature de science-fiction ne surprend pas : l’émotion est surtout visuelle. Le succès mitigé du film n’enlève rien à ses qualités et l’œuvre reste un projet d’une ambition rare. Le dernier exemple vient de Persépolis de Marjane Satrapi. Pour évoquer l’évolution politique de l’Iran à travers un portrait autobiographique, Satrapi a choisi un médium inattendu : l’animation. Le travail sur l’image est une fois de plus saisissant, reprenant les codes, les traits, et les nuances héritées de la BD. Tous ces films d’auteur ont un point commun : l’animation n’y est pas un prétexte et le soin apporté à l’image accompagne les idées du scénario : ce sont des vrais films de metteur en scène.

Dossier : La vitalité de l’animation « qualité française »L’animation française ne se résume pas à ces films plus pointus : des comédies sont aussi arrivées en masse. Un petit mot d’abord sur Blanche neige la suite de Picha qui décroche sans effort la palme du mauvais goût dans sa parodie crade (et jouissive) qui emprunte plus à American Pie qu’à Perrault. En général, les budgets plus importants sont attribués aux adaptations de franchises : le retour de Lucky Luke dans Tous à l’ouest ou une Dossier : La vitalité de l’animation « qualité française »énième aventure d’Astérix et les vikings ont tenté de surfer sur la renommée des BD (sans grand succès). Au rayon des blockbusters populaires, Besson est loin devant : 6 millions de français et le double à l’étranger ont apprécié les aventures d’Arthur et les minimoys. Le pari était risqué : 60 millions d’euros de budget et 3 ans d’élaboration, mais il a fonctionné : le film n’a rien à envier à une production Dreamworks lambda.


Que nous annonce l’avenir ? Le succès de l’animation française, surtout à l’étranger a permis de financer des projets à la hauteur de leurs ambitions. Après des annonces contradictoires, le projet Un monstre à Paris semble enfin reparti et L’illusionniste de Sylvain Chaumet arrivera sur nos écrans à la fin de l’année. L’animation française ne marche que lorsqu’elle s’éloigne des standards et des recettes qui marchent : l’excellent Lascars en est un très bon exemple. Ce succès vient de choix stylistiques et de mises en scène très soignés : pour finir en beauté, voici le dernier teaser d’Arthur et la vengeance de Malthazar, prévu pour inonder les cinéma français pendant les fêtes de Noël.

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Gilles Hérail

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