De la laideur de l’écriture…

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le 05 juin 2009 Par marie - categories : Aujourd'hui, Journée, Littérature - 86 Lecture(s)

Place Stalingrad, au bout du canal, une petite tente blanche… pour touriste pommé ? Parisien fatigué ? Ou meeting électoral au pied levé ? Nullement…. Seulement pour écrivain taré : Jacques Jouet. Certes par définition un Oulipien est un maso qui aime à écrire sous la contrainte, mais les règles sont en général circonscrites aux questions langagières. Cette fois, la limite du l’Oulipien est physique : écrire, le temps du festival, un roman feuilleton avec, lisant derrière son épaule, chalands et journalistes. L’écran d’ordinateur de Jacques Jouet est en effet retransmis à l’extérieur de la tente…

De la laideur de l’écriture…

L’observation du processus de création (ou de ce que l’on peut naïvement en voir) n’est guère une nouveauté : bien avant la mise en ligne du blog de Chloé Delaume, sur lequel sont indiqués les mots choisit puis barrés, Georges Simenon avait faillit rédiger un roman enfermé dans une cage de verre. C’était en 1927. L’argent que lui avait proposé Eugène Merle, directeur de plusieurs journaux parisiens, avait immédiatement conquis le cœur de l’homme de lettres, mais pour d’obscures raisons, le projet n’avait pu aboutir.

Jacques Jouet lui a, festival à l’appui, la (mal)chance de tenter l’expérience. Pendant 4 jours, 4 à 8 heures durant, il est enfermé dans sa tente écrivant sur Agatha de Wint’heuil et les trains en chocolat. Son objectif : mettre son point final lorsque se terminera Paris en toutes lettres.

De la laideur de l’écriture…

Bref, avec un quart de page d’ordi et le soleil sur l’écran retransmetteur, il était difficile hier soir d’en savoir plus sur l’histoire inventée. Si ce n’est que le performeur semblait fatigué du perché qui gueulait dans un haut parleur devant sa tente… Le romancier a dû lui demander d’arrêter, transgressant, à notre avis, les règles qu’il s’était imposées, à savoir écrire malgré les désagréments de la foule (les phraseurs ont peut-être de bonnes raisons de s’enfermer dans leurs chambres…).

S’il est beau de contempler un peintre peindre, un graffeur graffer et un sculpteur sculpter, un écrivain écrivant est bien moins sexy ; bien au contraire, et et moins encore pour un grand lecteur qui aime à considérer un livre comme une chose innée. Car le génie se cache sous le dilettante : chez le grand écrivain, la sueur et les années sur le clavier ne doivent pas percer, seule reste l’œuvre, évidente,  vivante, nargueuse indépendante…

Mais puisque la mode est au laid…

Jacques Jouet est sous sa tente les 5, 6 et 7 juin de 12h à 16h/18h à 22h. Le Lundi de 18h à 22h.

Pour rappel, notre sélection pour le festival Paris en toutes lettres est à lire ici

De la laideur de l’écriture…

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