Abécédaire musical

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le 02 juillet 2008 Par admin - categories : Musique - 101 Lecture(s)

Abécédaire musicalPerdu dans les catégorisations douteuses de Myspace? Frustré par les terminologies branchées d’épiphénomènes très localisés? Marre du revival kraut-disco? Nostalgique des beats balearic et des Baltimore breaks? Pour éclaircir ce volapük, En3mots a décidé de se plonger pour vous dans les méandres du vocable musical, celui des sous-genres à tiroirs.

A compter d’aujourd’hui, nous vous proposerons quotidiennement un échantillon de définitions, de A comme Afrobeat à Z comme Zulu Nation. N’hésitez pas à nous faire part de vos observations, précisions ou suggestions.

A comme Afrobeat

L’afrobeat, creuset de musique africaine traditionnelle, de jazz et de funk, a vu le jour au Nigéria dans les années 70 de l’après-Biafra. Derrière ce nom, une légende, Fela Kuti, à la fois chanteur-saxophoniste et leader politique. Marqué par l’expérience personnelle de son géniteur – il a été initié aux idées des Black Panthers à a fin des années 60 – l’Afrobeat se caractérise par son militantisme. Après avoir marqué des générations de musiciens du monde entier (David Byrne notamment), il vit toujours à travers Femi et Seun Kuti, les fils du roi Fela, mais aussi grâce aux revivalistes d’Antibalas ou au label anglais cosmopolite Soul Jazz. Ces derniers mois, de nombreux groupes de blanc-becs anglo-saxons, tels Vampire Weekend ou Yeasayer, ont également remis l’Afrobeat au goût du jour.

Albums essentiels :
Fela Kuti & Africa 70 – Shakara (1974)
Fela Kuti & Africa 70 – Zombie (1977)
Tony Allen – Afro Disco Beat (2007)

A comme Anti-folk

Né au milieu des années 80 au Speakeasy, un club du Greenwich Village new-yorkais, l’anti-folk a longtemps été la terminologie fourre-tout employée pour cataloguer les groupes situés dans la marge du punk et du folk, trop expérimentaux pour l’un, trop lo-fi pour l’autre. A cette époque, le mouvement naissant draine son lot de disciples. Parmi eux, Ani DiFranco, la Patti Smith féministe de Buffalo, ou un certain Beck Hansen, pas encore « Loser ». Suivront dans les années 90 les cultissimes Moldy Peaches, Jeffrey Lewis ou Regina Spektor. Aujourd’hui encore, les barbus franco-suédois d’Herman Düne sont considérés par nos voisins d’outre-Atlantique comme des tenants de la scène qui, sans jamais vraiment éclore, ne s’est non plus jamais éteinte.

Albums essentiels :
Ani DiFranco – Out Of Range (1994)
The Moldy Peaches – The Moldy Peaches (2001)
Jeffrey Lewis – 12 Crass Songs (2007)

B comme Baile Funk

Pour un brésilien, la dénomination « Baile funk » ne veut pas dire grand chose. Il préférera parler de funk carioca, pour bien souligner l’ancrage local de la scène, dans les favelas de Rio. Mais si le mouvement trouve ses racines dans les années 70 de l’après-tropicalisme, le baile funk des européens est en réalité la déclinaison brésilienne du miami bass, ce sous-genre bâtard, insulaire et hypersexué du hip-hop, né à la jointure entre les années 80 et 90. Fortes de dizaines de MC’s, les favelas résonnent chaque semaine au rythme de « baile funks », des fêtes sauvages où se presse la jeunesse déshéritée de Rio. Méconnue jusqu’en 2004 à l’étranger, la scène a été mise en valeur par Diplo, compagnon de la chanteuse M.I.A. Le DJ américain a compilé plusieurs mixtapes de baile funk, l’insinuant même dans ses remixes.

Albums essentiels :
Favela On Blast (2004)
Rio Baile Funk – Favela Booty Beats (2004)
Favela Strikes Back (2005)

B comme Big beat

Né à Brighton, dans l’humidité anglaise du milieu des années 90, le Big beat est un joyeux capharnaüm. Entre beats techno binaires et sonorités rock, funk et hip-hop, il assume volontiers son esthétique putassière. Grâce à ses structures efficaces et à ses samples simplistes et fédérateurs, le style a été très populaire au milieu des années 90, participant à la démocratisation du phénomène rave. Incarné par des poids lourds tels que Prodigy, les Chemical Brothers ou Fatboy Slim, et des labels comme Skint ou Wall of Sound, il a ouvert à coups de hache une voie mainstream dans le monde jusqu’alors cloisonné de la musique électronique. Pour le meilleur et pour le pire.

Albums essentiels :
The Chemical Brothers – Exit Planet Dust (1995)
The Prodigy – The Fat of The Land (1997)
Fatboy Slim – You’ve Come A Long Way, Baby (1998)

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